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La plateforme X-Road, un premier pas vers l’E-Gouvernement dans l’administration publique

04 novembre 2015, 12:27 catégorie: Economie627 vue(s) A+ / A-

Le Coordonnateur général de l’OMRH Uder Antoine - | © Photo Placide Pierre Ricardo

Le Coordonnateur général de l’OMRH Uder Antoine – | © Photo Placide Pierre Ricardo

Via le projet IFMS (Integrated Financial Management System) le gouvernement haïtien a pris une sérieuse option dans sa démarche visant à intégrer la plateforme X-Road ou «Unified eXchange Platform» dans l’administration publique. Cette initiative s’inscrit, entre autres, dans la composante E-Gouvernance de la réforme administrative dont l’OMRH assure la mise en œuvre.

 

Avec l’appui de l’Agence américaine pour le Développement international (USAID) et sous le leadership de l’Office de Management et des Ressources humaines (OMRH), le gouvernement haïtien a procédé à une longue campagne visant à renforcer les capacités de l’administration à exploiter les technologies de l’information et de la communication ainsi que les pratiques modernes de gestion en vigueur dans le monde.

 

Un rêve qui commence à se concrétiser avec l’adoption de la plateforme X-Road communément appelée «Unified eXchange Platform» (UXP) dans l’administration publique haïtienne. X-Road – ou encore «Unified eXchange Platform» –  est un logiciel développé en Estonie par la compagnie Cybernetica AS, consistant en un système d’échange d’informations rapide et en temps réel.

 

Une administration publique déficiente

 

Selon le Coordonnateur général de l’OMRH Uder Antoine, cette décision prise par l’État haïtien est consécutive à une étude récente réalisée sur l’état de l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) au niveau de l’administration publique haïtienne.

 

Les résultats de cette étude avaient dressé un sombre tableau de l’utilisation des TIC dans le paysage de l’administration publique haïtienne. De nombreux cas de chevauchement entre les institutions de l’État, une utilisation des TIC encore modeste, une faible interconnexion entre les institutions publiques et de très faibles interactions entre les institutions et le grand public sont autant de tristes constats issus de cette étude.

 

La volonté d’intégrer les TIC dans le paysage haïtien rentre dans le cadre d’un programme de réforme de l’État. Ce dernier vise à réformer l’administration de l’état et s’échelonne sur cinq (5) ans allant de 2012 à 2017. Dans le cadre de cette réforme, a souligné M. Uder Antoine, six axes ont été priorisés notamment la mise en œuvre de la réforme de l’administration centrale de l’État, la mise en place du nouveau système de la Fonction publique, l’instauration d’une déconcentration effective des services publics, le lancement du processus de décentralisation, la modernisation du cadre physique des services publics et la mise en place d’un système e-Gouvernance.

 

Haïti a beaucoup à gagner dans l’adoption de X-Road

 

M. Uder Antoine a fait savoir que treize (13) institutions publiques haïtiennes, dont le MSPP, l’OAVCT, le MEF, la DGI, l’AGD, la PNH, la CSC/CA, l’ULCC, le MTPTC, le MPCE, le MICT, l’OMRH et le MENFP sont impliquées dans la phase de démarrage de l’adoption de X-Road dans l’administration haïtienne. Cette plateforme, à en croire M. Uder Antoine, présente de nombreux avantages dont un accès sécurisé aux données, une prise en charge des systèmes hétérogènes, un système évolutif et élastique.

 

La plateforme met les utilisateurs en confiance en garantissant notamment un cryptage fort, une authentification mutuelle des serveurs, la traçabilité des connexions, l’horodatage des messages, le maintien des structures organisationnelles et fonctionnelles existantes.  « Grâce à elle, les institutions mises en réseau peuvent échanger, à des fins de prise de décision, des données importantes en toute quiétude et sécurité. Par exemple, les autorités fiscales et douanières peuvent également l’exploiter à bon escient. Cette plateforme peut aussi être utilisée dans le cadre d’un système de vote par Internet » a-t-il poursuivi.

 

À noter que l’Estonie  est considérée comme l’un des pays possédant un système de vote par internet parmi les plus sécurisés au monde. L’administration électronique permet également de gagner en productivité, temps, énergie, qualité et finance. Ce sont autant d’avantages qu’offre l’e-Gouvernance a relaté M. Uder Antoine. Des avantages qui, selon lui, peuvent se traduire en l’offre des services publics.

 

Pour mieux cerner le mode de fonctionnement et les multiples avantages de X-Road

 

Une délégation haïtienne de onze membres s’est rendue en Estonie le 5 octobre dernier, toujours dans le cadre de la mise en place de la plateforme X-Road. Le but de cette visite, financée par l'USAID à travers le projet IFMS (Integrated Financial Management System), consiste à obtenir une vue d'ensemble du fonctionnement et de l'organisation du système E-Gouvernance de l’Estonie. Il s’agissait également d'établir des contacts avec les spécialistes qui gèrent le système d'échange de données gouvernementales X-Road et finalement de rencontrer les concepteurs du système X-Road en vue d'obtenir des avis techniques supplémentaires sur l’utilité de la plateforme X-Road et le processus d’installation.

 

Créée en 1997 et formée sur la base de l'Institut de Cybernétique (Estonian Academy of Sciences), la compagnie Cybernetica AS est une société privée estonienne à responsabilité limitée fonctionnant avec un personnel de 110 employés. Le dernier État financier affiché par cette société fait état d’un revenu de plus de 10 millions de dollars américains, dont plus de 30 % de ce revenu provenant de la vente de produits et de services à des pays étrangers.

 

La firme Cybernetica AS s’est taillée une énorme réputation sur le continent européen et à travers le monde grâce à sa contribution pour le développement de l’e-gouvernement. Actuellement, la plateforme UXP dessert plus de 2000 services publics et privés. En 2015, plus de 600 millions de transactions ont été effectuées à travers le monde via l’UXP. Actuellement, l’UXP est adoptée par les gouvernements finlandais et namibien.

Placide Pierre Ricardo

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