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Festi Graffiti réinvente l’espace public haïtien pour sa 3e édition

13 septembre 2018, 10:21 catégorie: Société8 300 vue(s) A+ / A-

Du 12 au 21 septembre 2018, se tiendra, dans cinq zones du département de l’Ouest (Bicentenaire, Bas peu de chose, Boulevard Jean- Jacques Dessalines, Bel-Air et sur la place St-Anne), le festival Graffiti. Cette année, pour la troisième édition du festival Graffiti, le Collectif pour la promotion des arts urbains et de l’art contemporain (CPAUAC), organisateur de cet événement, a décidé de « Réinventer l’espace public », thème ayant été retenu dans le cadre du déroulement des différentes activités qui visent à changer la perception du public en ce qui a trait au street art. « Le festival Graffiti est à la fois une vitrine de la création graphique et visuelle haïtienne dans la rue. Il est un espace d’expression et de médiation artistiques… », a déclaré Jean Wilder Pierresaint, directeur du festival Graffiti, lors d’une entrevue accordée au journal Le National pour la chronique « À la rencontre de la jeunesse ».

 Le National : Dites-nous-en plus sur Festi Graffiti. Dans quel objectif, le Collectif pour la promotion de l’art urbain et de l’art contemporain (CPAUAC) organise-t-il cette activité ?

Jean Wilder Pierresaint : Festi Graffiti est à la fois une vitrine de la création graphique et visuelle haïtienne dans la rue. C’est un espace d’expression et de médiation artistiques pour les plus jeunes via des ateliers de dessin et de graffiti et de danses urbaines. Il est un carrefour de rencontres entre street artistes haïtiens, caribéens et d’autres régions du monde. L’idée aussi est d’éduquer et sensibiliser le public par rapport au street art. Cette troisième édition du festival international des arts urbains s’inscrit dans le cadre de la revitalisation artistique, culturelle, sociale, commerciale et touristique de Port-au-Prince et de la zone métropolitaine.

Désormais, Festi Graffiti occupe une place parmi les quelques festivals dédiés à la création et à la diffusion artistique nés après les années 2000 fortement dominées par des rapports de force politique entachés par une violence alors devenue endémique et à la suite du séisme de 2010 et de ses conséquences humaines, économiques et sociales désastreuses pour la ville.

L.N. : « Réinventer l’espace public » est le thème retenu pour la troisième édition du festival des arts urbains de Port-au-Prince, pourquoi ce thème ?

J.W.P. : Il illustre la volonté d’une équipe et au-delà de l’ensemble de la population des différents quartiers de Port-au-Prince de retrouver une vie normale, cela signifie pour nous la possibilité de redécouvrir ou d’expérimenter un « nouvel » art de vivre en commun dans la cité. En l’occurrence, ce qui est en jeu est la réinvention de l’espace public. L’espace public est perçu au sens physique du terme (lieux publics), mais aussi au sens anthropologique, à savoir les représentations mentales, affectives relatives aux espaces publics dans la ville, les attitudes et usages qui leur sont liés.

Nous pensons que l’intervention artistique dans les voies et dans les lieux artistiques (places, parcs et jardins, voies publiques) peut non seulement rendre la création artistique contemporaine plus accessible aux publics, mais encore peut produire du rêve, du sens, de la pensée en somme. De ce fait, nous pourrons contribuer à anticiper et à accompagner les mutations matérielles, sociales et économiques pour une ville future viable, démocratique et créative.

L.N. : Sur l’affiche, plusieurs pays sont invités à cette manifestation. Partageront-ils leur savoir sur l’art contemporain et urbain avec nos artistes ?

J.W.P. : En effet, nous avons invité des pays comme l’Allemagne, la Suisse, l’Australie, la Guadeloupe, la France, la République dominicaine et les USA à venir participer à ce festival où nous faisons la promotion du street art. Malheureusement, le Chili aurait dû être de la partie, mais ils ont annulé pour des raisons non mentionnées. Toutefois, nous aurons avec nous des artistes pratiquant cet art qui nous viennent de trois continents : Europe, Océanie, et de l’Amérique. Évidemment, ils auront à partager leur connaissance et expérience du street art. Ces ateliers auront lieu au Centre d’art. Donc muraliste haïtien, il ne faut pas hésiter à venir y prendre part.

L.N. : Où se dérouleront les différentes activités du Festi Graffiti ?

J.W.P. : Du 12 au 21 septembre, nous aurons des performances dans les cinq quartiers susmentionnés, des ateliers à la Fokal et au Centre d’art, nous aurons également une séance de causerie à la Bibliothèque Monique Calixte. Une occasion pour le public de mieux saisir la culture urbaine et les contestations des valeurs dominantes sur ce sujet. J’invite le public à faire le déplacement.

Le National : Quel résultat le collectif attend-il d’une telle activité ?

Jean Wilder Pierresaint : Que cette initiative change la perception du public par rapport au street art qui est considéré comme un art vandale. Nous tenons à valoriser le travail des artistes dans le street art à travers notre festival.

Propos recueillis par :

Laïka Mezil

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