Accueil » Édito » Les horizons troubles

Les horizons troubles

07 mars 2018, 10:24 catégorie: Édito16 290 vue(s) A+ / A-

Désormais, toutes les transactions sur le territoire national devront s’effectuer en monnaie nationale. Plus question d’afficher les prix en dollars US. On n’aurait même pas dû avoir à prendre une telle décision. Mais avec nos turpitudes, tout devient sens dessus dessous. Quelles seront les conséquences de cette décision sur la gourde ? On devra attendre pour savoir. Mais on sait surtout que la valeur d’une monnaie dépend avant tout de la production nationale qui va avec la bonne gouvernance assurant la confiance aux marchés.

Horizon trouble aussi avec les sempiternelles agitations dans le secteur éducatif. L’État a toujours du mal non seulement à offrir des conditions de travail acceptable pour les enseignants, mais aussi à faire en sorte que l’école publique soit un lieu fréquentable par nos jeunes. On sait dans quel lamentable état se trouvent nos écoles nationales. De dire qu’elles sont à l’image de notre gouvernance, n’arrange pas les choses.

On aura beau recourir à toutes les arguties, on n’arrivera jamais à convaincre le moindre esprit honnête qu’il y a, pour un gouvernement, plus d’intérêt à dépenser des dizaines de millions de gourdes dans des festivités sans intérêt pour la nation. La danse et le tambour dans ces conditions ne nous rapportent rien alors que ces mêmes sommes pourraient être mises à la disposition de notre système éducatif et de notre système de santé. Nos parlementaires se travestissent en agent de développement au vu aussi des sommes que l’État met à leur disposition. Dans ce cas, il serait vraiment temps de revoir notre constitution pour remplacer nos trois sénateurs par un gouverneur qui aurait cette responsabilité du développement départementale et de s’en tenir à une chambre des représentants en s’assurant que cette dernière se cantonne uniquement au législatif.

L’horizon est aussi assombri avec l’affaire du scandale des Fonds du PetroCaribe. Ce qui important de savoir, c’est ce qu’on a fait pour la nation avec cet argent. La République dominicaine, en pleine lutte contre la corruption, joue la transparence et est quand même fière de montrer ce qu’elle a réalisé avec l’aide vénézuélienne. Chaque année qui passe, nos voisins exhibent de nouvelles réalisations. Nous, nous restons campés uniquement sur nos positions passéistes, notre présent défiguré par une gouvernance pratiquement niveau zéro parce que constamment prise d’assaut par des groupes qui fonctionnent comme les bandes de hors-la-loi rançonnant les villes dans les bons vieux westerns d’antan.

Ripailler pendant que le pays bat de l’aile est devenu un exercice convoité par plus d’un. La corruption n’est pas un fait de chez nous même si nous affichons dans ce domaine une santé remarquable. Mais notre problème va au-delà de la corruption. Il y a quand même une différence énorme entre un corrompu qui rêve de dépenser son argent dans un théâtre moderne en assistant à un spectacle de qualité et le corrompu qui se plait à manger un mauvais griyo faisandé assaisonné de poussière sous une tonnelle. Le kokorat réclamant sa tonnelle, et aux commandes de la république ! Voici le drame de notre pays !

Gary Victor

Comments

comments

scroll to top