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Jerry Tardieu : la priorité, c’est l’éducation

08 janvier 2017, 10:26 catégorie: Diaspora58 439 vue(s) A+ / A-

Le député de Pétion-Ville, Jerry Tardieu (gauche).

 

À la fin de l’année 2016, le député de Pétion-Ville, Jerry Tardieu, a rendu une visite de courtoisie au bureau Amérique du Nord du Journal. Nous en avons profité pour lui poser quelques questions sur le programme de bourses d’études qu’il vient de lancer en collaboration avec la banque centrale et les autorités françaises.

Le National : Comment vous est venue l’idée de créer cette bourse d’études ?

Jerry Tardieu : Dans tous mes écrits sur le cas d’Haïti, j’ai toujours insisté sur le fait que la priorité de tout gouvernement devrait être l’éducation. Quand j’ai accepté de prendre la présidence du groupe d’amitié- France au Parlement haïtien, je savais déjà que cette entité me permettrait d’explorer les voies et moyens de répondre à une promesse de campagne : celle de travailler à trouver des bourses d’études pour la jeunesse haïtienne.

Avec le soutien de mon homologue Mathieu Hanotin député de Seine- Saint-Denis et l’ambassadrice de France en Haïti, j’ai pu concevoir ce programme de bourses qui implique trois acteurs institutionnels. D’abord le Groupe d’amitié Haïti- France au parlement haïtien qui est « le promoteur principal » du programme même quand j’en suis l’instigateur.

 Ensuite, l’Ambassade de France en Haïti qui en est « le gestionnaire technique ». Enfin « le financier de la bourse » qui peut être une entité privée ou publique haïtienne ou française. La première série de bourses d’études octroyées dans le cadre de ce programme a été financée par la Banque de la République d’Haïti d’où l’appellation « Bourse BRH — Groupe d’amitié Haïti-France » pour ce premier programme qui s’adresse exclusivement aux étudiants haïtiens admis en master (M II) dans un établissement d’enseignement supérieur public en France.

 Je salue la décision de la BRH qui, fidèle à sa vocation de soutien à la formation de la jeunesse haïtienne, a tracé l’exemple. Je souhaite vivement que d’autres entités et fondations françaises tournées vers le savoir puissent en faire de même pour financer des bourses d’excellence dont pourraient bénéficier les lauréats du bac haïtien.

 LN : Parlez-nous de l’organisation du programme ?

 JT : C’est un programme de bourses de niveau master à coûts partagés pour des étudiants haïtiens souhaitant poursuivre leurs études en France.

 Ce programme de bourses conjoint, placé sous le patronage du Groupe d’amitié Haïti, est dénommé « Programme de Bourse du Groupe d’amitié Haïti-France ». La bourse est d’une durée d’une année universitaire. Le programme privilégie les disciplines telles l’Économie, finance & Banque/Gestion/Administration, Technologies de l’information et de la communication (TIC), Agriculture, Environnement, Énergie & Ressources naturelles, Construction, urbanisme, Aménagement territorial. Ce programme de bourses vise le respect de la parité. À mérite égal, la préférence pourra être donnée aux candidatures féminines. Ce programme s’efforcera également de respecter une certaine diversité dans les origines géographiques des établissements universitaires dont sont issus les candidats retenus.

 La gestion des bourses du gouvernement français sera confiée à l’agence Campus France, opérateur du ministère des Affaires étrangères et du Développement international et du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche de la République française.

LN : Pourquoi la France, et non Les États-Unis ou le Canada ?

JT : La France parce que je suis le président du Groupe d’amitié Haïti- France au Parlement dont l’une des missions essentielles est de travailler sur des projets devant rapprocher nos deux peuples dans divers champs d’activité, dont celui du savoir et de la recherche scientifique.

 Ceci étant dit, en dehors du groupe d’amitié, le député que je suis, compte engager des démarches auprès des entreprises du secteur privé pour trouver des fonds devant servir à financer des bourses d’excellence pour nos bacheliers et même des formations techniques et professionnelles. Ces bourses seront destinées à des bacheliers pour des études universitaires en Haïti également. Je veux pouvoir offrir des bourses à des jeunes désireux d’étudier en Haïti dans des établissements comme l’Université Quisqueya, Notre Dame, CEDI, IHECE, ANDC, etc.

LN : Qui s’occupe de la gestion de la bourse ?

 JT : Suite aux appels à candidatures et à l’issue de la date limite de dépôt des dossiers, une première sélection est opérée par le Service de coopération et d’action culturelle (SCAC) de l’Ambassade de France afin de préparer une liste de dossiers destinée à être soumise à l’appréciation d’un comité de sélection. Le comité de sélection est constitué de représentants de la BRH, d’institutions d’enseignement supérieur, du secteur privé, de l’AFD et du SCAC, et d’un membre du groupe d’amitié. Seules les candidatures validées à l’unanimité des membres du comité de sélection seront retenues.

LN : Qu’est-ce qui est demandé en retour aux boursiers une fois leur diplôme obtenu ?

 JT : De retourner au pays et apporter leurs pierres à l’édifice de reconstruction nationale.

LN : Quels sont les critères d’éligibilité ?

 JT : Les postulants doivent satisfaire aux conditions suivantes :

 • Être âgé de moins de 35 ans au 1er janvier de l’année d’attribution

• Être de nationalité haïtienne et résider en Haïti ;

 • Ne pas avoir bénéficié d’une bourse d’études de l’Ambassade de France dans les trois années précédentes.

JT : Vous voyez pour moi une position autre que celle de parlementaire ? (sourires). Je vais m’assurer d’assurer la pérennité de ce programme au moins durant le temps de mon mandat comme parlementaire.

 Le National : Qu’y a-t-il sur votre agenda pour la prochaine année ?

JT : Je vais continuer à me battre au Parlement haïtien pour légiférer et contrôler l’Exécutif. C’est le seul rôle que m’attribue la constitution de 1987.

Je compte rester un parlementaire prolifique, un rassembleur au niveau du corps et un homme de passerelle entre les différentes factions politiques pour trouver des espaces de dialogue nous permettant de voter des lois que le pays attend d’urgence.

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