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Lettre ouverte de la Confédération nationale des Éducatrices et Éducateurs d’Haïti (CNEH) à la communauté éducative haïtienne

11 avril 2018, 9:48 catégorie: Tribune7 852 vue(s) A+ / A-

La présente est pour attirer votre attention sur la situation que vit actuellement le système éducatif haïtien. Après avoir observé et analysé la réalité de nos écoles ces derniers mois, la CNEH a conclu qu’il n’y a pas de pilote ou sinon, ceux qui ont la responsabilité officielle de gouverneur ne sont pas à la hauteur. La CNEH a choisi aujourd’hui de vous présenter trois points critiques :

Statut des enseignants du secteur public

La CNEH constate qu’un an après la prise de fonction du ministre Pierre Josué Agénor CADET, la situ­ation d’environ deux mille (2000) enseignants qui attendent d’être ré­gularisés n’a pas changé en dépit de déclarations les unes plus contra­dictoires que les autres d’un minis­tre qui ne maitrise absolument pas l’administration publique haïtienne. Elle déplore l’absence de tout dia­logue entre le ministère et les syn­dicats d’enseignants. Elle déplore le fait que le ministre est incapable de garantir le succès de cette année scolaire marquée déjà par la perte de nombreuses journées de classe, surtout dans les écoles publiques. Elle profite de cette occasion pour apporter à nouveau un soutien pub­lic à ces enseignants qui continu­ent de travailler sans salaire depuis plusieurs années. La CNEH dé­plore aussi que ces pères et mères de famille qui réclament leurs droits se fassent menacer d’arrestation et elle dénonce ces intimidations.

Plan décennal d’éducation

La CNEH, à plusieurs reprises, a entendu à la radio le ministre Pierre Josué Agénor Cadet qui reprend l’initiative de son prédécesseur lancé en novembre 2016 d’un plan dé­cennal d’éducation. Contrairement au processus d’élaboration du plan national d’éducation et de forma­tion (PNEF) et du plan opérationnel 2010-2015 qui malgré leurs limita­tions, avaient fait l’effort d’instaurer un dialogue avec la communauté éducative, elle ignore tout de ce plan décennal, qui selon lui, représente une perte de temps et d’argent, car les problèmes ainsi que les solutions sont déjà connus. Parallèlement, elle constate que depuis un an, aucune initiative/innovation de nature péda­gogique n’a été prise en compte pour renforcer la qualité de l’éducation et affronter la crise de l’apprentissage. Embourbé dans cet exercice budgé­tivore sans issue certaine de Plan dé­cennal, le ministère de l’Éducation nationale n’a aujourd’hui aucune priorité connue.

Lutte contre la corruption

La CNEH dénonce avec la plus vive véhémence l’instrumentalisation de la lutte contre la corruption par le ministre Pierre Josué Agénor Ca­det pour masquer son bilan désas­treux en matière d’éducation. À ti­tre d’exemple, un cas de corruption identifié depuis 2017 vient d’être explosé par le ministre pour mieux masquer l’impunité accordée à ses alliés qui ont été seulement trans­férés. Elle exige des explications pour savoir pourquoi certains ont eu le temps de laisser le pays, tandis que d’autres ont été jetés en prison. Elle veut également comprendre pour­quoi les écoles nationales n’ont pas reçu cette année les kits scolaires, les manuels scolaires, les uniformes, et que la cantine scolaire a pratique­ment disparu. Qu’en est-il de la pro­pagande des chèques Zombis, pour lesquels on n’a aucune information de leur utilisation, des remplace­ments des enseignants, etc.… Il est temps que le MENFP se ressaisisse et cesse une lutte sélective contre la corruption et s’attaque réellement au gaspillage des maigres ressources al­louées au système sans démagogie.

Pour toutes ces raisons, la CNEH exige un nouveau leadership plus responsable et plus professionnel au MENFP pour sauver cette année scolaire et garantir une réelle prise en charge du secteur.!

Rose Thérèse Magalie GEORGES

Secrétaire générale

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