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Des étudiants de l’UEH en colère

07 février 2018, 10:59 catégorie: Actualité3 300 vue(s) A+ / A-

Une vue de la manifestation.

 

Plusieurs dizaines d’étudiants de l’Université d’État d’Haïti (UEH) ont gagné les rues de la capitale, le mercredi 7 février 2018, en vue de dénoncer la corruption qui sévit dans le pays et appeler à la démilitarisation de la faculté des Sciences humaines (FASCH) occupée par les agents de la Police nationale d’Haïti (PNH). La manifestation au départ pacifique s’est transformée à l’avenue Christophe où les étudiants devaient prononcer leur dernier message devant les locaux de la FASCH.

La première manifestation des étudiants de l’UEH, après la réouverture de la faculté des Sciences humaines sous haute surveillance policière, a eu lieu dans les rues de Port-au-Prince, le mercredi 7 février 2018. Seulement quelques dizaines d’étudiants ont investi la chaussée en vue d’exprimer leur mécontentement par rapport aux décisions du Rectorat. Ils ont été aussi très hostiles aux autorités politiques, notamment les parlementaires de la cinquantième législature qui, selon eux, sont des bénéficiaires et des artisans de la machine de la corruption dans le pays. Ils ont fait notamment référence à la résolution du Sénat de transférer le rapport sur la gestion des fonds PetroCaribe à la Cour supérieure des comptes et du Contentieux administratif (CSC/CA).

Les étudiants contestataires dénoncent non seulement le phénomène de la corruption qu’ils considèrent comme un obstacle à l’amélioration socio-économique de la population, mais se déclarent également favorables à une réforme en profondeur au sein de l’Université d’État d’Haïti qui doit devenir un instrument au service de la modernisation et du développement du pays. ‹‹ Aba regleman makout ki vize fèmen bouch etidyan ; Baboukèt paka anpeche etidyan revandike pou bon jan lavi miyò ; 7 fevriye 1986 pat fèt pou koripsyon taye banda nan sosyete a ; 7 fevriye pat fèt pou diktati tounen; Palmantè si w pa volè kòb petwokaribe a pran responsabilite w›› pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants, pontant du doigt les responsables de différentes institutions dont le Parlement, la Cour supérieure des comptes et du Contentieux administratif (CSC/CA) et le Rectorat de l’UEH. La manifestation a failli se transformer en affrontement après que quelques étudiants se sont pris à des policiers qui essayaient de saisir les produits des marchandes. ‹‹Lapolis fon petwokaribe a ti machann yo pa ladan l; jou etidyan yo pran lari a se jou malè ››, scandaient les protestataires.

À l’avenue Christophe, la tension a monté d’un cran. Très mécontents de la présence policière au sein des facultés, les étudiants ont usé de tout ce qui était à leur portée en vue de manifester leur colère. Jets de pierre et de bouteilles dans toutes les directions, pneus enflammés ont fait régner un climat de tension dans la zone.

Notons au passage que malgré le soutien annoncé préalablement par des organisations politiques à la marche des étudiants contre la corruption et contre l’occupation policière des facultés de l’UEH, la présence des membres de l’opposition n’était pas vraiment remarquée.

Daniel Sévère

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