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Le gouvernement a apposé son autorité, selon Jude Alix Patrick Salomon

13 mars 2018, 9:51 catégorie: Actualité4 121 vue(s) A+ / A-

Le ministre des Finances, Jude Alix Patrick Salomon.

 

« Toute absence au poste enregistré à partir de mercredi 14 mars sera considérée comme absence non motivée, et les décisions qui s’imposent ne feront pas attendre », a déclaré, en fin d’après-midi du 13 mars, le ministre de l’Économie et des Finances, Jude Alix Patrick Salomon. Il faut comprendre que la grève a été levée sans qu’une entente réelle ait été trouvée entre les deux parties. Le porte-parole de l’Association des douaniers haïtiens, Michelson Nelson, tente de faire croire le contraire, mais le ministre des Finances affirme que c’est l’autorité de l’État qui a prévalu dans le cadre de ce dossier.  

Aucun communiqué n’a été rendu public pour annoncer la levée de la grève. Le porte-parole, Michelson Nelson, a fait savoir qu’il s’agit d’un problème de communication. Réalisant que le document du projet de statut particulier devrait faire son parcours à l’Office de management et des ressources humaines (OMRH), les agents douaniers ont choisi de collaborer et attendre les suivis. Si pour les agents grévistes, une entente a été trouvée pour que les grévistes travaillent de concert avec l’OMRH, le ministre de l’Économie et des Finances a fait savoir que cette grève était infantile et illégitime. Aucune entente, dit-il, n’était possible avec ces agents douaniers. Par conséquent, l’État a utilisé son autorité. La décision d’enlever les permis de port d’armes est maintenue, et le statut particulier, principal motif de la grève, sera publié en octobre. Ce que les grévistes redoutaient.

Hier encore, malgré un manque à gagner un quotidien de 150 millions de gourdes enregistré par l’État haïtien depuis la grève des douaniers, qui attendaient une main tendue des autorités, la situation reste inchangée.

En guise de réaction, le Premier ministre Jack Guy Lafontant avait mis sur pied une « commission spéciale » composée des ministres de l’Économie et des Finances, de l’Intérieur, des Affaires sociales, de la Police nationale, du commissaire du gouvernement, du coordonnateur de l’OMRH, du directeur général de la douane et de Guichard Doré, conseiller spécial du chef de l’État, avec pour mission de résoudre la crise.

Dans une opération baptisée « bra kwaze », les agents douaniers avaient maintenu la mobilisation après deux semaines environ du début du débrayage. Selon les responsables de la mobilisation, les agents n’avaient pas l’intention de reprendre le travail tant que leurs revendications ne seraient pas satisfaites. Ils attendaient tous la publication dans le journal « le Moniteur » le statut particulier des agents douaniers.

Le gouvernement avait tenu tête en refusant d’entamer des négociations avec les grévistes. La décision de révoquer le permis de port d’armes des agents grévistes a été maintenue. « Les agents douaniers grévistes n’auront plus accès à leurs armes. Cette décision a été prise en vue d’éviter toute utilisation de ces armes dans ce mouvement, ce qui pourrait déboucher sur des scènes regrettables », précise la note du MEF.

Le statut particulier que réclament les grévistes est, selon eux, un droit qui leur permet de lutter contre la tentation de céder à la corruption. « Si nous sommes agents douaniers, nous sommes mal payés, pourtant des particuliers nous font des offres, comment pourrons-nous résister dans de telle situation », ont déclaré les grévistes. Pourtant, ils vont retourner au travail sans la publication de ce fameux statut à la base de ce mouvement qui a laissé une facture salée à l’économie haïtienne déjà fragile. Huit cent mille vaccins destinés pour une campagne de vaccination étaient bloqués à la douane, pas moins de huit usines ont déjà fermé leurs portes. Dans le Nord, l’usine de Caracol risquait également de cesser ses activités.

Marc Sony Pierre

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