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FASCH : reprise des activités sous surveillance policière

25 janvier 2018, 10:19 catégorie: Actualité8 622 vue(s) A+ / A-

Des agents de CIMO prennent le contrôle de la FASCH./Photo : Cluford Dubois.

 

Après 11 mois de dysfonctionnement, les responsables de la faculté des Sciences humaines (FASCH), ont procédé, le jeudi 25 janvier, à la réouverture officielle de la faculté. Des agents de police, placés au sein de la faculté suite à la décision du Conseil de l’université (CU), ont facilité le bon déroulement de la première journée d’enregistrement.

Ordinairement ouverte, la barrière principale de la FASCH reste fermée durant la première journée du processus de choix de cours. Depuis la décision du Conseil de l’université, pour pénétrer l’espace, il faut présenter une pièce d’identité. Un backup de policiers du Corps d’intervention et de maintien d’ordre (CIMO), avec au moins une dizaine d’agents, équipés de bâton, arme à feu et de grenades lacrymogènes étaient sur les lieux pour sécuriser l’espace.

Comme c’est le cas dans plusieurs autres entités de l’UEH, la présence des policiers au sein de la FASCH ne fait pas l’unanimité. Parmi les centaines d’étudiants présents soit pour se faire inscrire au cours ou du moins pour retirer leurs cartes d’étudiants, on pouvait lire, notamment à partir de leur registre de discussions, des airs de soulagement et de frustration. À présent, deux groupes d’étudiants existent au sein de la FASCH. Un groupe pro et un groupe contre la présence des agents de police à l’intérieur de l’espace.

Mikenton Jean, étudiant en tronc commun, se dit pour la réouverture de la FASH. Car, avance-t-il, une vingtaine d’étudiants ne peuvent pas empêcher à toute une population d’effectuer leurs études et réaliser leurs rêves. Pourtant, il dénonce la présence des policiers au sein de l’espace. Selon lui, ce n’est pas du tout la meilleure des solutions devant faciliter le fonctionnement de la FASCH. Il a poursuivi pour expliquer que les lois de la République sont contre la présence des forces armées à l’intérieur des entités de l’UEH. Il conseille aux responsables du Rectorat d’assumer leur responsabilité, soulignant que la PNH est là pour sévir contre les fauteurs de troubles.

Si pour Mikenton Jean, la facilitation de la reprise des activités au sein de la FASCH est une bonne décision, c’est tout à fait le contraire pour Roody Joseph, étudiant en sociologie. Ce dernier se dit consterné par la décision du rectorat de placer des agents de la police au sein de la faculté. Pour lui, les responsables du rectorat n’envisagent pas vraiment de résoudre la crise. Il estime que la présence des policiers prouve l’incapacité des dirigeants de l’UEH à résoudre le problème. Il va même plus loin en demandant aux policiers de se retirer de l’enceinte de la faculté.

La présence de ces agents, dit-il, crée un sentiment de peur chez les étudiants. « On ne peut pas apprendre avec la présence des policiers bien armés sur la cour de la faculté », a déploré l’aspirant sociologue qui a également profité de l’occasion pour attirer l’attention des autorités sur les véritables raisons qui ont poussé les étudiants à entamer la lutte pour la réforme de l’UEH. Des professeurs compétents, une bibliothèque bien équipée dans les entités de l’UEH, cafétéria sont, selon lui, parmi les véritables besoins des étudiants.

Bon nombre d’étudiants interrogés par Le National se sont déclarés favorables à une mesure visant à faciliter la reprise des cours sans la présence des policiers. D’autres au contraire admettent la présence des agents dans l’enceinte. C’est le cas d’un étudiant en 3e année en communication sociale qui affirme n’avoir aucun problème avec cette décision du rectorat si toutefois c’est le seul moyen de refaire fonctionner la faculté. Dénonçant le comportement de ses collègues qui veulent prendre l’UEH en otage, cet étudiant requérant l’anonymat, estime que c’est une bonne décision prise par le conseil de l’université.

Rappelons que c’est la commission mandatée pour faire la lumière sur les incidents survenus à la faculté d’Ethnologie qui a fait cette recommandation de placer des forces policières au sein de certaines entités de l’UEH, comme l’École normale supérieure (ENS), la faculté d’Ethnologie (FE) et la faculté des Sciences humaines (FASCH).

Cluford Dubois

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