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Un exemple édifiant pour nos dirigeants

23 octobre 2017, 9:23 catégorie: Édito21 261 vue(s) A+ / A-

Point n’est besoin d’être grand clerc pour saisir la portée d’un exemple d’union nationale montré par les cinq derniers présidents des États- Unis : Jimmy Carter, Georges W. Bush et fils, Bill Clinton et Barak Obama.

En effet, ils ont mis en commun leurs auras présidentiels, pour le succès d’une levée de fonds au profit des victimes des dernières catas­trophes naturelles aux États-Unis et dans la Caraïbe.

Le concert réalisé à cet effet s’est tenu, le samedi 21 octobre 2017, dans l’État du Texas, durement frappé par ces intempéries qui ont occasionné des pertes évaluées à plusieurs milliards de dollars.

À l’occasion de ce « Great Event », baptisé « Du fond du coeur : l’appel d’une Amérique unie », démocrates et républicains ont vu la né­cessité de mettre de côté leurs différends, pour apporter le récon­fort nécessaire à leurs frères et soeurs durement éprouvés par les trois ouragans dévastateurs : Harvey, Irma et Maria. Ces rudes intempéri­es auxquelles s’ajoutent de terribles feux de forêt constituent les pires catastrophes naturelles du siècle connues par les États-Unis.

Les mots de réconfort exprimés en la circonstance par la chanteuse Lady Gaga, une des généreuses donatrices à cette soirée-bénéfice, sont allés droit au coeur des nombreuses victimes, en disant : « Dans ces moments de catastrophe, nous mettons tous nos différends de côté, pour nous rassembler. Notre survie dépend de notre capacité à nous unir ».

En Haïti, depuis bientôt dix ans, nous faisons face à des catastro­phes naturelles, allant du terrible tremblement de terre de 2010, aux dernières intempéries de 2016 et 2017. Si nous avons de la peine à nous relever de nos malheurs, ce n’est pas tant par manque de ressourc­es matérielles, mais bien par absence de sentiment d’appartenance à un pays qui est nôtre et dont la devise est pourtant « L’UNION FAIT LA FORCE ».

Parlant à un des présidents américains accourus au Texas pour cette grande manifestation de solidarité nationale américaine, un homme s’est ainsi exprimé : « Les gens d’ici ont été blessés, mais on a plus d’amour que d’eau ». Cette eau dont il parle peut bien être la somme de pluies qui se sont abattues sur cet État américain, mais aussi les larmes versées par les nombreuses familles éprouvées. Avoir plus d’amour que d’eau résume tout : c’est la solidarité de l’un envers l’autre qu’on a vue en Haïti au cours du séisme , mais qui n’a duré que le temps d’une émotion.

Chez nous, le slogan « L’union fait la force », qui vibre chaque jour dans les plis de notre emblème national, n’a toujours été qu’une phrase banale, sans nulle résonance positive dans notre âme de peu­ple. Le terme « FORCE » conviendrait mieux pour traduire cet «effort dans le mal» qui caractérise notre vécu de tous les jours. Il se révèle plus inspirant pour nous de nous unir par milliers pour détruire et non construire. Imaginons un seul instant ce que serait l’application positive de notre devise nationale. Nous aurions réédité 1804 et fait mentir les stéréotypes peu flatteurs qu’on nous accole dans la Cara­ïbe. Une prise de conscience nationale et la mise en commun de nos idées-forces peuvent donner au pays l’impulsion nécessaire pour se développer.

Dirigeants haïtiens, passés et présents, vous savez comment résister au chant des sirènes et ne pas céder aux pressions d’où qu’elles vien­nent, mais cette forme silencieuse de désaveu gouvernemental qu’est le départ de la jeunesse vers des rives plus clémentes, n’est-elle pas récurrente depuis des décennies? Que vienne le temps d’une prise de conscience gouvernementale en Haïti!

Mérès M. Weche

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