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Les musiques traditionnelles du monde se rencontrent à Port-au-Prince

23 juin 2015, 2:32 catégorie: Culture561 vue(s) A+ / A-

Propos recueillis par Ricardo Nicolas

 

La capitale héberge du 17 au 27 juin les rencontres des musiques du monde autour du thème : « Les musiques traditionnelles et leurs traces dans la musique contemporaine ». Cet événement concentre des ateliers, des conférences, des causeries et des concerts dans quatre lieux de Port-au-Prince.  Ils sont Camerounais, Allemands, Cubains, Maliens, Belges, Ivoiriens et Haïtiens, et sont dans nos murs pour parler musique du lieu de son homogénéité. Le journal Le National s’est fait un plaisir de rencontrer Gahri Lubin, responsable de l’association haïtienne « Tamise » organisatrice de l’événement en partenariat avec l’association Caracoli. Il nous parle de cette initiative sans précédent.

Le National : Les musiques du monde se rencontrent à Port-au-Prince, qu’est-ce qu’elles racontent ?

Gahri Lubin : Elles racontent cette volonté de mettre à l’honneur des musiques actuelles qui s’inspirent des musiques traditionnelles. Nous croyons qu’il est impératif de rendre hommage à ces artistes qui retournent aux sources pour leur création. Elles racontent une quête d’identité, et une joie immense de découvrir l’autre, de rencontrer d’autres musiques venant d’ailleurs. Elles racontent qu’Haïti, comme les autres pays représentés, possède un patrimoine immatériel très riche.

LN : Est-il possible d’arriver à mettre le doigt sur d’éventuelles traces des musiques traditionnelles dans nos musiques contemporaines ?

G.L : Tout a fait. Gustave Michaux-vigne a fait une présentation extraordinaire en décembre dernier autour du thème : « L’utilisation des musiques traditionnelles dans la création contemporaine ». Il nous avait démontré par des exemples, même dans du rap, des traces de musiques traditionnelles dans nos musiques contemporaines. C’est d’ailleurs de là qu’est partie l’idée d’organiser ces rencontres.

LN : Pourquoi circonscrire cet événement à l’espace géographique de Port-au-Prince ?

G.L : Il a fallu commencer quelque part pour une première édition. Les autres éditions ne se dérouleront probablement pas en Haïti. Des pays caribéens, européens ou africains auront le privilège à leur tour d’accueillir la manifestation. Nous croyons qu’il y a beaucoup de jeunes talents à Port-au-Prince, et cette manifestation doit leur permettre de rencontrer des musiciens du terroir et de l’étranger qui se sont ressourcés dans leur musique traditionnelle respective. Nous chérissons l’espoir que cet acte de provoquer la rencontre entre artistes émergents haïtiens et les musiques traditionnelles du monde, pourra impacter positivement le travail de ces jeunes créateurs.

LN : Est-il possible d’envisager un lieu commun entre ces musiques traditionnelles du monde ?

G.L : C’est cela le but de ces activités. C’est d’arriver à la fin à pouvoir répondre à cette interrogation : « Quels sont les points communs ? ». Le point commun qu’il y a entretemps entre ces artistes est la recherche qu’ils mènent chacun sur les musiques traditionnelles.

LN : Quels sont les lieux qui reçoivent les rencontres à Port-au-Prince ?

G.L : Nous travaillons avec quatre lieux partenaires en Haïti. Ce sont la Fondation Connaissance et Liberté (FOKAL), l’Institut français en Haïti (IFH),  Kay Mizik la et le restaurant Yanvalou.

LN : Tamise a toujours plaidé pour l’émergence d’une nouvelle scène musicale haïtienne, quelle place ont les artistes émergents dans ces rencontres ?

G.L : L’événement s’adresse à eux. Pour leur dire qu’il est possible de puiser l’inspiration du terroir, comme l’a fait Toto Bissainthe, Emmeline Michèle ou James Germain. Ou comme l’a fait Aretha Francklin ou Mary J. Blidge aux USA. On les invite non seulement à rencontrer les artistes confirmés et les professionnels de la musique présents à cet événement, mais aussi à prendre part à des ateliers que ces professionnels animent. On est donc dans la logique de la transmission intergénérationnelle.

LN : Rencontrer l’autre, c’est aussi le découvrir. Quels sont les artistes qu’on aura à découvrir dans le cadre de ces rencontres ?

G.L : Il y a certainement dans le cadre de cette manifestation des artistes à (re)découvrir. Si l’on part de l’exemple d’un groupe que j’affectionne particulièrement qui est le Trio-Ivoire, avec le magicien du balafon : Aly keita, Christian Tomé à la percussion et Hans Ludemann. On dit de ce dernier qu’il est l’un des pianistes européens les plus expressifs. Trio-Ivoire est un groupe qui fait un mélange de musiques traditionnelles africaines, européennes et de jazz. Trio-Ivoire est unique au monde et il ne faut pas les manquer sur scène.

LN : Ou peut-on trouver la programmation détaillée ?

G.L : La programmation détaillée est disponible sur le site de Tamise : www.tamise.org et sur le site de notre partenaire Caracoli : www.caracoli-haiti.com

LN : Quelles sont les institutions qui supportent ces rencontres ?

G.L : Ce sont FOKAL, IFH, Yanvalou, Le Prince Hotel, Kay Mizik la. Sans oublier le ministère de la Culture, l’Ambassade de Suisse, le Bureau de communication et d’information de la MINUSTAH, Wallonie Bruxelles International, VDH, Air France et l’Ambassade d’Allemagne.

LN : Quels sont les résultats attendus de ces rencontres ?

G.L : Nous espérons arriver à créer un réseau avec des producteurs, des musicologues, des artistes, des professionnels de la musique, avec des gens de la Caraïbes, de l’Afrique et de l’Europe. Cela pourra peut-être permettre d’entretenir de meilleurs échanges entre des artistes et une meilleure circulation d’artistes dans la Caraïbes et dans d’autres régions du monde.

LN : Toutes les activités sont-elles gratuites ?

G.L : Oui. Tous les concerts, les ateliers, les projections qui sont programmés à FOKAL, à Kay Mizik La ou à l’IFH sont gratuits. Par contre, le spectacle avec le DJ Gardy Girault est fixé à 250 gourdes au restaurant Yanvalou.

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