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Honteuses impuissances !

12 octobre 2017, 10:32 catégorie: Édito16 106 vue(s) A+ / A-

Rencontre a été tenue, cette semaine, entre le président de la République et une cinquantaine – c’est énorme, il faut l’avouer – de partis politiques. Au menu : la loi sur le financement des partis politiques. L’exercice consistant, d’après les voix officielles et autorisées, à débattre du « mécanisme pour donner effet à la loi », mécanisme pourtant élaboré, validé et publié, il y a presque trois ans, dans le Moniteur du 16 janvier 2014.

Commission a été mise en place et rendez-vous est surement convenu pour continuer à débattre d’une loi promulguée qui n’attend, comme tant et trop d’autres, qu’à être appliquée.

Ramener la plateforme Vérité, l’OPL, le KID, LAPEH, les concurrents d’hier, autour d’une table cordiale est déjà un bon point gagné par la présidence. Toutefois, des observateurs avisés et intéressés sont restés sur leur faim et espéraient le dialogue tant attendu sur la stabilité du pays et les questions politiques brûlantes et de grande importance. La question du financement des partis politiques, si cruciale soit-elle pour garantir la pluralité et la vie politique, aurait pu intégrer un débat plus large.

Depuis trop longtemps, assez pour être inquiétant, nous vivons la cacophonie des extrêmes. Quand des composantes politiques, syndicales, académiques, entre autres, revendiquent, nous ne pouvons pas ignorer que la crise n’est jamais trop loin. Et, par delà les argumentaires des protagonistes et des justes raisons politiciennes, un pays s’essouffle, incapable de rouvrir les portes de toutes ses facultés, de mettre les agents de la justice au travail et de s’entendre sur un budget qui, de toute façon, doit-être mis sur la table de manière récurrente chaque année.

Au journal le National, nous sommes en droit et nous n’arrêterons d’espérer l’offre du dialogue, d’où qu’elle vienne. Ce dialogue devra être un exercice consensuel entre des Haïtiens, égaux en droits et en « raisons » pour débattre sur tous les sujets qui fâchent et sur ceux surtout qui visent la consolidation des acquis politiques les moyens pour relever les défis de la croissance.

La commission sur le financement des partis politiques pourrait permettre d’identifier les contraintes à la prise d’effet des dispositions promulguées. Toutefois, elle ne pourra pas se limiter à son mandat. Parmi les dizaines de partis qui ont participé à la rencontre du 11 octobre 2017, certains ne sont ni au pouvoir ni derrière les barricades. À la faveur des rencontres à venir, ces partis peuvent proposer aux protagonistes et à la nation plus qu’un mécanisme de distribution de subventions publiques. Ils peuvent se placer contre la perte du bon sens en permettant au pouvoir et à l’opposition active de développer la capacité de digérer et de vivre avec les propositions contradictoires.

N’est pas lâche et sans colonne vertébrale celui qui cherche l’acuité du dialogue. Les yeux dans les yeux, pour répondre aux défis gigantesques de la construction d’un pays, nôtre, après tout.

Pour inventer un cycle de confiance,il faudrait commencer par discuter de nos désaccords.

Jean-Euphèle Milcé

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