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La grève de la faim des étudiants de l’ENS continue

15 février 2017, 10:56 catégorie: Actualité6 027 vue(s) A+ / A-

Pour décrire la situation à l’HUEH, le 14 février 2017. | Photo : Ruben Chéry

 

 La situation des étudiants grévistes de l’École normale supérieure (ENS) se détériore. Deux de ces étudiants ont été transportés d’urgence à l’hôpital Plurimedic. Après Apanella Borgelin qui s’était évanoui au cours de la journée du mardi 14 février, Gorbanais Jérôme est le nom de l’autre étudiant, tombé en syncope au cours de la matinée du mercredi 15 février. Ces étudiants qui sont en train de recevoir des soins médicaux ont donné l’assurance qu’ils retourneront sur les lieux pour continuer la grève.

Ces étudiants ont entamé cette grève depuis environ une semaine. Soutenus par leurs pairs de l’École normale supérieure, ils ont monté leur base à l’intérieur des locaux logeant le programme de maitrise de l’ENS. « Ici, grève de la faim des étudiants victimes de la décision arbitraire des membres du directoire de l’ENS », est le message qu’on peut lire sur des affiches placardées sur les murs de la galerie où est allongé Isaac Labonté, l’unique étudiant retrouvé sur les lieux de la grève de la faim.

Plusieurs autres messages ont été adressés aux concernés sur d’autres affiches placardées également sur les murs de la galerie. Dans ces affiches, les étudiants de l’ENS ont menacé d’attaquer les locaux de l’université Quisqueya (UNIQ). Car, selon eux, les dirigeants de l’ENS sont en train de négocier avec ceux de l’université Quisqueya en vue d’utiliser les locaux de l’université Quisqueya pour la tenue des cours du programme de maitrise en attendant la fin de cette grève.

 Ces étudiants sont en grève pour dénoncer l’exclusion de 17 étudiants finissants de l’ENS, a fait savoir Guerry Désir, étudiant finissant en sciences sociales à l’ENS. Dans ses explications, Guerry Désir a raconté qu’au départ, ils étaient 19. Deux ont été réintégrés après avoir été humiliés et forcés de présenter des lettres d’excuses pour des actes qu’ils n’ont pas commis. Quant aux 17 autres, deux sont exclus définitivement et certains autres pour deux à quatre années.

La cause occasionnelle de cette exclusion, explique Guerry Désir, est l’ensemble des mouvements entamés par les étudiants finissants de l’ENS par-devant les locaux du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENP) en vue de pousser les autorités du MENFP à respecter l’accord de stage avec possibilité d’emploi entre cette institution et l’ENS. N’ayant aucun rapport avec les étudiants dans le cadre de cet accord, le ministre Jean Beauvois Dorsonne avait exigé la présence des dirigeants de l’ENS pour le suivi du dossier.

La déclaration du ministre a poussé les étudiants à exiger que les membres de la direction de l’ENS prennent en main leur responsabilité. Le mouvement a été délocalisé. La cible était alors devenue les locaux de l’ENS où est logé le programme de maitrise et provisoirement, les bureaux des membres du conseil de direction. Plusieurs mouvements pour stimuler le conseil ont été organisés dans les locaux logeant le programme de maitrise. Mais un jour, raconte Guerry Désir, la situation a mal tourné. Les autorités ont intimé l’ordre aux autorités de la Police nationale d’Haïti (PNH) de mettre à la porte l’ensemble des étudiants grévistes, ce qui avait aggravé la situation. Au cours des affrontements avec les agents de la PNH, des dommages collatéraux ont été produits. Guerry Désir déplore le fait que 17 étudiants sont en train de payer les frais pour des dommages qui ont été causés dans un mouvement collectif.

 Evens Régis

 

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