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ÉDITO CANDIDATS: QU’ONT-ILS DANS LEUR… MAKOUT ?

10 juin 2015, 3:00 catégorie: Édito732 vue(s) A+ / A-

Ceux qui aiment voir les documentaires diffusés ces derniers temps par des stations de télévision haïtienne ont été satisfaits d’en voir un, et pas des moindres, sur Fidel Castro. Il y a quelques mois, les responsables de ces medias auraient longuement hésité avant de se décider à diffuser en Haïti les images de ces révolutionnaires cubains qui ont changé le cours de l’histoire et de la géopolitique  de la Caraïbe.

Mais, depuis que le président américain Barack Obama a décidé de rompre avec la tradition de l’isolement économique et politique de Cuba, certaines portes s’ouvrent. Obamarigore ! Les poètes ont toujours raison. Comme l’avait affirmé Monsieur Obama : « Si une stratégie n’a pas marché pendant plus de cinquante ans, il faut utiliser une autre. »

À quelques encablures de la Havane, Port-au-Prince refait les mêmes expériences – avec les maigres résultats que l’on sait – depuis le départ, en 1986, de Jean Claude Duvalier du pouvoir. Imposée par l’establishment américain depuis l’entrée fracassante d’Andrew Young en Haïti, la politique des élections régulières et des droits de l’homme bat, chez nous, encore de l’aile. Si  « l’envoyé spécial » du président Jimmy Carter avait claqué la porte au nez de Jean Claude Duvalier en sortant du bureau de la présidence au Palais national, cela exprimait pourtant des désaccords, à l’époque, entre Washington et Port-au-Prince.

Maintenant que les désaccords n’existent plus et que la Communauté internationale a les coudées franches sur les élections en Haïti, le problème n’est plus entre le White House et ce qui reste du Palais national après le séisme. C’est cette dite Communauté internationale qui finance nos élections et nous donne toute la technologie nécessaire pour les réaliser.

Le drame est que, dans ces négociations de grands – lisez le livre de Ricardo Saintenfus qui dénonce la félonie de nos dits amis de la communauté internationale – on ne voit pas où se trouve la voix des électeurs haïtiens, du professionnel qui investit chez lui, du professeur  d’université au petit peuple des bidonvilles.

Sur fond de dégringolade, la gourde nationale par rapport au dollar américain, de la problématique des parents haïtiens avec la rentrée des classes, de l’augmentation des prix des produits de première nécessité, du coût exorbitant des loyers, des désastres éventuels de la saison cyclonique, de la chute de la production nationale, de la menace des rapatriements d’illégaux haïtiens vivant en République dominicaine et autres urgences sur la reconstruction du pays, les 70 candidats au poste présidentiel, à quelques semaines des élections, semblent, si on tient compte de l’absence du discours, être à mille lieux de ces dossiers nationaux stratégiques.

À la radio, à la télévision, ce sont les débats incessants autour des décisions du CEP, les boulets rouges qu’on s’envoie, comme dans une guerre de tranchées. Les partis, les regroupements politiques volent en éclats. Les maffias derrière les murs tirent les ficelles. Qu’est ce qui peut émerger de ce vaste marasme d’orgueils particuliers et d’intérêts individuels ? Certainement rien, conclut, atterré, le citoyen ayant le minimum de bon sens.

Si c’est à la presse de réveiller les candidats de leur léthargie, LE NATIONAL se propose de les approcher pour savoir ce qu’ils ont dans leur… makout ! Nous faisons cette promesse à nos lecteurs. Car, en notre maison, nous partageons l’idée que « si une stratégie ne marche pas pendant cinquante ans, il faut la changer. » Il s’agit de l’avenir de cette terre où nous avons nos enfants, nos femmes, nos demeures et nos rêves.

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