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Du “fatras-naval” à Port-au-Prince ?

11 janvier 2018, 10:21 catégorie: Société7 479 vue(s) A+ / A-

Vue partielle d’une montagne d’ordures à Port-au-Prince.

 

La capitale haïtienne devient actuellement méconnaissable avant le carnaval fixé pour les 11, 12 et 13 février 2018. En effet, elle se trouve dans des conditions insalubres les plus élevées. Des montagnes d’ordures sont disséminées un peu partout dans la zone métropolitaine. Le carnaval national aura lieu vraisemblablement sur les ordures.

Le carnaval national reste et demeure la plus grande fête populaire d’Haïti. Il met en valeur nos produits culturels et artistiques. Et, cette année, c’est Port-au-Prince qui accueille le carnaval national prévu pour les 11, 12 et 13 février prochain, autour du thème : Ayiti sou wout chanjman. Ce dernier a été choisi par les représentants de la présidence et de la mairie de Port-au-Prince après consensus.

En février 2017, cet événement se déroulait aux Cayes. Il avait pour objectif d’aider le Sud dévasté par l’ouragan Matthew, en octobre 2016- à se refaire une santé économique. Bien que la décision d’organiser le carnaval 2017 dans la troisième ville ait été prise tardivement, toute la logistique nécessaire a été mise en place pour accueillir des dizaines de milliers de gens. Les trois jours gras ont été riches en couleur et animés par des chorégraphies et des groupes musicaux. Parallèlement se tenait le carnaval de Port-au-Prince qui a également fait recette.

En fait, c’est une capitale sale qui reçoit le carnaval de 2018. Si les gens se préparent à aller se défouler pendant les trois jours gras, ils doivent aussi se questionner sur la mauvaise condition sanitaire qui sévit à Port-au-Prince.

« La zone métropolitaine se baigne dans la boue, avec des eaux sales et des fatras partout. L’insalubrité ronge le milieu et a de graves conséquences sur ses vivants. Cette situation est alarmante, triste et choquante, pour une capitale à la veille de l’organisation de la plus grande fête populaire du pays », déplorent certains habitants. Le problème porte beaucoup de gens juste à se questionner sur le rôle du Service métropolitain du Collecte des Résidus solides (SMCRS) et de la mairie qui ont conjointement pour mission d’assainir les quartiers insalubres des villes.

Si l’État central et la mairie de Port-au-Prince s’entendent finalement, une bonne organisation du carnaval devra être envisagée. Il y avait une tension suite à l’arrêté présidentiel nommant Youri Chévry comme simple membre d’honneur du carnaval. « C’est clair qu’il a eu de problème entre nous, maintenant tout est entré dans l’ordre après une réunion avec le Président de la République. Les camps ont fait des concessions, mais la grande gagnante est la population, puisque le carnaval se fera selon les normes », raconte le maire principal de la ville de Port-au-Prince.

Le carnaval c’est pour bientôt. Tandis que la capitale trépasse. Rien n’est fait jusque-là sur le plan de propreté pour redorer l’image du milieu qui accueille la plus grande fête populaire d’Haïti. Des promesses sont faites par les responsables pour assainir la ville avant le carnaval. La capitale paraît s’accroupir dans l’insalubrité la plus extrême. Dans tous les coins de rue, les immondices s’amoncellent. Pendant que le carnaval avance, l’insalubrité règne et bat son plein.

Malgré les fêtes de fin d’année et du Nouvel An les autorités n’ont pas jugé nécessaire de nettoyer les rues. Sans conteste, Port-au-Prince a passé ses fêtes avec les pieds dans la boue et les ordures. Va-t-on offrir un fatras-naval à la population ?

Médé Jacky Fontaine

 

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