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L’État revient au paiement par virement bancaire

10 octobre 2018, 8:40 catégorie: Economie7 715 vue(s) A+ / A-

Le nouveau ministre de l’Économie et des Finances (MEF), Ronald Gray Décembre, dans une correspondance adressée au directeur général adjoint du Trésor, exige, désormais, que le paiement des fonctionnaires publics soit fait par virement bancaire.

Cette correspondance, dont une copie est disponible au journal, signée le 4 octobre 2018 par le titulaire du MEF, rappelle aux responsables de la direction du Trésor que la mesure prise par l’ancien gouvernement Lafontant arrive à expiration. L’ancien Premier ministre Lafontant avait décidé en conseil des ministres le 7 mars dernier de payer les employés de l’administration publique par chèques.

Se référant à la lettre de l’actuel ministre de l’Économie et des Finances à M. Bouco Jean-Jacques, la mesure pour payer par virement bancaire doit être effective à partir de ce mois d’octobre. D’après un membre du cabinet du ministre, ce revirement s’explique par le fait que l’impression de plus de 90.000 chèques par mois coûte très cher à l’État qui entend réduire ses dépenses.

Si l’ancien Gouvernement avait justifié la décision comme pour lutter contre la corruption et du même coup freiner le phénomène des « chèques zombis », la nouvelle équipe revient à cette ancienne pratique comme signe d’austérité. Et, beaucoup d’institutions publiques à grand renfort de publicité ne cessaient de crier combien la mesure profitait au trésor public, car un nombre élevé de chèques a été saisi et retourné dans les caisses de l’État. Au cours du mois de janvier, des institutions comme la Police nationale d’Haïti (PNH) et le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) disaient avoir récupéré des chèques-zombies évalués respectivement à 50 et 70 millions de gourdes.

Pour certains observateurs, la direction du Trésor doit continuer avec ces opérations de paiements spéciaux dans le but d’assainir la liste de payroll de l’état afin d’éviter que des absentéistes de l’administration publique continuent de percevoir leur salaire indûment. Elle doit établir des critères spécifiques pour permettre aux personnes qui n’ont pas pu retirer leurs chèques lors des paiements spéciaux de les réclamer à la direction du Trésor. Certains cadres du ministère, requérant l’anonymat, estiment que les critères doivent permettre au Trésor de voir dans quelle situation statutaire se trouvait le fonctionnaire au moment du paiement spécial en présentant des copies de dossier validées par le responsable des ressources humaines et le DG. « Une simple correspondance de l’institution où elles travaillent ne doit pas suffire. Ces critères doivent être définis en fonction des articles 101 à 148 du décret portant révision du statut générale de la fonction publique ».

À noter que le nombre de fonctionnaires de la fonction publique avoisine, dans le budget 2017-2018, le chiffre de 86 mille. Il faut souligner que 29 % sont des femmes, soit, en effet, 23 429 femmes pour 13 % dans des postes de direction. En ce qui a trait aux hommes, l’administration publique compte 58 519 hommes, soit un ratio de 71,4 %. Une administration publique qui ne cesse d’embaucher de gens. La grande interrogation : pour quels résultats ? Le coordonnateur général de l’Office de management des ressources humaines (OMRH), Josué Pierre-Louis, dans une récente interview avait fait savoir que l’administration publique est sous-administrée.

Entre-temps, la masse salariale explose. Les besoins en financement de l’État ne cessent d’augmenter en raison d’une baisse des recettes et une augmentation des dépenses publiques. Pour faire face à cette situation qui perdure depuis le début de l’exercice fiscal 2017-2017, l’État a emprunté à la Banque de la République d’Haïti (BRH) au premier trimestre 5,8 milliards de gourdes emprunt qui totalisait 8,9 milliards au second trimestre pour atteindre 9,9 milliards au 3e trimestre et presque le double au dernier trimestre fiscal soit 18,8 milliards de gourdes.

Hansy Mars

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