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L’exposition « Corps en démocratie » est à la Fokal

12 avril 2018, 8:58 catégorie: Culture6 091 vue(s) A+ / A-

Des visiteurs à la Fokal dans le cadre de l’exposition « Corps en démocratie ».

/Photo : Jeho- Nephtey Abraham /K2D.

 

Jusqu’au 28 avril 2018, le public haïtien est invité à visiter l’exposition, de la photographe Suisse et membre du Kolectif 2D, Valérie Beriswyl, intitulée : « Corps en démocratie », à la Fokal. Vingt-trois photographies dont quatorze en noir et blanc et neuf en couleur accrochent dès le premier regard la sensibilité et la curiosité du visiteur. Ces photographies montrent à quel point une dizaine de personnalités artistiques issues d’horizons divers ont compris et appréhendé à travers leurs talents et leurs ressentis le concept de démocratie en Haïti.

Il faut voir de très prés l’exposition « Corps en démocratie » pour comprendre comment la lumière a surgi sur les surfaces sensibles et l’expression des artistes pendant les prises de vue. La réussite de l’exposition passe avant tout par la maîtrise du sujet abordé. La photographe a su bien restituer l’atmosphère des différentes scènes qu’elle a photographiées. Cette exposition est le fruit d’un atelier déroulé à la Fondation Connaissance et Liberté (Fokal) au cours de la période allant du 15 janvier au 28 février 2018 sous la thématique : « Corps en démocratie ». Dans un entretien accordé au journal Le National, les acteurs Miracson St- Val et Ketsia Vaïnadine Alphonse sont revenus sur les grandes lignes du projet et les motivations des artistes qui y avaient pris part.

« Le projet «Corps en démocratie» a été mené et réalisé par le photographe fran­co-haïtien Jean Aurèle Maurice. Depuis plusieurs années, il a travaillé sur le con­cept démocratie. Il a proposé le projet à la Fokal qui a donné son adhésion. Plu­sieurs artistes, d’horizons divers, cherch­eurs, slameurs, chorégraphes, vidéastes ont mélangé leur essence et leurs talents pour permettre à leur corps de s’exprimer, de comprendre et d’aborder le concept de démocratie en Haïti. Des discussions, des échanges ont eu lieu entre le groupe d’artistes et Lorraine Mangonès autour du sujet », a souligné Miracson St-Val. « Durant l’atelier et à travers les soirées de restitution, mon corps, cet outil de com­munication s’est exprimé. C’est l’essence même de ce travail », a martelé Ketsia Va­ïnadine Alphonse. Plus loin, elle a indi­qué que l’expérience était pour elle un dé­passement de soi. « En tant qu’actrice et en tant que femme, ce sujet m’a interpellé. Il m’a permis de réfléchir sur des axes que des hommes ont considérés comme des points d’attaque contre nous. Cela m’a permis de parler de mes expériences, de mes désirs, de mes fantasmes. Cela m’a permis d’expérimenter mon corps à la limite de mon métier ».

Pour le vidéaste et réalisateur Makseans Denis qui a collaboré à ce projet en ciné­matographiant certaines scènes de la vie quotidienne et des séquences dans les ateliers et les soirées de restitution dans le but de donner beaucoup plus de pro­fondeur dans les photographies, il y avait beaucoup de causeries et de discussions dans tous les aspects de la démocratie. « Pour moi, c’est une expérience profes­sionnelle et humaine extrêmement en­richissante où se sont créés des liens forts entre tous les membres du groupe », a déclaré Makseans Denis.

Des textes pertinents et réflexifs, écrits par les artistes, accompagnent les photogra­phies et forment l’ossature de l’exposition. « Corps en démocratie a été pour nous un passage qui m’a porté à accorder plus d’attention à mes convictions profondes. Celles que je porte en moi et qui peuvent impacter la communauté dans laquelle je vis », a écrit Daphné Ménard. « Cet atelier a été fructueux pour moi. D’une part, j’ai été ébloui par l’attitude naturelle de tout un chacun à se mouvoir pour s’exprimer à sa manière, voire pour parvenir à dan­ser. D’où l’intérêt à porter à son propre corps comme à celui des personnes de son environnement. D’où l’importance de créer des cadres sécurisants, stimu­lants d’émancipation où chacun se trouve libre d’exprimer ses états physiologiques, intellectuels affectifs, sexuels », a expliqué pour sa part James Junior Célestin.

« Ma participation à cet atelier a accru mon intérêt pour l’histoire et l’actualité haïtiennes, sachant qu’il y va de ma re­sponsabilité citoyenne d’en prendre connaissance et de la vulgariser. Haïti est une démocratie sans “État de droit” puisqu’une majorité est devenue igno­rante et dépendante d’une minorité de manipulateurs corrompus », a exprimé, pour sa part, la danseuse Amandine Saint-Martin.

Schultz Laurent Junior

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