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Des mairesses se plaignent de leur exclusion

06 décembre 2017, 11:47 catégorie: Actualité2 477 vue(s) A+ / A-

Le nouveau protecteur du citoyen,

Renan Hédouville et le commissaire du gouvernement,

Me Ocnam Clamé Daméus,

répondant aux questions des journalistes lors de sa visite d’évaluation.

 

Le nouveau protecteur du citoyen, Renan Hedouville, accompagné du commissaire du gouvernement près du tribunal de Première instance de Port-au-Prince, Me Ocnam Clamé Daméus, a effectué une visite d’évaluation au plus grand centre carcéral du pays, en vue de développer une synergie afin d’adresser les problèmes liés à la problématique de détention préventive prolongée.

Le nouveau protecteur du citoyen Renan Hédouville ne fait pas dans la dentelle. À plus d’un mois de sa prise de fonction. Il veut freiner le phénomène récurrent de la détention préventive prolongée dans le pays.

Tenant compte de toutes les normes internationales, des traités et des conventions que l’État haïtien a déjà signés et ratifiés, Renan Hedouville, pense que ce ne serait pas trop fort de considérer l’espace du pénitencier national comme une « écurie ». Un espace où l’on ne garderait pas des gens, mais des bêtes, au regard des normes internationales. Pour lui, la situation est inacceptable.

« La situation est inacceptable parce que l’espace était créé pour héberger près de 800 à 1000 personnes, mais aujourd’hui, il héberge près de 4200 personnes. Alors que moins de 400 d’entre eux sont condamnés », précise Renan Hedouville. Ainsi, décidet- il de développer un partenariat avec les autres autorités étatiques du pays, notamment le parquet, ce qui pourrait leur permettre d’obtenir des informations sur l’évolution de la situation au niveau de la prison civile de Port- au-Prince.

 Dans ce contexte, Renan Hedouville soutient qu’il faut qu’il y ait des mesures de redressement. Non seulement pour les prisonniers, mais aussi pour les agents de l’administration du pénitencier qui font un travail difficile dans des conditions pour le moins inacceptables.

À moins de quelques jours de la journée internationale des droits de l’homme, prévue pour le dimanche 10 décembre prochain, Renan Hedouville pense qu’il ne saurait parler de l’amour et de la paix sans la prise en compte de la dignité de tout un chacun, y compris de ceux qui se trouvent en prison.

 En conséquence, il envisage de prendre des mesures de redressement pour changer l’image à court terme au sein de l’enfer que représente le pénitencier national, en vue de suggérer une prison qui répond aux normes internationales.

 Le commissaire du gouvernement près du tribunal de première instance de Port-au-Prince, Ocnam Clamé Daméus, pour sa part, soutient qu’une cellule travaille actuellement sur une liste de personnes devant être graciées.

Plusieurs acteurs, selon Me Daméus, sont impliqués dans le cadre de ces dossiers, notamment les commissaires du gouvernement, les tribunaux, au plus haut niveau de l’État, le ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP), et le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ). Ces acteurs devront travailler en session pour identifier les dossiers des personnes qui sont en détention préventive prolongée et travailler sur les dossiers de ceux qui doivent bénéficier de la liberté.

En période festive, le président de la République à des obligations de faire des grâces à des condamnées, actuellement une cellule est en train de travailler pour libérer au moins mille personnes au cours de la période festive du Nouvel An, fait savoir le commissaire Ocnam Clame Daméus.

Situation des prisonniers au Pénitencier national

 Le Pénitencier national a été construit durant la période de l’occupation américaine, notamment en 1930. Il a été construit pour accueillir près de 500 personnes, en évaluant les normes internationales en matière de prévention qui prévoient près de 4, 5 mètres carrés pour chaque détenu.

 L’inspecteur général de la DAP, Jean Gardy Muscadin soutient qu’il y a plus de 4200 détenus à la prison civile de Port-au-Prince, 387 condamnés, soit moins de 10 %, et l’espace carcéral offre 0.42 mètre carré pour chaque détenu. C’est une situation de violation flagrante des droits de l’homme.

Les autorités veulent dégager une synergie afin de résoudre ce problème, indique l’inspecteur général de la DAP, Jean Gardy Muscadin.

« Dans cet espace, les cellules sont cloisonnées, pas de suffisamment d’air d’aération et des toilettes incorporées. Ce n’est pas un environnement ou des gens devraient vivre », dénonce l’inspecteur général de la DAP, Jean Gardy Muscadin. Il soutient que cette infrastructure devrait être fermée parce qu’elle est désuète et vétuste.

Au cours du mois de novembre 2017, deux cas de décès ont été enregistrés, l’un à cause du Sida et l’autre à cause de la tuberculose. Le nombre de décès aurait considérablement diminué au cours de ces derniers mois, selon l’Inspecteur général Jean Gardy Muscadin.

Les parents des détenus dans la tourmente

Il était pratiquement 11 heures du matin, sous un soleil de plomb, lorsqu’une file d’attente longeait l’entrée principale de la prison, dont la façade, avec des murs dénudés, vétustes. Sous les tonnelles se trouvent des parents impatients, qui attendent le signal d’entrée dans ce que plus d’un appelle, « l’enfer », en vue d’apporter de la nourriture à leurs proches incarcérés.

Une jeune femme, frisant la trentaine, voulant garder l’anonymat, ne cache pas son amertume, par rapport à ses péripéties depuis tantôt trois ans, alors qu’elle vient quotidiennement au pénitencier national.

Ce phénomène, fait-elle remarquer, ne date pas d’hier, alors que les solutions, malgré les beaux discours, se font toujours attendre.

 Jean Élie PAUL

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