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EDITO – Reprendre la gouvernance !

12 juin 2015, 1:48 catégorie: Édito824 vue(s) A+ / A-

On peut aussi avoir le syndrome de la page blanche quand on doit écrire un éditorial. Pas parce qu’on manque d’inspiration.  Parce que dans notre chaos au quotidien, trop de choses agressent nos sens et notre raison.  Parce que parler politique quelque part ici c’est plaisanter. C’est tenter d’emprisonner la fumée avec ses mains. C’est du néant qui s’articule avec du néant. Car le fruit du politique se voit au quotidien. Et quel est ce fruit ? La circulation à Port-au-Prince  en est le premier exemple. Si des policiers vous arrêtent pour vous réclamer permis et papiers, on a l’impression qu’ils s’assurent tout simplement qu’on a honoré ses obligations envers l’Etat prédateur. Mais à part cela c’est le désordre le plus complet.

Tous les citoyens savent comment on peut se procurer un « permis de conduire ». Des véhicules moribonds circulent partout. Le transport public ramène à l’époque de la traite négrière. Des policiers se font enfumer par des moteurs défectueux sans réagir. N’importe quel quidam dans une voiture immatriculé service de l’État ou officiel actionne une sirène pour narguer des citoyens dans un embouteillage etc. Si on délaisse la circulation pour les médicaments en vente libre dans les rues c’est encore pire. L’étalage dans des conditions d’hygiène inimaginables de la viande, des légumes, des fruits dans de nombreux marchés publics, est digne d’un cauchemar.

On construit partout n’importe comment. On coupe les arbres même dans les zones dites protégées sans crainte véritable. Les écoles borlette fleurissent pour la plus belle, de même que les universités de la même trempe.  La morgue de l’hôpital de l’Université d’Etat avait été remise en état pour la visite de François Hollande. Elle a recommencé à empester quelques jours après le départ de l’auguste visiteur  comme si l’état de notre État était la puanteur. Quel que soit le domaine du quotidien du citoyen qu’on s’avise d’examiner, d’observer, on se rend compte que la gouvernance est absente.

La gouvernance ne vivote que dans les interfaces avec l’étranger, que dans les espaces où il y a de l’argent à collecter.

L’EDH envoie un bordereau pour qu’on puisse payer. Mais que le client demande un service comme l’installation d’un compteur, on peut attendre des mois.

Et voici plus de cinquante politiciens qui veulent venir aux commandes de ce non sens.  De cet État auquel aucun citoyen ne fait confiance. Un Etat qu’il considère comme une bête ennemie. Mais une bête qu’on peut chevaucher pour qu’elle puisse vous rapporter gros.

On a beaucoup parlé de changer l’Etat. On n’a jamais réussi jusqu’à présent car comme il est, il a réussi à une classe d’hommes et de femmes  qui savent comment se reproduire avec l’appui de la communauté internationale.

Pendant ce temps, les classes les plus pauvres de notre population s’enfoncent dans la misère. Les classes moyennes ne sont plus aux abois. Elles sont entrain de sombrer.

On ne peut plus rester les bras croisés, ak kat pelouz ou nan men w comme on a l’habitude de le dire. Le citoyen doit se réveiller, s’investir et  faire maintenant un choix qui sera celui de l’intérêt de la nation et non plus celui d’une communauté internationale qui, au vu de ses pitoyables résultats et malgré ses millions capables de faire fléchir bien de consciences,  n’a pas plus l’autorité morale pour nous donner des leçons.

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