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« Le tarissement des sources, une conséquence des changements climatiques »

15 mai 2018, 8:59 catégorie: Actualité3 517 vue(s) A+ / A-

Le directeur général de la DINEPA, Guito Édouard.

 

Le secteur de l’eau potable et assainissement serait frappé de plein fouet par les changements climatiques en Haïti. Les sources connaissent un tarissement progressif, selon le directeur général de la DINEPA, Guito Édouard. Ce constat porte les décideurs à envisager des stratégies compensatoires afin d’éviter une aggravation de la problématique de l’accès à l’eau dans le pays.

« Les sources que l’on captait avec un débit habituel de 50 litres/seconde ne sont plus aussi abondantes, selon notre constat. Cela a rapport à un ensemble de phénomènes en lien avec les changements climatiques », a déclaré le titulaire de la Direction nationale de l’eau potable et de l’assainissement, Guito Édouard, lors d’une conférence de presse tenue le lundi 14 mai, au ministère de la Communication. Sans donner de détail sur les phénomènes en question ni sur l’ampleur du problème de tarissement des sources, M. Édouard a assuré que le Gouvernement ne va pas laisser la situation se détériorer sans réagir. L’exploitation des eaux de surface apparait comme l’option la plus viable pour pallier ce problème dans le cadre de la mise en oeuvre d’un plan de diversification des sources d’approvisionnement.

Un projet a déjà été lancé en ce sens, confirme le DG. Cette première initiative est le captage de la rivière Marion dans la localité de Grand Bassin à quelques kilomètres de Terrier Rouge dans le département du Nord-Est. Les travaux ont été lancés le 1e mai par le président Jovenel Moïse et le Premier ministre Jack Guy Lafontant. Selon Guito Édouard, ce captage devrait servir à produire de l’électricité, irriguer les terres agricoles et élargir l’accès à l’eau des populations de zones avoisinantes. Le directeur de la DINEPA n’a toutefois rien dit de la méthode de « potabilisation » privilégiée.

L’État doit investir davantage

Selon une étude évoquée par le directeur de la DINEPA, les services en eau potable et assainissement coûtent 125 dollars américains par habitant. L’État haïtien n’investit pas suffisamment d’argent pour construire des systèmes d’adduction. Pour illustrer la limitation des ressources disponibles, M. Édouard fait remarquer que le nouveau réseau de Jacmel financé par la Banque interaméricaine de développement coûte 14 millions de dollars américains, un montant de loin plus élevé que le budget de l’institution pour 2015-2016 qui ne dépassait pas 64 millions de gourdes. En guise de comparaison, ce budget représentait 8% du coût total du système d’adduction construit par la BID. Ce qui laisse comprendre que la DINEPA est loin de pouvoir construire des réseaux de distribution d’eau à travers tout le pays.

Toutefois, M. Édouard se réjouit des efforts consentis pour accorder plus de moyens à ce secteur, car dans le budget 2017-2018 cette enveloppe budgétaire est passée à 507 millions de gourdes. Pour compléter la contribution de l’État, il existe, poursuit-il, un plan visant à réorienter l’aide internationale vers les objectifs définis par le Gouvernement. Le succès dudit plan garantira une plus grande efficacité dans les interventions publiques, croit le patron de la DINEPA.

Le récent rapport de la Banque mondiale sur le développement des villes indique qu’Haïti est 25% moins performant que la République dominicaine en matière d’accès à l’eau potable et assainissement. Les autorités sont appelées à redoubler d’efforts en faisant des investissements qui tiennent compte de l’évolution démographique.

Kendi Zidor

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