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La vie reprend dans la peur à Port-au-Prince

10 juillet 2018, 9:08 catégorie: Société2 684 vue(s) A+ / A-

La vie reprend dans la peur à Port-au-Prince./Photo: Alterpresse.

 

Après un week-end d’émeutes et de pillages, la vie semble vouloir reprendre son cours normal dans la capitale haïtienne, le mardi 10 juillet 2018. Cependant, la population fait encore montre d’une grande frayeur en se rendant à ses activités habituelles.

En dépit de la levée de grève, pour ce mardi 10 juillet 2018, les activités ont dû fonctionner au ralenti pendant cette journée à Port-au- Prince. Si les autorités ont fait des efforts, en collaboration avec la police nationale d’Haïti, pour nettoyer les rues, elles ont pourtant échoué quant à rassurer la population. Il suffit tout simplement de faire un tour dans la capitale haïtienne pour comprendre que c’est dans la peur que la vie tente de se reprendre dans la zone métropolitaine.

Entre six heures et huit heures du matin, la circulation est très fluide sur la route de Carrefour. Ce qui est vraiment surprenant, car dans cette tranche d’heure, habituellement, il y a toujours un embouteillage monstre sur cette route, particulièrement au niveau de Martissant. Pourtant, ce mardi 10 juillet, l’on a pu circuler normalement. Pour cause, les véhicules sont moins nombreux à circuler. L’on peut ainsi comprendre que les conducteurs ne sont pas tous rassurés et décident, apparemment, de ne pas prendre de risques.

Une situation similaire a été observée sur la route de Bourdon, menant à Pétion-Ville, et dans beaucoup d’autres artères de la zone métropolitaine. L’on pouvait rouler vite sur Lalue alors qu’habituellement c’est une route à éviter quand on veut fuir les bouchons.

En outre, même si beaucoup de gens sont sortis pour vaquer à leurs activités, ils ne le font pas sans peur. Selon des témoignages recueillis, une grande frayeur frappe encore la population. « Je ne peux pas rester chez moi, car je dois prendre soin de ma famille. Mais franchement, je devrais rester à la maison », témoigne un citoyen rencontré près du stade Sylvio Cator. Un autre homme dit s’inquiéter qu’à tout moment une situation de tension soit éclatée dans les rues de la capitale. « C’est vrai qu’ils sont revenus sur leur décision d’augmenter les prix du carburant, mais la quasi-totalité des griefs de la population n’est pas encore prise en compte », explique-t-il.

Par ailleurs, certaines institutions comme les banques commerciales sont restées fermées le mardi 10 juillet 2018. Une preuve de plus que la peur s’installe encore partout dans la capitale. L’adresse à la nation du président de la République, samedi soir, apparemment, n’a pas eu les effets souhaités. En effet, dimanche, de nombreuses rues ont été encore bloquées et les mouvements de protestation ont été poursuivis un peu partout à travers tout le pays. En début de semaine, même s’il n’y a plus de troubles dans les rues, l’on peut observer sans ambages que tout le monde a froid aux yeux. Une peur bleue s’installe au milieu de la population pendant que celle-ci tente timidement de vaquer à ses activités.

Ritzamarum Zétrenne

rzetrenne@lenational.ht

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