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Les organisations de Droits humains lancent une mise en garde à Ocnam Clamé Daméus

12 juillet 2018, 9:49 catégorie: Actualité16 081 vue(s) A+ / A-

Le CG de Port-au-Prince, Me Ocnam Clamé Daméus.

 

Plongé tête baissée dans une logique de répression contre la population, le commissaire du gouvernement, Me Clamé Ocnam Daméus, a déjà procédé à l’arrestation d’une soixantaine d’individus. En ce sens, les organisations de défense des Droits humains lancent une mise en garde contre le commissaire en le faisant comprendre qu’il est en train de donner un spectacle synonyme de violation des Droits humains.

Le CARDH, la CE-JILAP, le CEDH, le CRESFED, la POHDH et le SKL prennent note de la conférence de presse donnée le 11 juillet 2018 par le commissaire principal du parquet près le Tribunal de première instance de Port-au- Prince, dans laquelle il a affirmé avoir procédé à l’arrestation d’une soixantaine (60) de personnes et posé scellés sur plusieurs propriétés où des produits volés auraient été retrouvés.

Les organisations de défense des droits humains, signataires du présent communiqué, estiment qu’il s’agit là d’actes illégaux, de violations des droits humains et mettent en garde le parquet de Port-au-Prince contre toute velléité de poursuivre dans cette voie.

Les violences regrettables, enregistrées pendant tout le weekend écoulé, suite à la décision irréfléchie et irresponsable de l’administration Moïse/Lafontant, ont débuté, le 4 juillet, à Pèlerin 5, où des maisons ont été détruites et des répressions ont été faites par la Direction départementale de l’ouest (DDO) de la PNH, sur ordre manifestement illégal du parquet de Port-au-Prince.

Dans l’indécence la plus totale, les membres du gouvernement restent encore accrochés à leurs privilèges et leur poste, au mépris des appels de toutes les couches de la société exigeant qu’ils endossent les conséquences de leurs actes. Ces postes et privilèges impliquent, avant tout, des responsabilités et l’obligation de résultat. Cependant, quand ces responsabilités ne sont pas assumées, ceux et celles qui en étaient en charge doivent, par conséquent, en payer les frais.

Aujourd’hui, dans ce contexte de grandes préoccupations politique, économique et social où les autorités politiques restent dans l’indifférence la plus totale, il est inacceptable qu’un commissaire du gouvernement lance une opération de purge, de violations flagrantes du droit à la liberté, à l’intégrité physique et à la propriété sous prétexte qu’il est à la recherche d’objets volés, des responsables des incendies, alors que le président de la République venait, en marge de la procédure institutionnelle, de se rendre personnellement dans plusieurs unités spécialisées de la police nationale (notamment le CIMO) et de leur passer des instructions.

Où était le commissaire du gouvernement le week-end écoulé, alors que durant près de trois (3) jours, des honnêtes gens avaient vu leur bien partir en fumée, leurs objets volés, leur maison et leurs voitures détruites… ? Pourquoi l’action publique n’a-t-elle pas été mise en mouvement conformément à la loi ? Où étaient passés ceux et celles que la population paye pour sa sécurité ?

Les premiers responsables de cette situation grave, à savoir le président de la République, le Premier ministre, les ministres et secrétaire d’État, ont-ils déjà tiré la révérence ? Selon un sénateur de la République, 117 millions de gourdes étaient distribués pour empêcher la population de manifester contre la décision irréfléchie et irresponsable de l’administration Moïse/Lafontant d’augmenter à peu près de 50% les prix des produits pétroliers ?

Bien avant, des centaines de millions de gourdes et des téléviseurs (écrans géants) étaient distribués par le gouvernement à des proches du pouvoir (parlementaires, militants…) pour « zombifier » la population pendant la période de la coupe du monde Russie 2018, alors qu’aucune mesure sérieuse n’avait été prise pour améliorer les conditions de vie dégradante dans lesquelles vit la grande majorité de la population.

Le CARDH, la CE-JILAP, le CEDH, le CRESFED, la POHDH et le SKL, signataires du présent communiqué, membres de la société civile, n’accepteront pas qu’un commissaire, qui faisait des excès de « zèle » pour plaire à ses pairs, ou n’importe quelle autre autorité, vienne aujourd’hui imposer ses règles à la collectivité et faire du vedettariat, soit pour des raisons personnelles, soit pour garder son poste et ses privilèges.…

Ces organisations en profitent pour rappeler à toute la Police nationale d’Haïti (PNH) l’obligation qui lui est faite d’agir dans le strict respect des valeurs et des normes démocratiques. L’ordre doit absolument être rétabli. Cependant, les excès de pouvoir et les comportements irresponsables et attentatoires aux normes de l’État de droit et de la gouvernance démocratique doivent être dénoncés.

Les efforts en faveur de la cause de l’État de droit doivent se poursuivent. Cependant, les responsables doivent d’abord être mis face à leurs responsabilités (l’exemple doit venir des autorités elles-mêmes !) Les organisations en profitent pour appeler à la vigilance citoyenne, à la solidarité et au sens du devoir et de la responsabilité collective.

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