Accueil » Actualité » Les Haïtiens pourraient à nouveau déserter le marché de Pedernales

Les Haïtiens pourraient à nouveau déserter le marché de Pedernales

16 avril 2018, 8:35 catégorie: Actualité2 503 vue(s) A+ / A-

Le maire d’Anse-à-Pitres, Harry Bruno.

 

Après la réouverture du marché frontalier de Pedernales, le maire d’Anse-à-Pitres, Harry Bruno vient d’annoncer que les Haïtiens pourraient s’abstenir de s’y rendre dans les semaines prochaines si les dominicains ne respectaient pas les engagements pris dans le cadre d’un accord conclu le 12 avril dernier. La décision de reprendre les échanges commerciaux entre les deux communautés voisines a été prise à l’issue d’une réunion de plus de quatre heures à laquelle ont participé des autorités haïtiennes et des représentants de l’État dominicain. Ces derniers, gênés par les complaintes de leurs compatriotes dont certains ont perdu leurs sources de revenus, ont accepté les conditions posées par Haïti pour faciliter la reprise dans le plus bref délai du commerce frontalier.

Plus d’un mois après sa fermeture dans un contexte de persécutions contre les Haïtiens, le marché binational a été rouvert le vendredi 13 avril. Les Dominicains, préoccupés par la crise économique qui frappait la ville de Pedernales à cause de l’hostilité envers les Haïtiens, ont dû solliciter plusieurs réunions en vue de la reprise des activités. L’une des principales exigences des autorités d’Anse-à-Pitres consistait à corriger l’injustice faite aux marchands haïtiens qu’on empêchait de vendre leurs produits. Ces commerçants étaient autorisés à revendre seulement des vêtements usagés achetés à la zone franche de Pedernales alors que les marchands de vivres, de légumes et de fruits d’Anse-à-Pitres faisaient face à des restrictions. Des promesses rassurantes ont été formulées à ce sujet.

Le maire d’Anse-à-Pitre raconte avoir dénoncé les mauvais traitements subis par de nombreux Haïtiens attrapés par les des gardes frontaliers pendant qu’ils vont faire des courses à Pedernales ou au moment qu’ils se rendent chez des amis dominicains. Il est courant que les habitants des villes frontalières fassent le va-et-vient sans devoir se munir de documents de voyages, dit le maire qui explique que les dominicains ne subissent jamais de tels traitements.

Des cas d’escroquerie dont sont victimes des gens qui voyagent à Santo Domingo ont été évoqués dans le cadre des négociations. Il en est de même du sort des pêcheurs dont les équipements sont souvent saisis injustement par les gardes-côtes dominicains. Bref, un ensemble de pratiques discriminatoires et abusives qui devront cesser pour que le marché binational puisse continuer à fonctionner, affirme Harry Bruno.

Suite à sa décision unilatérale d’interrompre le commerce frontalier, le maire de Pedernales, Luis Felix Matos a tenté de rouvrir le marché frontalier le vendredi 6 avril 2018, mais les Haïtiens n’y ont pas mis les pieds. Son homologue d’Anse-à-Pitres, Harry Bruno, a posé des conditions et a utilisé le seul moyen de pression qu’il détient en demandant aux Haïtiens de s’abstenir de fréquenter le marché jusqu’à ce qu’un accord soit conclu en bonne et due forme. L’absence des Haïtiens a littéralement paralysé le marché pendant deux journées. Après l’échec des tentatives du maire de Pedernales de se réunir avec des autorités haïtiennes, le leadership des négociations a été assuré par le consul dominicain à Anse-à-Pitres, Max Feliz Terrero.

Kendi Zidor

Comments

comments

scroll to top