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Édito

19 mai 2015, 5:58 catégorie: Édito872 vue(s) A+ / A-

Le 18 mai ramène encore une fois la fête de notre bicolore bleu et rouge. C’est encore bien qu’on ait le réflexe de brandir notre drapeau ou ses couleurs sous forme de foulards, de bracelets, etc., dans certaines festivités. Le drapeau, ses couleurs, sont vus comme des signes d’appartenance à une communauté. Je me revendique comme haïtien quand j’exhibe mon drapeau ou un foulard bleu et rouge. Mais la symbolique du drapeau va au-delà de la simple appartenance. L’appartenance ne se définit pas seulement comme un lien à la terre, à un groupe national ou ethnique. La vraie appartenance, et c’est là que le drapeau prend tout son sens, est celle du rêve et du projet commun.  Rêve de grandeur d’une nation, d’un peuple, rêve qui prend  toujours ses racines dans les fondements de la communauté, dans les idéaux qui l’ont portée sur les fonts baptismaux. Le drapeau rappelle chaque jour, chaque heure, chaque seconde, ces idéaux.  Ils doivent nous nourrir  dans le présent, nous rappeler notre devoir d’être fidèles à nos aïeux, et donc l’obligation qui nous incombe de construire un futur à la hauteur de ces idéaux.

Si le drapeau symbolise pour nous encore l’appartenance – je suis haïtien (rappelons-nous encore Wycleff Jean se présentant avec le drapeau haïtien à la cérémonie de la remise des oscars aux États-Unis à l’occasion de son triomphe avec les Fugees) –, qui de nous a encore le sens réel du drapeau ? Car ce sens, cette compréhension, nous auraient fait verser des larmes, nous auraient remplis de honte et nous auraient animés d’une sainte rage devant l’état de délabrement de notre pays. Pire encore devant notre impuissance, notre refus à comprendre la réalité par peur d’initier les vrais changements pouvant nuire à nos conforts mirages et suicidaires.

Notre drapeau  pourtant  est  un éclair dans l’obscurité d’une planète rongée encore par l’exploitation de l’homme par l’homme, rongée par le racisme et les ségrégations. Sur la terre d’Haïti, nos ancêtres ont dit non à toutes les formes d’exploitation, et nous avons été le premier État à population dominante noire et métisse à devenir indépendant.  Nous aurions dû être actuellement la nation phare du monde dans de nombreux domaines. À cause de la bêtise et de la trahison des uns et des autres, nous sommes à la traîne dans le concert des nations.

Cette fête du Drapeau a été, nous l’espérons,  un moment de réflexion, d’introspection, loin des discours clichés qui ne sont faits que pour la galerie et pour remplir le temps, l’espace d’une cérémonie officielle. Réveillons-nous ! Recommençons à travailler ! Rendons enfin honneur à la justice, à la morale, à la créativité pour que vive notre drapeau. Pour que vive Haïti, impliquons-nous de manière responsable et sereine dans la vie politique pour offrir à notre pays des dirigeants valables qui puissent faire renaître nos rêves.

 

 

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