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Journée mondiale des secrétaires : coup d’oeil sur les écoles des filles en Haïti

16 avril 2018, 8:08 catégorie: Société2 202 vue(s) A+ / A-

19 avril ramène la journée des adjoint(e)s administratifs (ves) et les secrétaires dans le monde.

Dans la galerie du musée des femmes ou de l’éducation en Haïti, il est possible d’inscrire un tableau présentant la liste des principes intuitions de formation techniques et professionnelles qui ont contribué à la formation des jeunes filles et des femmes d’Haïti. C’est le moment de saluer ces écoles professionnelles et centres de formation supérieure spécialisée pour les femmes haïtiennes. Mais il faudrait aussi profiter de cette occasion pour questionner la qualité des services fournis à la population. Combien de secrétaires la République d’Haïti forme-t-elle chaque année ou exporte vers d’autres pays ?

Des femmes et des métiers. Entre des institutions traditionnelles et des besoins à satisfaire qui passent par l’intégration du marché du travail, la date du 18 avril a été dédiée : journée mondiale des adjoint(e)s, administratifs (ves), mais à l’origine journée mondiale des secrétaires. Quelles sont les écoles de secrétariat à honorer et les autres à mettre sous tutelle ? Comment identifier les meilleures écoles de secrétariat en Haïti et à quel prix ? Quelles sont les villes ou les communes qui ne disposent d’aucun centre de formation spécialisée pour les filles en Haïti ?

De la journée mondiale des secrétaires aux adjointes administratives….

« Une journée qui offre à tous les patrons, mais également aux membres du personnel des sociétés, l’occasion de remercier leur secrétaire. », peut-on lire sur le site des journées mondiales qui souligne que la première édition a eu lieu en 1951 aux États-Unis et en 1991, en France.

Cette fête est célébrée le troisième jeudi du mois d’avril en France, tandis qu’en Amérique du Nord, elle est célébrée la dernière semaine complète du mois d’avril. Quel agenda pour les secrétaires en Haïti ? Quel accompagnement pour ces dernières à travers l’Institut national de la Formation professionnelle (INFP), le ministère à la Condition féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF) et les autres partenaires, dont les principaux centres de formation spécialisée ?

Il faut accompagner le centre de formation des filles Elie Dubois, la doyenne !

Rappelons, que de nos jours on ne parle presque plus de secrétaire, mais d’assistante ou d’adjoint(e)s administratifs (ves). Une profession qui a beaucoup évolué avec les mutations technologiques, l’internet entre autres, jusqu’à placer dans les musées, le statut de secrétaire et de sténodactylos. Quel est l’état des lieux des écoles qui forment ces femmes professionnelles en Haïti ?

Des centres ont marqué des générations. On peut citer parmi les plus anciennes: L’école Elie Dubois, la doyenne qui a été inaugurée le 3 décembre 1913. Une des plus prestigieuses institutions de formation des filles en Haïti de par son histoire, qui accueillait dans le temps, les jeunes filles venant de la province. Plus que jamais, il y a lieu pour les philanthropes de contribuer à la survie de ce patrimoine éducatif, qui fonctionne sur un site historique, suite à un accord diplomatique. Combien de familles sont-elles sorties satisfaites de la qualité des services ?

Existe-t-il une grille pour évaluer la qualité des formations et la quantité des diplômées placées en stage et en emploi ?

L’École de Secrétariat bilingue Christ Roi (Christ the King Secretarial School) fondée en 1961 par la Congrégation des Soeurs de Sainte-Anne des États-Unis et du Canada, destinée à fournir une formation supérieure de qualité aux jeunes bachelières des écoles catholiques nationales.

Plusieurs autres centres de formation en secrétariat continuent de desservir la population, notamment ces jeunes filles qui tentent de conjuguer ensemble les connaissances générales, les compétences techniques, et le protocole relatif aux métiers administratifs. Quelles sont les secrétaires qu’il faudrait recycler au sein de l’administration publique haïtienne et combien sont-elles ?

