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Guy Philippe, sénateur élu arrêté !

05 janvier 2017, 11:35 catégorie: Actualité8 534 vue(s) A+ / A-

Le sénateur élu de la Grand’Anse, Guy Philippe (3e gauche),

à l’aéroport Toussaint Louverture, le 5 janvier 2017.

 

Le sénateur élu de la Grand’Anse, Guy Philippe, a été arrêté par des policiers de la Brigade de lutte contre le trafic de stupéfiants (BLTS) le jeudi 5 janvier. Il serait, avec la complicité des autorités policières du pays, extradé vers les États-Unis d’Amérique où il fait l’objet d’un mandat d’arrêt pour son implication présumée dans le trafic illicite des stupéfiants, apprend-on.

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe. Le sénateur élu de la Grand’Anse a été arrêté par des agents des forces de l’ordre de la BLTS, une unité de la police nationale d’Haïti (PNH). Selon plusieurs témoins, l’ex-commissaire de la PNH a été appréhendé par ces policiers devant les locaux de la radio Scoop F.M dans laquelle il a participé à une émission au côté d’un autre sénateur élu de ce département, Sorel Jacinthe. Tous deux, muni chacun, d’un parchemin et d’une copie du Journal officiel Le Moniteur fraichement délivrés par le CEP.

Aucun indice ne présageait pourtant une telle situation. À en croire le député de Pestel, Ronald Étienne, le sénateur élu, au moment de quitter les locaux de cette station de radio, a été acclamé par un groupe de ses sympathisants. Puis c’est le choc. Brusquement, plusieurs véhicules de différentes unités de la PNH dont la BLTS, raconte le député, ont encerclé le périmètre où se trouvaient Guy Philippe et plusieurs membres du Consortium, bannière sous laquelle le natif de Pestel est élu. Et tout à coup, des rafales de tirs à l’arme automatique retentissaient. Certains policiers, poursuit-il, ont même tiré à hauteur d’homme en demandant aux passants de vider les lieux. C’était la panique, se désole-t-il.

Dans la même veine, l’évêque Roméus Guy, membre du Consortium, raconte que les policiers se sont précipités en dégainant leurs armes à feu en direction de Guy Philippe. Ce dernier serait bousculé au moment où ces agents procédaient à son arrestation. Aucune riposte des gardes du corps du sénateur élu compte tenu du fait que le rapport de force était visiblement défavorable. En guise d’explication, l’évêque n’y va pas par quatre chemins : « il s’agit bien d’une affaire planifiée. Certains candidats perdants sont à la base de cette arrestation qui participe d’un plan pour mettre hors d’état de nuire d’autres personnalités politiques dont le président élu Jovenel Moïse », a-t-il lâché, mécontent.

Outre la réaction des témoins, des politiques dont le candidat à la présidence malheureux au scrutin du 20 novembre, Jean Henry Céant, dit être révolté contre cette arrestation. Dans le même ordre d’idées, Me Céant inscrit cet acte dans une perspective d’attaquer le président élu Jovenel Moïse sous le prétexte du dossier relatif au blanchiment d’argent fomenté par l’Ucref contre le 58e président d’Haïti. Le leader de « Renmen Ayiti » accuse le président provisoire Jocelerme Privert qui serait l’un des principaux artisans de cette arrestation.

Vers l’extradition de Guy Philippe ?

Emmené à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), certains parlementaires ont tenté de voler au secours de l’élu de la Grand’Anse. Toutefois, Guy Philippe n’y serait pas. Celui qui ferait l’objet d’un mandat d’arrêt international pour son implication présumée dans le trafic de stupéfiants était sur le point d’être extradé vers les États-Unis d’Amérique pour répondre de ses actes devant la Justice. Ces parlementaires se seraient, du coup, rendus à l’aéroport international Toussaint Louverture pour tenter d’empêcher éventuellement aux autorités policières haïtienne et américaine de faire embarquer l’ex-militaire des Forces armées d’Haïti.

Hormis ces charges retenues contre lui, M. Philippe avait aussi des démêlées avec la Justice haïtienne. Le Bureau des affaires criminelles (BAC), une entité de la DCPJ, après avoir mené son enquête sur l’attaque perpétrée conte le commissariat central, la prison civile et l’unité départementale de maintien d’ordre (Udmo) du Sud dans la nuit du dimanche 15 au lundi 16 mai 2016, a conclu que Guy Philippe et vingt-etun individus étaient impliqués dans cette affaire. En conséquence, le rapport du BAC a recommandé que des mandats d’amener soient émis contre ces individus en question.

 Certaines sources proches du Journal ont révélé que, grâce à l’habileté de ses avocats, le candidat au Sénat d’alors a pu être entendu discrètement par un juge siégeant à Jérémie. D’autres, en revanche, racontent qu’il ne s’est pas présenté compte tenu du fait qu’il était couvert par l’immunité que lui a conférée le décret électoral du 2 mars 2015. Ce texte, en effet, stipule en son article 287 que : « durant toute la campagne électorale, aucun citoyen dont la candidature a été agréée par le CEP ne peut être l’objet de mesures privatives de liberté qu’en vertu d’une condamnation définitive sauf en cas de flagrant délit ».

Élu au Sénat lors des Législatives partielles du 20 novembre, Guy Philippe avait pourtant annoncé les couleurs. Peu de temps après avoir reçu son certificat décerné par le CEP, l’ex-chef rebelle armé ayant conduit à la chute du régime de Jean Bertrand Aristide en 2004, a fait savoir qu’il allait combattre la corruption et oeuvrer au rapatriement de la sécurité intérieure et la souveraineté du pays.

Jean Michel cadet

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