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Une île : deux poids, deux mesures

25 octobre 2017, 10:11 catégorie: Édito21 343 vue(s) A+ / A-

Haïti et la République dominicaine sont, depuis peu, en mode de législation sur les partis politiques. Des deux côtés de l’ile, les négociations entre le pouvoir et les partis de l’opposition ne sont pas au beau fixe, compte tenu des enjeux électoraux respectifs.

Côté haïtien, le président de la République a amorcé, depuis le 14 septembre dernier, au Palais national, un dialogue avec certaines organisations politiques qui ont répondu à son pressant appel. Le principal mobile de cette rencontre, qui reste et demeure une question prioritaire pour le pouvoir, c’est la loi sur le financement des partis politiques. Cela, dans un contexte de vives manifestations orchestrées par des secteurs de l’opposition contre le budget 2017- 2018.

La deuxième consultation du 11 octobre écoulé a fait meilleure recette que la première, compte tenu de la présence de certains partis politiques de renom, jusque-là réticents. Notons que deux des grands ténors, Fanmi Lavalas et Pitit Dessalines, n’ont pas pointé le bout du nez. Ainsi, la cinquantaine d’organisations politiques qui ont fait le déplacement constituent une sorte de bouffée d’oxygène pour le gouvernement que des tensions socioéconomiques menacent d’étouffer. Il est clair que bon nombre de ces formations politiques, mues par l’appât du gain, n’ont aucune représentativité au Parlement, alors que ce devrait être un minimum pour avoir droit au financement prévu pour les partis.

Le Comité de suivi de sept (7) membres, formé à cet effet, pour produire des suggestions au gouvernement, semble définir des profils de candidatures non pléthoriques pour les prochaines élections qui entraineront de sérieuses ponctions dans les finances publiques. Hormis Fanmi Lavalas et Pitit Dessalines, les partis, tels que l’OPL, le PDCH, l’UNIR, le KID, le PHTK, VÉRITÉ et LAPEH, formant ledit comité, peuvent déboucher sur un corpus directeur pour le gouvernement. En autant que ce dernier en tienne compte, pour un large consensus national.

De l’autre côté de la frontière, le gouvernement dominicain n’est pas mieux servi que celui d’Haïti, en ce qui a trait au projet de loi sur les partis politiques. Dans ce pays voisin, le noeud gordien demeure actuellement l’imbroglio entre la réforme électorale de 1987 et la régulation des organisations politiques; un sujet sur lequel l’opposition et le Parti de la Libération Dominicaine (PLD) au pouvoir n’arrivent pas à s’entendre. On assiste depuis plus de deux mois au report continu d’un débat là-dessus au Congrès bicaméral.

En effet, il s’agit de deux questions clefs et jumelées en République dominicaine : la réforme électorale et la loi sur le financement des partis politiques. Pour certains analystes, la raison pour laquelle le Congrès dominicain (le Parlement chez nous) traine sur ces deux lois, c’est parce que les partis ne sont pas intéressés à être régularisés, de peur d’être soumis à des contrôles financiers stricts. Certains magnats du monde des affaires qui ont- ce n’est un secret pour personne – leurs antennes jusqu’en Haïti, sont très actifs en période électorale, pour soudoyer les candidats les mieux placés sur l’échiquier politique.

En fait d’analyse, il ressort ce qui suit en République dominicaine : « La loi électorale devrait obliger les partis concernés à remplir leur devoir dignement et à prévenir les comportements non éthiques ou illégaux de leurs militants ».

Actuellement, dans ce pays voisin, les forces de l’opposition cherchent « dialectiquement » à déloger au Congrès le bloc dominé par le parti au pouvoir, afin de prendre le contrôle du gouvernement. Le PLD, de son côté, fort de ses alliés, entend conserver le contrôle de l’État. Voilà le terrain sur lequel se mène la bataille politique en République dominicaine.

Mérès M. Weche

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