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Camille Édouard Junior : « J’ai agi au nom de la République »

19 mars 2017, 10:16 catégorie: Actualité2 553 vue(s) A+ / A-

Le ministre de la Justice et de la Sécurité (MJSP),

Me Camille Édouard Junior. / Photo : Lesly Dorcin

 

Le ministre de la Justice et de la Sécurité (MJSP), Camille Édouard Junior, est sorti de son mutisme concernant l’arrestation et le transfert du sénateur élu de la Grand’Anse, Guy Philippe, vers les États-Unis. Pour ne pas mettre en péril la Police nationale d’Haïti (PNH) et éviter de réduire à néant la coopération entre Haïti et les États-Unis en matière de droit international pénal, le ministre dit avoir agi avec la conscience tranquille au nom de la République.

Bousculé par les questions des journalistes suite à l’exposé de son bilan pour les 12 mois passés à la tête du ministère de la Justice, le ministre Camille Édouard Junior a confirmé, de manière implicite, l’authenticité des lettres circulant à travers les réseaux sociaux faisant croire qu’il a donné son accord pour le transfert aux États-Unis de plusieurs citoyens haïtiens qui seraient impliqués dans le trafic illicite de stupéfiants dont Guy Philippe, le sénateur élu de la Grand’Anse.

Très offusqué, le ministre dénonce ce qu’il appelle une hypocrisie au sein de la société haïtienne. Guy Philippe est le 82e citoyen haïtien à avoir été embarqué aux États-Unis dans le cadre de la coopération haïtiano- américaine pour la lutte contre le trafic de la drogue depuis 1997, a indiqué Me Camille Édouard Junior. « Entre-temps, est-ce que l’accord a été dénoncé ? Qu’avonsnous fait pendant tout ce temps ? », s’interroge le ministre dans le but de signifier que Guy Philipe n’est certainement pas le dernier citoyen que les Américains embarqueront tant que l’accord entre les deux pays existe.

 Pour le ministre, le transfert de Guy Philippe a été une simple formalité. « En agissant de la sorte, je ne fais qu’obéir aux prescrits de la loi comme ministre de la Justice et de la Sécurité publique », a révélé le professeur de droit qui a également souligné que le citoyen Guy Philippe a un mandat décerné contre lui depuis 2005 et que c’était pour éviter une effusion de sang qu’il n’a pas été arrêté lors des différentes occasions passées. Il explique avoir tranché entre mettre en péril la police haïtienne, annihiler la coopération, se solidariser avec les trafiquants de drogue ou agir en homme d’État. Le ministre invite, par ailleurs, les Haïtiens à choisir entre un État voyou où la justice protège les trafiquants ou un État de droit.

Cette rencontre avec la presse a été l’occasion pour le ministre de faire le bilan de son passage à la tête du ministère de la Justice et de la sécurité publique. Pour ces 12 mois, le ministre s’est décerné un satisfecit. Entre autres, il a souligné la réalisation des élections dans un climat sécuritaire avec l’impartialité des juges et des commissaires du gouvernement dans le processus, l’adoption par les deux branches du Parlement de l’amendement de la loi antiblanchiment, l’adoption par le Sénat de la loi sur l’Ucref. Des actions qui, selon le ministre, ont permis à Haïti d’échapper momentanément aux sanctions du Groupe d’action financière de la Caraïbe (GAFIC) qui s’était réuni du 7 au 10 novembre dernier.

 Le ministre a toutefois salué des efforts accomplis dans ce si court délai. Il a indiqué que la menace est atténuée, mais qu’il reste encore des efforts à faire, car un sursis est accordé à Haïti jusqu’au 20 mai 2017. On va nous évaluer et vérifier si nous avons réalisé ce que nous avons promis, notamment l’adoption du Code pénal et du Code de procédure pénale, la création de l’Unité de statistique et d’information sur les crimes financiers, et d’autres dispositions sur la formation des magistrats », a-t-il expliqué.

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