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Fin de partie pour la troisième édition du festival Cinécolo

12 mars 2018, 8:04 catégorie: Culture2 999 vue(s) A+ / A-

Les invités d’honneur et des membres du comité du festival./Photo : Messerne Sagesse.

 

La troisième édition du festival Cinécolo, le Festival de films sur l’environnement, a pris fin, le 3 mars 2018 dans le pays. Le National a rencontré l’un des organisateurs Messerne Sagesse. Il a profité de cet entretien pour faire le bilan de cette troisième édition et en dégager les perspectives d’avenir.

Le National : Quel bilan pouvez-vous tirer de la troisième édition de Cinécolo ?

Messerne Sagesse : Malgré les multiples difficultés auxquelles nous faisons face pour cette édition de Cinécolo-HAITI, je peux vous dire que nous sommes satisfaits de ce que nous avons projeté et réalisé. Trois choses peuvent l’expliquer de manière succincte :

Le renforcement des liens en matière de coopération régionale entre Haïti, Guadeloupe et Martinique. D’autant que nous sommes plus rapprochés des îles de la Caraïbe que ce soit en matière linguistique et géographique.

En trois ans, nous avons eu l’ultime chance d’atteindre plus d’une trentaine de communes différentes les unes des autres malgré nos maigres moyens. Ce qui attire notre attention, c’est que nous sommes un festival conçu et instauré dans un pays difficile. Je vous assure qu’Haïti est plus que difficile !

Notre capacité à attirer l’attention des institutions et personnalités d’ici et d’ailleurs dans cette dynamique de construction d’une transition écologique haïtienne. Nous sommes sur la voie de la réussite, sauf auprès de l’État moribond et rétrograde d’Haïti. Étant donné qu’il n’y a pas d’écologie sans solidarité, nous cherchons le soutien de cette société civile consciente et responsable en matière de lutte pour la mise en place des bases visant l’instauration et la promotion d’une transition écologique haïtienne, notre credo.

L.N. : Les attentes du public ont-elles été comblées ?

M.S. : Je dois vous dire sincèrement que les bénéficiaires constituent la grille d’évaluation des retombées du festival. En fonction de ce qu’on a eu comme impact, je peux vous avouer que nous sommes sur la bonne voie. La création des clubs écologiques dans des communes comme Verrettes, L’Estère, Saint-Marc, etc. peuvent en témoigner. La population haïtienne est en quête d’initiatives innovantes et porteuses en matière de l’environnement. Et ça, Cinécolo-Haïti l’a bien compris.

L.N. : 20 villes et 8 départements d’Haïti ont été touchés dans le cadre de cette 3e édition du festival ?

R. Au contraire, nous avons atteint plus que ça. Dans notre programmation, nous n’avons pas prévu des activités dans des villes comme Grand Gosier, Belladère, etc. Cependant, elles ont été des bénéficiaires. Personnellement, j’ai eu l’occasion d’intervenir auprès des jeunes universitaires et écoliers dans ces deux communes afin de les sensibiliser sur la question de responsabilité citoyenne en ce qui a trait à l’environnement. Donc, cette édition a impacté plus que les vingt villes prévues dans la programmation du festival. Au fait, Cinecolo-Haïti n’est pas seulement un festival haïtien et en Haïti, mais aussi l’affaire de tous les citoyens et citoyennes interpellés par la cause environnementale du monde entier et celle d’Haïti en particulier. Nous sommes un carrefour jouxtant les réflexions relatives à une transition écologique, surtout caribéenne.

L.N. : Quelles seront les retombées positives à court, moyen termes que les bénéficiaires pourront en tirer ?

M.S. : En matière de lutte pour la protection de l’environnement et la préservation des ressources naturelles, il n’y aura pas d’autres retombées plus positives qu’un ré (harmonisation) entre l’être humain et la nature. À travers les films, les conférences et d’autres activités réalisées dans le cadre de ce festival, nous sommes convaincus que la mission bat son plein. À court terme, nous sommes flattés par la spontanéité manifeste des gens qui n’avaient aucune relation avec un film documentaire, encore moins un film, qui n’est pas de l’industrie cinématographique américaine, généralement appelé films d’action. Dans une perspective à moyen terme, les collectivités territoriales constituent le maître mot. Des échanges ont eu lieu dans cette perspective entre des acteurs locaux et internationaux en vue de développer des projets de coopération dans le domaine de l’environnement notamment du tourisme alternatif. J’espère que chaque mairie du la République soit forte et en mesure d’assumer ses responsabilités dans le cadre d’un projet global de développement durable.

L.N. : Quels sont les moyens que vous allez mettre en place pour réaliser tous vos objectifs ?

M.S. : Il faut souligner que nos moyens sont extrêmement limités. Nous sommes un festival soutenu par la communauté française disons, l’ambassade de France en Haïti, l’Institut français, le réseau des Alliances françaises, la DEAL (Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement) en Guadeloupe et le Terra festival. Notre seul partenaire financier d’Haïti est la FOKAL, à qui nous adressons nos remerciements chaleureux. Tout comme on avait commencé, nous allons continuer à développer des stratégies nous permettant de pérenniser ce festival malgré les conditions précaires dans lesquelles nous évoluons. C’est pourquoi nous avons mis une attention particulière sur nos ressources humaines. Heureusement, nous sommes bien entourés par une équipe hyper motivée pour ce projet.

L.N. : Parlons des projets et perspectives pour les années à venir.

M.S. : Nombreux sont les projets qui façonnent l’équipe de Cinécolo d’autant ce festival est gérer par la fondation Cinécolo-Haïti, une fondation qui s’inscrit au carrefour de l’écologie sociale, humaine et politique. Donc, pour les années à venir, nous avons d’autres projets innovants au niveau de la fondation. En attendant la sortie d’un film documentaire sur cette troisième édition du festival, nous donnons rendez-vous à notre public pour l’été 2018 pour la deuxième édition de l’université verte, notre université d’été sur l’écologie.

Propos recueillis par :

 Schultz Laurent Junior

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