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Jean André Victor prône les recherches scientifiques pour augmenter la production nationale

10 septembre 2018, 7:51 catégorie: Economie7 932 vue(s) A+ / A-

L’agronome, Jean André Victor.

 

En Haïti, le secteur agricole fait face à de sérieux problèmes. Plusieurs mesures ont été prises dans l’idée de renforcer ce secteur par les autorités étatiques. En dépit des différentes interventions des autorités pour améliorer le secteur agricole, les problèmes auxquels confronte ce secteur restent intacts. De l’avis de l’agronome, Jean André Victor, pour qu’il y’ait une augmentation de la production nationale et une amélioration dans ce secteur, il faut que l’État central priorise les recherches scientifiques.

L’agronome Jean André Victor, au cours de sa participation à une émission sur une station de la capitale, ce mois de septembre 2018, a présenté certains problèmes auxquels fait face le secteur agricole et des mesures à prendre pouvant permettre l’amélioration de ce secteur. Selon lui, les problèmes auxquels confronte le secteur agricole en Haïti sont fondamentaux. Il s’agit, selon lui, de problème lié à la semence, l’irrigation, l’engrais, la mauvaise gestion des eaux en provenance de la République dominicaine et autres. En effet, il a fait savoir que seules les recherches scientifiques liées au secteur agricole peuvent aider l’État à résoudre ces différents problèmes.

Pour lui, le problème lié à la semence est très lourd pour le secteur agricole. En ce sens, dit-il, l’État doit être la seule instance qui soit capable de distribuer des semences aux paysans. « N’importe qui ne peut pas se conduire en vendeur de semence dans le pays », a fait savoir l’ancien directeur du ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR), Jean André Victor. Plus loin, il ajouté que les mauvaises semences peuvent causer des dégâts dans le secteur agricole. Les semences, avance-t-il, en provenance de l’étranger apportent des maladies graves qui peuvent même paralyser l’augmentation de la production nationale.

Par ailleurs, il a mentionné que le problème concernant l’engrais dans le pays n’est pas encore résolu. Selon lui, c’est l’un des problèmes fondamentaux empêchant l’augmentation de la production nationale. « Plusieurs initiatives ont été prises par l’État central, les résultats ne sont jamais palpables », dénonce M. Victor, tout en appelant les autorités étatiques à adopter des attitudes qui permettraient de résoudre ce problème. Par ailleurs, il croit que les solutions visant l’amélioration du secteur agricole doivent être prises de manière rationnelle dans l’objectif de nous aider à comprendre ce qui se passe réellement dans ce secteur.

Au cours de son intervention, il a mis l’accent sur l’absence de contrôle dans l’idée de déterminer la quantité d’eaux qui entrent dans le pays. Selon lui, l’État central ignore le nombre de millimètres cubes d’eau qui entre dans le pays par an. Aux dires de M. Victor, on ne peut pas parler de barrages sans prendre en compte les données scientifiques ayant rapport avec la quantité d’eaux en provenance du territoire voisin. Aussi, a-t-il affirmé qu’on ne peut pas parler de sécheresse sans connaître certaines informations scientifiques.

Dans une recherche conduite sur la salinité des sols et des eaux dans la vallée de l’Artibonite, M. Victor a constaté que les eaux de la vallée de l’Artibonite et de la rivière Estère avaient accusé un taux de salinité relativement élevé, les rendaient impropres à l’irrigation.

ODVA, un outil important pour l’avancement du secteur agricole dans la vallée de l’Artibonite

Par ailleurs, il croit que l’Organisation pour le développement de la vallée de l’Artibonite (ODVA) joue un rôle important dans l’augmentation de la production agricole au niveau du département de l’Artibonite. « On ne peut pas renforcer l’agriculture dans la vallée de l’Artibonite sans le renforcement de l’ODVA. Sa véritable mission est de veiller à ce que tout soit en marche », a déclaré M. Victor, tout en dénonçant la nomination des gens qui n’ont pas des capacités requises pour permettre la bonne marche de cette institution. Il est défavorable à la politisation de l’ODVA.

À souligner que, selon les données fournies par le député Samuel D’Haïti, pendant longtemps, le secteur agricole s’est révélé être le principal contributeur au Produit intérieur brut (PIB) du pays, passant de 32 % au début des années 80 à seulement 20 % depuis 2014.

Cluford Dubois

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