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La grève des enseignants bientôt levée

16 mai 2017, 11:31 catégorie: Actualité5 229 vue(s) A+ / A-

Magalie Georges, secrétaire générale adjointe de la CNEH. Crédit
Photo: Alterpresse
Josué Mérilien, coordonnateur général de l’UNNOH.

 

Une bouffée d’air frais pour les élèves des écoles publiques du pays. La reprise des activités semble n’être pas loin. Plusieurs semaines après la grève lancée par les organisations syndicales d’enseignants exigeant, entre autres, le paiement de leurs arriérés de salaire de plusieurs mois, une rencontre a été tenue le 16 mai à la Primature à l’initiative du Premier ministre en vue d’arriver à la reprise des activités dans ces établissements.

Le bras de fer opposant les organisations syndicales d’enseignants est en passe de terminer. Le Premier ministre, Jack Guy Lafontant, semble sortir le grand jeu dans cette démarche. Il s’est entretenu avec les organisations syndicales d’enseignants autour de leurs principales revendications comme la question d’arriérés de salaire et les lettres de nomination. « L’issue s’annonce très prometteuse. On est sur de bonnes pistes quant à un dénouement de la crise », a fait savoir la secrétaire générale adjointe de la Confédération nationale des éducatrices et éducateurs haïtiens (CNEH), Magalie Georges, lors d’une entrevue exclusive accordée au National, le mardi 16 mai 2017.

D’après la syndicaliste, la rencontre n’a pas terminé. Elle devra reprendre le mercredi 17 mai dans le même espace. À son avis, les discussions ont été houleuses. Elles sont déroulées autour des doléances des enseignants. La question d’identification des enseignants n’étant pas encore nommés dans le système et celle relative à l’ajustement salarial pour ceux travaillant dans les 1er et 2e cycles du fondamental. Le dernier point, fait-elle remarquer, a été le point de discordance qui fait référence au salaire de ces éducateurs se situe dans une fourchette de 11 à 13 mille gourdes.

 La majorité des organisations syndicales étaient présentes à cette rencontre. À titre d’exemple, elle a cité, entre autres, l’Union nationale des normaliens et éducateurs d’Haïti (Unnoeh), la Fenatec, le Coneh, le Giel et la Confédération nationale des éducatrices et éducateurs haïtiens (CNEH). La majorité avait répondu à l’invitation du chef du gouvernement. Question de trouver une solution à cet épineux problème confronté par le système éducatif depuis des lustres. Plusieurs parlementaires, membres de la Commission Éducation de la Chambre des députés, y ont pris part également à l’exception de l’Union nationale des normaliens haïtiens (Unnoh) qui était brillée par son absence.

 L’Unnoh assume et critique

 Pour cause, l’Unnoh critique la manière dont la rencontre a été annoncée. Son coordonnateur général, Josué Mérilien, n’a pas mâché ses mots contre la nouvelle équipe gouvernementale, notamment le Premier ministre. Celui-ci, affirme-t-il, est un « bluffeur ». Il n’a pris aucune disposition administrative réelle permettant de contribuer au déroulement de cette réunion dans les médias du pays. Il s’apprête à mater le mouvement des organisations syndicales. Il n’a acheminé aucune correspondance aux représentants des différentes structures concernées. Ce qui leur permettrait d’y prendre part convenablement et discuter des véritables problèmes confrontés par les enseignants. Au contraire, il a agi comme bon lui semble en dehors des règles élémentaires comme s’il s’agissait du n’importe quoi.

Pour lui, la démarche du chef du gouvernement est une vaste plaisanterie. Jack Guy Lafontant, souligne-t-il, fait montre de son incapacité à mesurer l’ampleur des revendications des enseignants et des élèves évoluant dans des conditions exécrables dans le système éducatif. Cela témoigne aussi de la volonté des autorités de ne pas moderniser l’enseignement dans le pays. Pourtant, il parvient à mettre en place en place un comité destiné à inviter des structures qui seraient proches du pouvoir. En signe de contestation, il annonce la tenue d’une manifestation ce mercredi 17 mai 2017, à l’occasion de la célébration de la journée nationale des enseignants. Ces derniers, affirme-t-il, exigeront des autorités de meilleures conditions de travail.

 Les autorités ne s’en tiennent qu’à leurs poches. À en croire le syndicaliste, les dirigeants se moquent des enseignants. Ces derniers réclament leurs arriérés de salaire depuis tantôt cinq ans. L’actuelle administration n’en a cure. Pourtant, elle a décaissé une enveloppe de 197 millions de gourdes destinée au lancement d’un « prétendu programme baptisé Caravane du changement » le 1er mai dernier. Sans compter la mobilisation des fonds de l’ordre de 29 millions de gourdes aux sénateurs, dont un million à chacun d’entre eux et 350 000 gourdes à chaque député en subvention pour leur saison pascale. Ce qui fait au total un montant de 76 millions de gourdes issues des fonds du Trésor public.

 Reynold Aris

 raris@lenational.ht

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