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Le SRI pour augmenter la production rizicole dans l’Artibonite

07 août 2016, 8:19 catégorie: Economie4 445 vue(s) A+ / A-

Le SRI pour augmenter la production rizicole dans l’Artibonite.

 

Depuis plusieurs années, pour essayer d’accroître la production rizicole, certains chercheurs utilisent une technique dénommée Système de Riziculture intensive (SRI). Le système est perçu comme une réponse au phénomène de changement climatique. En Haïti, dans la Vallée de l’Artibonite plus précisément, des techniciens s’apprêteraient à expérimenter le SRI selon des responsables.

Selon les instigateurs, le SRI est la combinaison sol-eau-plante-lumière de manière harmonieuse permettant à la plante d’exprimer son potentiel de production caché par les pratiques inappropriées. En termes clairs, il s’agit de produire le riz avec très peu de semences, d’eau, d’engrais, sur un sol riche en matière organique et bien aéré. Depuis plus d’une décennie, le SRI fait l’objet d’études et d’évaluation de la part des scientifiques et des riziculteurs dans d’autres pays. Ce nouveau système d’intensification du riz, a-t-on constaté, change la pratique traditionnelle de la riziculture en augmentant la production. Les Haïtiens veulent faire l’expérience. 

L’ingénieur-agronome Carl Edwige Silas, expert en production végétale, opérant dans la Vallée, a rappelé que certaines pratiques faites depuis des centaines d’années par des paysans à travers le monde pour planter le riz ont malheureusement réduit le potentiel naturel du riz. Ce nouveau système de production intensive du riz améliorera la technique conventionnelle de la riziculture en rendant au riz ses possibilités de production maximale, a-t-il dit. « Cette nouvelle technique pourrait permettre une amélioration dans la production rizicole dans le département », a avancé l’expert en production végétale, rappelant d’un autre côté que les 32 000 hectares irrigables actuellement dans la Vallée peuvent être totalement irrigués à partir de cette nouvelle initiative.

Une bonne préparation du sol est souhaitée pour avoir un bon rendement en général, mais dans le cas du SRI cette opération est indispensable à cause du développement spectaculaire des racines. Les premiers 20 cm doivent être bien ameublis selon des informations recueillies. Les différentes opérations à faire sont : (i) le labour (ii) la mise en boue (iii) le planage de la parcelle. Ces différentes opérations débutent un mois à l’avance et doivent finir une semaine avant le repiquage. Le labour se fait au minimum entre deux et trois jours après pré-irrigation ou après les premières pluies. Si une bonne pré-irrigation est faite, les paysans peuvent attendre jusqu’à une semaine avant le labour, ce qui permettrait une première lutte contre les mauvaises herbes. Après leur germination, elles seront enfouies, en même temps que le fumier épandu.

Le nivèlement de la parcelle doit être bien fait, car le système d’irrigation est l’alternance de l’irrigation et le dessèchement de la parcelle. On peut utiliser les équipements ordinaires, la barre de planage ou le motoculteur. Le nivelage peut se faire avec un bois de 4 à 6 mètres, qui est tiré à travers la boue. On peut aussi utiliser les herses ou les dos de herses. Le bois est tiré à travers la parcelle en grattant les élévations et en remplissant les trous pour obtenir une surface de sol bien nivelée. Dans des petites parcelles, ou des parcelles déjà bien nivelées, on peut procéder au nivelage avec des bêches/râteaux lorsqu’il y a une mise en boue.

La fertilisation est fondamentalement basée sur l’utilisation en quantité de la fumure organique. On recommande d’appliquer entre 10-15 tonnes/ha. La fumure minérale est utilisée seulement pour corriger les déficits nutritionnels. « Dans la pratique la dose 1/3 des quantités habituelles n’a pas été dépassée. La fumure organique enrichit le sol et améliore sa structure, surtout dans les périmètres irrigués où le lessivage du sol est très important par la quantité d’eau utilisée et mal drainée. La fumure est appliquée avant le labour qui permet son enfouissement dans le sol », explique Clément Sanozier, spécialiste en phytotechnie. Ce même volet devrait être articulé dans le projet « Chanje lavi plantè » dans la 5e section communale de Bocozèle, selon les responsables du projet lors du lancement de la campagne de riz la semaine écoulée.

 

Le principe de l’irrigation dans le SRI est l’alternance de l’irrigation et de l’assèchement. La lame d’eau étant principalement utilisée pour contrôler les adventices (mauvaises herbes) n’est pas conseillée. Ce système d’irrigation commence à partir de la deuxième semaine. On envoie de l’eau qui imbibe bien le sol jusqu’à une lame de 2 cm. On arrête l’irrigation en laissant le sol se dessécher jusqu’à l’apparition des fissures sur le sol, c’est-à-dire à la demande du sol. Au stade de la floraison, on doit maintenir une légère lame de 2-3 cm.

 

Les techniciens ont avancé quelques-uns des avantages liés au SRI. Ils citent par exemple économie de semences de plus de 80 %, économie d’engrais, économie d’eau, environ 35 %, économie de main d’œuvre dans le désherbage plus de 70 %, économie de temps dans le cycle de production (2-3 semaines), augmentation du rendement de 35 % — 100 %, faibles coûts de production (économie de semences, engrais, main-d’œuvre…). Il y a également des contraintes. Citons effet psychologique du changement, l’utilisation en quantité de la fumure organique, opérations de repiquage sont minutieuses pour le début, et le planage est indispensable. Tout ça dépend de l’étude du sol.

 

Le SRI c’est l’avenir de petits exploitants agricoles, selon un cadre du ministère de l’Agriculture contacté sur la question. Avec le SRI, « c’est produire mieux et gagner beaucoup plus d’argent », a-t-il argué. Toutefois, les paysans ont avancé que le SRI exige trop de travail.

 

Therno N. A. Sénélus

 

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