Accueil » Édito » ÉDITO « Je te dédie les soupirs d'autrefois Tous mes chagrins et toutes mes joies. L'ombre t'attend, Fleur de Mai, viendras-tu Au rendez-vous des promesses du printemps ? »

ÉDITO « Je te dédie les soupirs d'autrefois Tous mes chagrins et toutes mes joies. L'ombre t'attend, Fleur de Mai, viendras-tu Au rendez-vous des promesses du printemps ? »

29 mai 2015, 2:23 catégorie: Édito1 450 vue(s) A+ / A-

À chaque fête des Mères revenait dans le temps, sur toutes les ondes de radio, ce texte chanté par Gérard Dupervil. Mai ! Le mois des fleurs et le mois des mères ! Les fleurs se sont fanées, comme le dit une autre chanson. On se faisait une obligation de porter une fleur à la chemise ou au corsage dans le temps. Rouge ou blanche. Pour rendre hommage aux mères vivantes ou disparues.

Aujourd’hui, cette coutume tend malheureusement à disparaître, comme si les fleurs, même en papier, se mettaient à l’heure de nos temps moroses, ce temps qui a broyé les ailes de nos papillons et qui charrie la sève de nos mornes vers l’océan.

Nos mères sont encore là, totems debout dans la tourmente, pour que la vie garde encore ses droits, et c’est pour cela qu’on ne peut pas les oublier. Elles sont la porte ouverte sur la vie et la gardienne de cette vie. Elles sont souvent le dernier rempart quand la folie s’empare de leurs fils et de leurs filles ; les seules  capables de les ramener à la raison quand les grands fléaux du monde les détournent des voies de Dieu.

On peut mesurer la grandeur d’une nation à la valeur de ses femmes et de ses mères. Car la mère, pour avoir connu la douleur de la vie, peut comprendre beaucoup mieux, dans sa chair et dans son âme, la douleur d’une terre méprisée, souillée, trafiquée, détruite par des fils qui ont oublié les leçons apprises sur les genoux d’une mère aimante.

Il y a une expression haïtienne qui résume bien l’état d’un être humain n’ayant jamais connu l’amour d’une mère, n’ayant jamais reçu les conseils d’une mère, n’ayant jamais eu une mère pour lui transmettre les saintes valeurs. Sanmanman ! Et dans ce pays où les fleurs se fanent, où l’espoir fait grise mine, on a l’impression que les sanmanman sont lâchés. On tue pour une peccadille, on rêve de pouvoir pour amasser des fortunes, on crie, on gesticule, on manipule pour créer des tempêtes de sable et masquer l’horizon, nous empêchant ainsi de conduire notre barque vers des rives accueillantes.

Nos mères, nos femmes ont plus que leurs mots à dire en ces situations troubles où nous devons malgré tout trouver la sérénité pour renouveler cette fois valablement notre personnel politique. Surtout celles qui ont gardé l’âme pure dans cette cité où la pieuvre de la corruption et de l’inconduite a étendu partout ses tentacules.

Le National souhaite à toutes les mères d’Haïti un joyeux anniversaire !

 

 

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