Accueil » Economie » Inclusion financière, une stratégie pour éradiquer la pauvreté en Haïti

Inclusion financière, une stratégie pour éradiquer la pauvreté en Haïti

10 janvier 2018, 8:53 catégorie: Economie8 468 vue(s) A+ / A-

Jean Luckner Romulus,

coordonnateur général du KOFIP.

 

Pour réduire l’inégalité des revenus et la pauvreté dans les zones rurales, certaines entreprises d’économie sociale, comme le Collectif du financement populaire (KOFIP), la KOWATAN (Kowoperativ Agrikòl Travayè Aktif Montay Nwa) et le Mouvement d’aide aux femmes de Liancourt, Païen et Verrettes, utilisent la stratégie d’inclusion financière. Ces entreprises d’économie sociale sont souvent un dernier recours pour les populations pauvres surtout dans les zones rurales.

L’inclusion financière est une stratégie offrant des services financiers et bancaires de base à faible coût pour des consommateurs en difficulté et exclus des services traditionnels. Elle englobe toute une gamme de produits et services financiers et non financiers rendus accessibles aux populations pauvres. Cette stratégie a pour but d’élargir l’accès à des produits et services bancaires et financiers abordables et responsables pour les populations exclues du circuit bancaire classique. Elle permet aux populations pauvres de financer leurs activités, de mettre de l’argent de côté par précaution ou en vue de monter leurs petits projets, de subvenir aux besoins de leur famille et de se protéger contre les risques de la vie quotidienne.

Pour favoriser une société économiquement et financièrement plus inclusive, le Collectif du financement populaire (KOFIP) a mis en place un système de financement décentralisé appelé Mutuelle de solidarité (MUSO). C’est un groupe d’épargne et de crédit autogéré par ses membres qui bénéficient des services financiers répondant à leurs besoins et adaptés à leur capacité. C’est aussi une façon de renforcer les liens communautaires et d’identifier les besoins réels des gens. Selon Jean Luckner Romulus, coordonnateur général du KOFIP, il existe une forte concentration des mutuelles de solidarité dans la région du Grand Nord qui comprend les départements du Nord, du Nord-Est et du Nord-Ouest. Cependant, parmi les 48 % que représente cette partie du territoire, le département du Nord- Ouest, à lui seul, détient une large portion soit 28 %.

Comparativement aux données de décembre 2015, dit-il, il y a une augmentation de 1 % de MUSO pour cette région. Cette hausse est due par rapport au département du Nord qui est passé de 15 à 18 % et d’une baisse de 2 % au niveau du Nord-ouest. Au cours de l’année 2016, les mutuelles de solidarité faisant partie du réseau KOFIP ont augmenté de 6 %, informe-t-il. Selon les données recueillies en décembre 2016, elles sont au nombre de 1398 et 75 % d’entre elles sont concentrées dans les départements du Nord-Ouest 28 %, du Nord 18 %, de l’Artibonite 15 % et la Grand’Anse 14 %. Les départements où il y a une faible représentation des mutuelles sont les Nippes, le Centre, l’Ouest et le Nord-Est.

Le Collectif de financement populaire (KOFIP) assure une large couverture de MUSO sur tout le territoire national, en mettant un accent particulier sur les populations exclues du système financier classique, notamment les populations rurales, les femmes, les jeunes, les PME et les personnes à faible éducation financière. Il leur offre des crédits adaptés aux besoins et possibilités des membres en mettant à leur disposition les outils pratiques en vue de les aider à s’approprier le système et à renforcer leurs compétences et capacités décisionnelles.

La KOWATAN (Kowoperativ Agrikòl Travayè Aktif Montay Nwa) utilise la même stratégie à Montagne noire dans le département du Nord (commune de Bahon) depuis 1982. Dirigée par Phanord Déjean, cette coopérative compte 469 producteurs de cacao. Membres de la Fédération des coopératives cacaoyères du Nord, ils travaillent à la régénération et à la commercialisation des cacaoyers. Le Mouvement d’aide aux femmes de Liancourt, de Païen et de Verettes, pour sa part, offre des systèmes de crédit aux femmes les plus vulnérables afin d’améliorer leurs conditions de vie.

Selon la fondatrice-coordonnatrice du mouvement, Robert Marie Melisena, 300 femmes et 40 hommes sont membres de l’organisation et bénéficient de ses crédits financiers à travers les Mutuelles de solidarité mises en place par le Collectif du Financement populaire (KOFIP). Ils bénéficient de différents systèmes de crédit notamment le crédit planteurs, le crédit commerce et le crédit jardin. Le Mouvement d’aide aux femmes de Liancourt, de Païen et de Verettes, opère dans la 3e, 4e, et 5e section de la commune de Verrettes.

Aljany N. Zéphirin

Comments

comments

scroll to top