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Éducation à l’entrepreneuriat des filles : quelle pédagogie

10 octobre 2018, 8:41 catégorie: Economie7 995 vue(s) A+ / A-

11 octobre : journée internationale des filles selon l’Organisation des Nations unies ONU-FEMMES. Quel est l’agenda en termes d’éducation, de coopération, d’investissement, d’accompagnement et de responsabilisation des filles en Haïti d’ici 2030 ? Quelles sont les connaissances et les compétences que les filles haïtiennes devraient développer pour devenir de véritables entrepreneures en Haïti ? Quels sont les termes et les concepts que ces filles doivent maitriser de nos jours, en dehors de la mode et des loisirs, du maquillage et des coiffures, de la galanterie et de tous les mots passionnants qui les écartent souvent de l’impitoyable réalité et des vérités économiques qui les attendent ? Quels sont les ouvrages qu’il faudrait mettre à la disposition des filles à l’école et dans les bibliothèques ?

De la promotion des droits et des devoirs, de la dignité et de la défense des valeurs, en passant par les connaissances et les compétences indispensables pour devenir un véritable acteur responsable dans le développement durable, il reste beaucoup à faire en Haïti pour promouvoir dans un esprit d’équité une éducation à l’entrepreneuriat des filles.

Chers parents, il faut arrêter de materner les enfants, en particulier vos filles avec des cadeaux qui les condamnent fort souvent toute leur vie. Tels seraient la leçon ou les conseils proposés par l’auteure Catherine Dufour dans son ouvrage : Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses ».

Elle se précise dans le résumé du document : « Noël dernier. Je feuillette le catalogue “jouets” d’un grand magasin. Sur fond bleu : des autos, des motos et des bateaux. Sur fond rose : des poupées, une Barbie fait le ménage et dix Barbie princesse ».

Materner, c’est bien faire le ménage, c’est nécessaire et s’habiller comme une princesse peut être agréable, mais ce ne sont pas les seules façons, pour une fille, de gagner sa vie. Ce guide rassemble une cinquantaine de professions a priori masculines : physicienne, agent secret, chef d’orchestre, femme d’affaires, surfeuse, etc.

Chaque fiche-métier présente à la fois le portrait d’une pionnière et celui d’une femme d’aujourd’hui, et donne des indications pratiques comme les études conseillées, le salaire en début de carrière ou l’espérance de vie. Un livre décalé et enthousiasmant à mettre entre toutes les mains ! Marre de la polémique sur le « genre » ? Catherine Dufour aborde le sujet avec un humour bienvenu. Perrine Cherchève, Marianne.

Promouvoir une véritable éducation financière dans les écoles haïtiennes : « Le capitalisme expliqué à ma petite-fille »

Dans l’ouvrage titré : « Le capitalisme expliqué à ma petite-fille (en espérant qu’elle en verra la fin) », du célèbre auteur Jean Ziegler publié aux éditions SEUIL, il est fait mention que : « Le capitalisme domine désormais la planète. Les sociétés transcontinentales privées défient les États et les institutions internationales, piétinent le bien commun, délocalisent leur production où bon leur semble pour maximiser leurs profits, n’hésitant pas à tirer avantage du travail des enfants esclaves dans les pays du tiers-monde. », nous rapporte le résumé du bouquin.

Résultat : sous l’empire de ce capitalisme mondialisé, plus d’un milliard d’êtres humains voient leur vie broyée par la misère, les inégalités s’accroissent comme jamais, la planète s’épuise, la déprime s’empare des populations, les replis identitaires s’aggravent sous l’effet de la dictature du marché. Et c’est avec ce système et l’ordre cannibale qu’il impose au monde que Jean Ziegler propose de rompre, au terme d’un dialogue subtil et engagé avec sa petite-fille.

Grâce à des connaissances sur le capitalisme et la mondialisation, des connaissances qui mériteront d’être actualisées certainement au jour le jour, il est possible d’introduire les filles dans l’univers de l’entrepreneuriat.

Renforcer l’enseignement chez les écoles des soeurs et les lycées des filles : « Entrepreneuriat féminin »

« Entrepreneuriat féminin Mode d’emploi – Création et croissance ; Les réseaux à connaître ; 15 réussites au féminin », est l’un des derniers titres en français qui offre des pistes et des références facilement adaptables dans l’environnement immédiat des filles pourquoi pas en Haïti.

Grâce à la collaboration des trois auteures, Marie-Claire Capobianco, Martine Liautaud et Géraldine Couget, les lectrices de chez nous pourraient facilement adapter la méthodologie de l’ouvrage autour des trois grands thèmes suivants : « Création et croissance ; Les réseaux à connaître ; 15 réussites au féminin », qui représentent les trois grands chapitres du document.

« L’entrepreneuriat se conjuguera-t-il de plus en plus au féminin d’ici à quelques années ? Plus que jamais, il semble urgent d’encourager toutes celles qui souhaitent se lancer dans la création ou la reprise d’entreprise à vivre leur envie et leur ambition. », projettent les auteures qui soulignent que : « S’affirmer dans son métier, renforcer l’égalité homme-femme, créer son emploi puis celui d’autres personnes, participer activement au renouveau de l’économie… Telles sont, parmi nombre d’autres, les raisons qui motivent à développer l’entrepreneuriat féminin ».

L’accompagnement des femmes entrepreneures, une clé de la réussite, entre un état des lieux, l’action sur l’avenir et les statistiques indispensables pour concevoir et définir la stratégie, planifier, mobiliser les ressources sont les premiers sous thèmes proposés entre la page 13 et 25 de l’ouvrage.

Développer l’intelligence économique et des réseaux chez les filles en Haïti !

Quels sont les réseaux d’accompagnement financier spécifique aux femmes ? Quels sont les réseaux d’accompagnement financier généraliste ? Quels sont les réseaux d’accompagnement non financiers dédiés aux femmes ? Tant dans la commune, dans le département géographique et sur le plan national, régional et international, ce sont autant de repères qui doivent attirer les filles et les femmes qui veulent se lancer dans l’entrepreneuriat.

Enfin si les auteures nous ont proposé une liste de 15 femmes à succès, certainement des femmes étrangères du territoire haïtien et dans la diaspora haïtienne, cela n’empêche pas aux lectrices d’adapter ou de changer les noms de modèles de femmes entrepreneures.

Autant de messages et de valeurs, des expériences et des engagements qui charpentent la vie de tout entrepreneur dans le monde, particulièrement les femmes.

À défaut de se limiter dans ces noms de femmes exotiques, on peut certainement s’accrocher aux valeurs et aux messages qui illustrent la vie de ces dernières tels que : « Le créateur d’entreprise doit avoir la fougue de se le lancer dans l’aventure », « Être entrepreneure est un combat quotidien qui nécessite persévérance et ténacité », « Pour entreprendre, il faut s’appuyer sur les autres », « Je suis habitée par le virus de l’entreprise », « Les femmes qui ont le pouvoir ne le lâchent pas », « Je suis une femme face à une double contrainte », « J’ai créé mon entreprise en alliant mes deux passions ».

Dominique Domerçant

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