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Jovenel Moïse et PHTK dans l’Opposition

13 mars 2016, 10:32 catégorie: Actualité813 vue(s) A+ / A-

PHTK

Le candidat du PHTK, Jovenel Moïse. | Photo : jovenelmoise.ht

 

Angoissés par la nouvelle donne politique, le PHTK et Jovenel Moïse mettent la pression sur le pouvoir en place. L'équipe « Tèt kale » ne jure que par la poursuite du processus électoral dans le strict respect de l'accord du 6 février.

 

Dans sa nouvelle posture de parti de l'opposition, le PHTK tire à boulets rouges sur le pouvoir actuel qu'il accuse de manigancer un complot visant à exclure son candidat à la présidence Jovenel Moïse de la course électorale. Aussi, "l'équipe rose", isolée et inquiète, se mobilise en vue de forcer le pouvoir dirigé par Jocelerme Privert à respecter le calendrier de mise en œuvre de l'accord politique du 6 février. Ce qui passe nécessairement, selon M. Moïse, par la tenue des élections prévues le 24 avril prochain.

 

Celui qui s'est taillé rapidement une réputation sur la scène politique sous le label « nèg bannann nan », revendique à cor et à cri sa participation au second tour de la présidentielle. Dans le cadre d'un périple qu'il effectue en Haïti et dans la diaspora haïtienne pour sensibiliser l'opinion publique sur la question, Jovenel Moïse annonce haut et fort, dans un meeting tenu dans une communauté haïtienne aux USA, qu'il va commencer sa campagne électorale le 24 mars. Ce, indépendamment du fait que des signaux clairs  soient  envoyés ou pas par les autorités compétentes pour la reprise du processus à cette date.

 

Dans la même veine, les partisans du PHTK se sont mobilisés dans les rues de Port-au-Prince le mercredi 9 mars pour exiger la tenue des élections telles que fixées par l'accord. Ils dénoncent un  plan macabre de Jocelerme Privert sous l'emprise de sa famille politique lavalassienne qui fait feu de tout bois pour écarter de la course le protégé de Michel Martelly et reprendre le processus dans sa phase initiale. Une décision, selon eux, que l'équipe au pouvoir s'apprête à justifier à travers la mise sur pied d'une commission indépendante électorale de vérification chargée d'épurer le processus.

 

Jovenel Moïse et ses proches redoutent cette commission qui, selon eux, n'était pas prévue dans les termes de référence de l'accord. Cette angoisse augmente notamment lorsque, dans une rencontre tenue au Palais national, Jocelerme Privert aurait piqué au vif les dirigeants du PHTK en déclarant que l'ex-PDG de la compagnie « Agritrans » n'occupe que la 5e place dans les élections du 25 octobre. Alors que selon les résultats proclamés par le CEP, présidé par Pierre Louis Opont, le poulain de Michel Martelly, fort des 32.76 % des voix recueillies, est arrivé en première position, juste devant le candidat de Lapeh Jude Célestin qui a obtenu 25.27 % des votes exprimés.

 

Jovenel Moïse croit fermement, sur la base de ces résultats, qu'il est bel et bien admis au second tour de la présidentielle qui doit impérativement avoir lieu dans le délai imparti. Cependant, paradoxalement, les parlementaires de PHTK et alliés sont farouchement opposés au Premier ministre nommé Fritz Jean. Ils disent qu'ils accorderont un vote défavorable à sa déclaration de politique générale. Un acte politique qui risque de retarder la formation du nouveau gouvernement appelé à coordonner l'organisation des prochains scrutins déjà hypothétiques pour le 24 avril.

 

Même l'organe électoral qui devrait être à pied d'œuvre depuis le 24 février peine à voir le jour. Une pluie de contestations inonde le processus de désignation des représentants de nombreux secteurs au CEP. La liste des neuf membres est connue, mais il est sujet à modification notamment après que l’Exécutif a  publié les noms des potentiels conseillers électoraux, contestés dans leur majorité .

 

Encore une autre étape dans l'exécution du calendrier de mise en œuvre de l'accord du 6 février qui traine. Ce qui porte nombre d'observateurs à prôner une redéfinition du calendrier et des termes de référence de cet accord politique dont le strict respect semble irréaliste.

 

Jean Michel Cadet

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