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Le salaire minimum est injuste, selon certains hommes d’affaires

11 octobre 2018, 9:52 catégorie: Actualité5 933 vue(s) A+ / A-

Les ouvriers continuent de réclamer 1000 gourdes comme salaire minimum.

 

Les réactions relatives au nouveau salaire minimum fixé pour les différents secteurs d’activités dans le pays continuent d’alimenter l’actualité. En effet, après la société civile, les ouvriers et les syndicats, c’est au tour de membres du secteur privé de faire connaître sa position. Dans le même sens que les protestataires, certains hommes d’affaires pensent que l’ajustement n’est pas suffisant.

En définitive, la nouvelle fixation du salaire minimum semble ne pas faire l’affaire ni du patronat ni des ouvriers qui ne cessent de réclamer la révision de la décision du Gouvernement en portant le salaire, du moins pour le secteur du textile, à mille gourdes. Publié le lundi 8 octobre 2018, l’arrêté a déjà suscité pas mal de réactions et des mouvements de protestation au niveau de différentes compagnies de sous-traitance tant dans la capitale que dans les villes de province, en particulier à Ouanaminthe. Cette décision ne bénéficie vraisemblablement que de peu de soutien des acteurs qui estiment que l’Exécutif et le Conseil supérieur des salaires (CSS) auraient pu faire mieux.

À l’instar des membres d’autres secteurs, certains patrons ont réagi pour exprimer leur préoccupation par rapport à ce que représente ce salaire défini pour les employés au regard du coût de la vie en Haïti. Réagissant sur les ondes d’une station soeur, le président de l’ADIH, Georges Sassine, estime que le travail du CSS est loin de résoudre le problème des ouvriers. « L’augmentation du salaire ne peut en aucun cas favoriser une vie meilleure aux employés. Les autorités doivent prioriser, au contraire, la bonne gouvernance, la lutte contre la contrebande et, surtout, le renforcement de la production nationale », recommande-t-il à l’État pour améliorer la situation de la population.

L’homme d’affaires qui a salué le travail des membres du CSS se démarque radicalement des opinions de certains économistes qui pensent que les entreprises doivent se moderniser afin de mieux payer leurs employés. De l’avis du leader de l’ADIH, les entreprises font face à une pénurie de main-d’oeuvre qualifiée et compétente pour effectuer des tâches beaucoup plus exigeantes. De son côté, l’un des responsables de Sogener, Dimitri Vorbe, n’a pas raté l’occasion d’alimenter son compte twitter ces derniers jours en exigeant un salaire minimum plus décent pour les employés, soutient que ce salaire ne représente rien, vu la cherté de la vie. Selon lui, le problème des ouvriers ne réside pas dans le salaire, mais plutôt dans leur pouvoir d’achat.

Dans son intervention, l’homme d’affaires relate que le point central c’est de regarder d’abord la nécessité et les besoins de la population et d’envisager en second lieu le salaire des travailleurs. « Il faut accorder aux employés des avantages sociaux afin de pouvoir alléger leurs dépenses quotidiennes », réclame-t-il tout en appelant à une entente entre les employeurs et les employés afin de gérer le problème définitivement.

Daniel Sévère

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