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L’OSFH donne son appréciation du projet de loi de finances 2018-2019

05 juillet 2018, 9:32 catégorie: Economie12 273 vue(s) A+ / A-

L’économiste Kesner Pharel.

 

L’Observatoire du système financier haïtien (OSFH) du Group Croissance a présenté, le jeudi 5 juillet 2018, les grandes lignes du projet de loi de finances 2018-2019. Selon l’un des responsables de l’OSFH, il y a beaucoup de points positifs dans ce document.

 D’après l’économiste Kesner Pharel, le projet de loi de finances 2018-2019 représente le dernier projet de budget pour la décennie. Le temps de faire le rappel ou l’inventaire des constats autour des lois de finances de 2010 à date. D’après le responsable de l’Observatoire, les chiffres prouvent que la population du pays croît à un rythme élevé soit 1,5% chaque année alors que le taux de croissance économique varie tous les ans sans toutefois dépasser la barre de 5% au cours de ces dix ans. En ce qui concerne le taux de change, des situations ont entrainé davantage la dépréciation de la gourde. « La grande présence d’ONG et de dons a facilité un taux de change ou 1 dollar valait 40 gourdes », rappelle l’économiste. L’inflation est passée à deux chiffres, tout en signalant que dans le projet de loi de finances pour l’année fiscale 2018-2019, le gouvernement prévoit une inflation de 13,6%.

Les recettes domestiques ont connu une augmentation considérable si l’on se réfère aux documents. Les prévisions de recettes sont passées de 36 milliards de gourdes en 2010 à 125 milliards en 2018. L’inverse est à constater pour les dons qui ont régressé de 48,5 milliards en 2010 à 30,29 milliards pour 2018 alors que les financements ont connu une augmentation considérable.

En ce qui concerne les recettes domestiques, l’État prévoit de collecter à travers la Direction générale des impôts (DGI) plus de 100 milliards de gourdes alors que l’Administration générale des douanes (AGD) devra récupérer 24,48 milliards de gourdes de recettes. Si les recettes directes représentent 35,6 milliards de gourdes, les impôts indirects valent 85,9 milliards. Ces chiffres entrainent des interrogations sur l’équité fiscale ou l’inégalité fiscale. Kesner Pharel croit que ces chiffres traduisent de l’inégalité vu que ce sont les pauvres donc les consommateurs finaux qui payent le plus d’impôts.

Le secteur politique représente 14,5 %, le culturel 1,2 %, l’économique 32,7 %, le social 21,3 %. Dans le secteur social, le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) a connu une valorisation de 100 % d’allocations alors que le ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST) a connu une baisse de 24 %.

La masse salariale du Sénat de la République va jusqu’à 1.2 milliard de gourdes alors que celle de la Chambre basse tourne autour de 2.3 milliards de gourdes. L’enveloppe globale pour la Chambre des députés est de 4,13 milliards de gourdes et 2.37 milliards pour le Sénat de la République ce qui représente 3,7% de l’enveloppe totale pour l’exercice fiscal.

Kesner Pharel félicite le gouvernement pour des efforts, dit-il constater, dans l’élaboration depuis deux années de ce document. Il encourage l’idée de l’autofinancement vu la baisse progressive des dons et des appuis budgétaires. Autres choses à souligner dans le compte financement, le gouvernement prévoit 6,46 milliards de gourdes de financements internes contre 11,56 milliards de gourdes d’emprunt. Des emprunts à quelles conditions ? Des emprunts à quel taux ? Le service de la dette représente 14,1 % du projet de loi de finances soit 24,84 milliards de gourdes. Ce chiffre traduit que tous les mois, le gouvernement doit payer 2 milliards de gourdes comme intérêts pour un amortissement global de 21,23 milliards de gourdes.

Hansy Mars

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