Sur la carte de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, on retient d’autres adresses comme : le CAINFO, la faculté Craan d’Haïti, et le centre : Business Institute of West Indies (BIWI). Des formations sur mesure sont offertes aux filles de la capitales à travers les registres d’inscription de Modern Technologique School, de CISA, de Haïti Technique Informatique (HTI), de la USB, de CETEMOH, du réseau des centres ALLIANCES, et centre Professionnel des Jeunes Filles (CPJF), parmi plusieurs autres centres de formation moins visibles, dynamiques ou médiatisés.

Du secrétariat diplomatique à la gestion des affaires : les femmes sont servies !

Rappelons que c’est l’Académie nationale diplomatique et consulaire (ANDC), au tout début de sa création qui a innové avec les cours de secrétariat diplomatique, une autre manière d’ouvrir des fenêtres sur les fonctions à des postes diplomatiques et consulaires pour les filles. Service qui sera fourni par d’autres opérateurs comme le centre d’Études diplomatiques et consulaires (CEDI).

Un peu plus tard dans les années 2000, au niveau du secteur privé des affaires, le centre de formation technique et professionnel HAITI TEC allait également innover avec son programme de Tec Sup et de génie des affaires, qui offraient les compétences de base en secrétariat, mais également des connaissances additionnelles pour ces jeunes, particulièrement ces femmes qui souhaitent devenir plus compétitives sur le marché du travail.

À quand un débat sur l’éducation des femmes par rapport à l’économie et la mondialisation ?

À quand remonte le dernier rapport d’évaluation autour des programmes de formation, de l’environnement et des méthodes pédagogiques utilisées par ces centres de formation spécialisée destinée aux femmes en Haïti ? Quelles sont les attentes de ces centres de formation spécialisés envers l’État dans la crise systémique actuelle de l’éducation en Haïti ? Quelles sont les véritables connaissances et compétences qu’il faudrait inculquer de nos jours aux femmes haïtiennes pour les aider à devenir plus autonomes, responsables, compétitives et moins marginalisées dans leur droit et devoir ?

Au carrefour de la mondialisation, comment aborder la question du troisième genre dans ces espaces de formation destinée aux femmes, sans pouvoir vérifier si parmi elle, un transsexuel ou transgenre ne voudrait pas jouir de ces pleins droits à bénéficier de la formation professionnelle ? Quelles sont les connaissances et les compétences qui sont encore exclusives aux femmes que les institutions et entreprises recherchent ?

Bonne fête à toutes adjoint(e)s administratifs (ves) et les secrétaires….

À défaut de trouver les statistiques sur le nombre de jeunes filles qui, après leur formation en secrétariat en Haïti, se sont reconverties dans d’autres activités professionnelles, la consultation des curriculums de nombreuses des jeunes filles qui se sont rendues au Brésil, au Chili et en République dominicaine pourraient fournir des données significatives sur le sujet.

En dépit de la qualité des services fournis par certaines de ces

 

institutions dans leur fonction mercantile, tout en tenant compte de leur responsabilité sociale partagée dans la déchéance actuelle et le désespoir des milliers de jeunes Haïtiens actuellement, il reste beaucoup à faire, dans ce corps de métier qui rend souvent vulnérables certaines de nos jeunes filles sans référence sociale ni résistance éthique et économique pour négocier et/ou garder leur poste sur la base de leur compétence, face à l’appétit (carnivore ou cannibale) de certains patrons ou patronnes.

En dehors de la date du 8 mars retenue pour marquer la journée internationale des droits des femmes, le 19 mars offre la possibilité de débattre sur la problématique de la formation des femmes, le marché du travail, l’économie et la compétitivité au sein de nos sociétés, sur la base de responsabilité, de résultat, de respect, de référence ou de réseautage.

Dominique Domerçant

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