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Huit ans après, la reconstruction toujours à la traine

11 janvier 2018, 11:03 catégorie: Actualité7 784 vue(s) A+ / A-

Le Palais national, symbole fort de l’État, effondré le 12 janvier 2010.

 

Alors que le 12 janvier 2018 ramène tristement le 8e anniversaire du puissant tremblement de terre du 12 janvier 2010, les travaux de reconstruction tardent à avancer. Les séquelles de ce séisme persistent encore. À date, les travaux de réhabilitation ou de reconstruction des bâtiments publics détruits ou endommagés particulièrement du Palais national ne sont pas encore initiés. Du moins pour l’ensemble des édifices touchés par cette catastrophe de magnitude 7.3 sur l’échelle de Richter.

Les travaux de reconstruction des édifices publics trainent en longueur. En dépit de l’annonce de la réhabilitation de 14 d’entre eux endommagés par le tremblement de terre du 12 janvier 2010, les activités sont encore au point mort. Le Palais de Justice, le Rex Théâtre, les ministères de l’Économie et des Finances (MEF), des Affaires étrangères (MAE), de l’Environnement (MDE) et de la Culture et de la Communication (MCC). S’ajoutent à cette liste les bâtiments du Palais national et du Parlement haïtien. Alors que l’enveloppe allouée à la reconstruction de ces édifices estimée à environ 250 à 300 millions de dollars américains a été déjà décaissée.

Entre-temps, le président de la République met la pression. Jovenel Moïse invite les membres du groupe de travail et de la réflexion sur la reconstruction du Palais national à accélérer leur travail en vue de démarrer officiellement ces travaux le vendredi 12 janvier 2018. À son avis, cette démarche vise à faire montre de la bonne volonté de son administration à achever ces grands chantiers tant attendus depuis tantôt huit ans.

Ironie du sort. Près de huit ans après ce sinistre, le directeur exécutif de l’Unité de construction de logements et de bâtiments publics (UCLBP), Clément Belizaire, n’a pas souhaité réagir dans les colonnes du National sur l’état d’avancement de ces travaux. Contacté à ce sujet le mardi 9 janvier, il a demandé de lui soumettre un questionnaire à la date du mercredi 10 janvier 2018. Ce, en vue de lui faciliter la tâche, mais cela s’est révélé sans succès. S’ajoutent à cette démarche de multiples appels téléphoniques durant la journée du jeudi 11 janvier 2018.

Et les abris provisoires semblent devenir la règle. Même au plus haut sommet de l’État. Le Parlement haïtien, le Palais national sont encore logés dans des structures transitoires. Même cas de figure pour d’autres bâtiments publics. À date, ils sont pour la plupart marginalisés avec des tas d’immondices. Ils s’apparentent à des porcheries tant leurs espaces sont exécrables et invivables. Là, on retrouve notamment, le Rex théâtre au Champ-de-Mars.

D’un autre côté, les travaux de reconstruction de la Direction générale des Impôts (DGI) piétinent encore. La DGI est logée dans l’appartement d’un particulier payé au prix fort par l’État haïtien. C’est pratiquement le même cas de figure pour la Villa d’accueil et l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH). L’Administration générale des douanes (AGD) fait partie de cette liste. Tandis que d’autres travaux comme ceux du ministère des Affaires étrangères (MAE) peinent à démarrer en dépit de la pose de la première pierre (au Bicentenaire de Port-au-Prince). Aucune information n’a été fournie en ce qui concerne le ministère de l’Économie et des Finances (MEF)

Les autorités, toutefois, peuvent se féliciter de l’inauguration des travaux de la Cour de cassation et du ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT). Dotée de 7 étages, 116 places de stationnement, cette institution compte 6000 mètres carrés d’espaces de bureaux. S’ajoutent à cette liste le ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) avec 184 places de stationnement et 6000 mètres carrés d’espaces de bureaux, le Triomphe et la place Occide Jeanty. Sans oublier l’édifice abritant le Corps d’intervention et de maintien d’ordre (CIMO). Celui-ci est un immeuble doté de trois étages s’étendant sur une superficie totale de 1920 mètres carrés. Il contient 28 places de stationnement. Il est aussi constitué d’une salle de gymnase de 128 mètres carrés, une salle de jeu de 128 mètres carrés, des espaces de bureaux de 384 mètres carrés, une cafeteria de 256 mètres carrés, une bibliothèque de 64 mètres carrés et un terrain de basketball.

Par contre, d’autres bâtiments publics dont ceux de l’Université d’État d’Haïti, la faculté des Sciences humaines (FASCH), la faculté de Linguistique appliquée (FLA), l’école Normale supérieure (ENS).

Soulignons que les autorités haïtiennes avaient fait état de l’avancement de ces travaux à hauteur de plus de 80 %. Pourtant, les travaux de reconstruction du Parlement haïtien pour lesquels une enveloppe de 33 millions de dollars américains a été allouée selon l’ancien directeur général de l’Unité de construction de logements et de bâtiments publics (UCLBP), Harry Adam. Même le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) ne dispose pas de local. Il est hébergé dans un total de cinq édifices éparpillés, entre autres, à Nazon, Delmas 83 et à Babiole.

Reynold Aris

raris@lenational.ht

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