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Le barreau de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince exige une décision de justice

10 octobre 2018, 9:51 catégorie: Actualité3 085 vue(s) A+ / A-

Suite à l’incident survenu au parquet de Port-au-Prince, le mardi 9 octobre 2018 impliquant le directeur départemental de la Police de l’Ouest (DDO), Berson Soljour, le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Clamé Ocnam Dameus, se dit favorable à une enquête indépendante pour élucider ce dossier. Parallèlement, le barreau de l’Ordre des avocats exige d’Ocnam Daméus sa démission dans 24 heures ou la signature du mandat à l’encontre du directeur départemental.

Le mardi 9 octobre en cours, la tension est montée d’un cran dans les locaux du parquet de Port-au-Prince où le porte-parole du secteur démocratique et populaire, Schiller Louidor, allait expliquer au commissaire du gouvernement sa déclaration interprétée comme une incitation à la violence à la veille d’une manifestation annoncée pour le 17 octobre.

À un certain moment, le directeur départemental de l’Ouest (DDO) de la Police nationale d’Haïti, Berson Soljour, s’est retrouvé au coeur d’une altercation avec un greffier du tribunal et un avocat. Le haut gradé de la Police n’a pas pu se contrôler et a frappé ses contradicteurs. Une situation qui a provoqué non seulement la colère des greffiers de l’institution, mais aussi celle des avocats. Le barreau de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince a convoqué d’urgence, le mercredi 10 octobre, ses membres en vue d’examiner la meilleure réponse à donner.

Suivant cette note de convocation, le barreau compte faire d’une pierre deux coups. Il veut profiter de cette réunion pour liquider également le cas des deux jeunes avocats maltraités récemment par des agents de la Police nationale d’Haïti (PNH) à Delmas.

De son côté, le chef du parquet de Port-au-Prince, Ocnam Clamé Dameus, via un communiqué de presse rendue publique le mercredi 10 octobre, condamne et déplore l’incident qui s’est produit dans les locaux du parquet. D’après la note, le commissaire assimile l’incident au manque de maîtrise dont font preuve les deux autorités. En ce sens, maître Dameus exige qu’une enquête soit diligentée afin d’élucider cette affaire. « Le commissaire exige qu’une enquête impartiale en bonne et due forme soit ouverte en vue de faire lumière sur ce dossier aux fins d’en donner le traitement et les suites les plus appropriées », lit-on dans le communiqué.

En vue de montrer sa bonne foi, le commissaire se veut plus exigeant. Outre l’enquête recommandée, le chef du parquet se prononce en faveur d’une institution neutre capable de faire la part des choses puisque, précise-t-il, le parquet est partie prenante dans l’affaire, il doit se garder en dehors de l’enquête. « Le commissaire reste favorable qu’une institution indépendante se charge de ce dossier. Car, le fait que l’incident s’est passé au sein même de l’institution, la met dans une position inconfortable de mener l’enquête », poursuit le communiqué.

Toutefois, le commissaire rappelle qu’il est d’une impérieuse nécessité pour les structures policières, la justice et les corporations d’avocats de développer des liens harmonieux de travail et de continuer à collaborer dans les limites que leur confine la loi, dans le respect, l’ordre et la discipline pour la grandeur de l’État à travers ses institutions. Rappelons que les greffiers très en colère ont menacé de surseoir à leur travail en signe de protestation. Il a été de même des avocats présents au parquet qui ont accusé le commissaire d’avoir fait silence sur l’incident qui, disent-ils, affecte la dignité des travailleurs victimes.

Daniel Sévère

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