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Le salaire minimum de 420 gourdes est celui d’un esclave, selon le professeur Eddy Labossière

09 octobre 2018, 7:31 catégorie: Economie27 045 vue(s) A+ / A-

L’économiste, Eddy Labossière.

 

Enfin, l’Exécutif a publié l’arrêté concernant le salaire minimum pour l’exercice fiscal 2018-2019. Dans un arrêté daté du 8 octobre 2018, l’Administration Moïse-Céant fixant le salaire minimum à environ quatre cent vingt (420) gourdes pour les ouvriers des industries d’assemblage. Une décision qualifiée de mauvaise foi de la part du pouvoir en place. Pour l’économiste Eddy Labossière, le salaire minimum devrait être fixé à 600 gourdes. « Le salaire minimum de 400 gourdes est un salaire d’esclave », déplore M. Labossière.

La bataille menée depuis des mois par les employés du secteur de sous-traitance dans le pays pour forcer le Gouvernement en place à réviser le salaire minimum à environ mille gourdes est sans importance. L’administration actuelle a fixé le salaire minimum à 420 gourdes contrairement aux revendications des ouvriers.

Ils sont légion les intellectuels du pays à élever la voix pour dénoncer le nouvel arrêté qui fixe le salaire minimum de 420 gourdes. Un arrêté qui suscite de grogne au niveau de la société haïtienne. La majorité des gens du pays pensent que le salaire minimum de 420 gourdes ne reflète pas la situation des employés du secteur de la sous-traitance. Un avis partagé par le président de l’association haïtienne des économistes (AHE), Eddy Labossière.

Pour lui, fixer le salaire minimum à quatre cents gourdes est un non-respect aux ouvriers de la sous-traitance. En ce sens, il croit qu’un salaire minimum devrait être fixé au moins à 600 gourdes. « Le salaire minimum de 400 gourdes est un salaire d’esclave. Avec un tel salaire, les travailleurs de ce secteur ne peuvent pas répondre à leurs besoins», a-t-il martelé, lors d’une entrevue accordée à une station de la capitale.

Plus loin, M. Labossiere se dit favorable aux revendications des ouvriers du secteur textile. À cet effet, il demande aux ouvriers de rester mobilisés pour faire valoir leurs droits. Il a, par ailleurs, recommandé aux autorités étatiques de bien remplir leur mission, qui selon lui, doit être une mission régalienne. « Le Gouvernement ne doit pas affaiblir le patronat de même il ne doit pas, non plus, ignorer les revendications « justes » des ouvriers », a fait remarquer le président de l’AHE.

En outre, l’économiste Labossière a souligné que le salaire minimum doit être révisé en fonction de l’état financier des entreprises. « Il n’existe aucun mode de calcul pour déterminer le salaire minimum, cela se fait en fonction de la masse salariale que peut supporter une entreprise», précise-t-il. Pour lui, l’État central doit tenir compte de l’inflation qui ne cesse de grimper dans le pays.

Il faut rappeler qu’avant la publication de l’arrêté le salaire minimum était de 350 gourdes. Selon cet arrêté dans son article 2, du 1er octobre 2018, le salaire minimum de référence est fixé à quatre cents gourdes par journée de huit (8) heures de travail, pour les entreprises faisant partie du Segment B.

Cluford Dubois

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