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Etzer Émile appelle à la responsabilité haïtienne

13 novembre 2017, 9:54 catégorie: Economie3 303 vue(s) A+ / A-

« Haïti a choisi de devenir un pays pauvre », tel est le titre du premier livre d’Etzer S. Émile dont la vente signature aura lieu le mercredi 15 novembre 2017, à l’hôtel Marriott. Dans cet ouvrage, l’économiste analyse avec rigueur les vingt raisons du choix d’Haïti comme un pays pauvre.

C’est le tout premier livre du professeur Etzer S. Émile qui, bien avant, a publié des articles dans les colonnes des journaux du pays. Et aussi de rappeler, sa thèse de maîtrise qui a été publiée par plusieurs journaux académiques à l’étranger. Pour l’heure, il se lance dans l’analyse des faits saillants d’actualités économiques.

Publié par les presses de l’Université Quisqueya, l’ouvrage d’Etzer S. Émile est préfacé par l’ancien gouverneur de la Banque de la République d’Haïti (BRH), l’économiste Fritz Alphonse Jean. Le natif de Cavaillon (Sud) table sur des données socio-économiques et politiques existantes pour justifier les vingt raisons évoquées dans le livre du choix d’Haïti comme un pays pauvre. Notre survol de lecture nous amène à préciser que l’ouvrage n’est pas un livre de solution. Toutefois, il propose des pistes de solution dans chaque chapitre. C’est un livre qui dans sa globalité lance la sonnette d’alarme aux filles et fils d’Haïti à se responsabiliser face à cette situation criante. C’est aussi, dans le grosso modo, un livre qui fait le bilan de nos choix, comportements et actions au cours des trente dernières années.

L’autre intérêt du travail du jeune économiste est de montrer la responsabilité des Haïtiens dans l’état de pauvreté du pays. « En choisissant le titre « Haïti a choisi de devenir un pays pauvre », nous affirmons que la responsabilité de notre situation est d’abord et principalement la nôtre, sans vouloir minimiser l’implication de la Communauté internationale, notamment celle des « pays amis » dans la dégradation du niveau de vie en Haïti.

Dans tous les écrits du livre, Etzer S. Émile jongle avec les chiffres pour élucider l’état de la situation actuelle du pays. Utilisant une définition de la Banque mondiale, il rappelle qu’un pays est pauvre s’il affiche un revenu annuel par habitant inférieur à 1 600 dollars américains. Pour étayer, selon ce mode de calcul, Haïti affiche en 2016 un niveau de 739 dollars américains de revenu par habitant (Banque mondiale, 2016), ce qui nous classe absolument dans la catégorie des pays pauvres. Par ailleurs, outre cet indicateur de PIB/per capita, l’indicateur du revenu par jour est aussi utilisé par la Banque mondiale. En effet, selon cette même approche, l’économiste fait savoir que la pauvreté est massive en Haïti avec 59 % de la population vivant avec moins de deux dollars américains de revenu en PPA per capita/jour14.

« Nous avons fait des choix de déstabilisation et de destruction. Nous avons choisi l’improvisation au détriment de la planification. Nous avons choisi le désordre au détriment de la bonne gouvernance. Nous avons choisi de couper la branche sur laquelle nous sommes assis », martèle l’analyste économique dans la conclusion de son ouvrage. En dépit de cela, Etzer S. Émile croit qu’Haïti a une chance de sortir de la pauvreté. « C’est une opportunité à ne pas rater », dit-il. Cela nous demande, poursuit-il, de faire autrement, de vivre autrement, de diriger autrement et de nous comporter autrement.

Ainsi, parmi les vingt raisons mentionnées dans l’ouvrage du professeur Émile, la vingtième alléguée pourrait captiver l’attention de plus d’un. Elle se lit ainsi : « Nous avons peur de réussir ensemble ».

Tout compte fait, M. Émile rêve d’une Haïti qui renaît de ses cendres pour son redressement et développement économique…

Therno N. A. Sénélus

 

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