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Dix millions de dollars injectés, des économistes se positionnent

11 avril 2017, 9:15 catégorie: Economie9 152 vue(s) A+ / A-

Dix millions de dollars injectés, des économistes se positionnent. |Photo : blogueur.pro

 

L’annonce faite par les autorités de la Banque de la République d’Haïti (BRH) de l’injection de 10 millions de dollars américains sur le marché, pour contrer la décote poussée de la gourde fait des vagues. La position des économistes interrogés par Le National, ce mardi 11 avril, diverge.

Cette injection arrive un mois après la mise en circulation au mois de mars d’un montant de 20 millions de dollars pour pallier la dépréciation accélérée de la gourde. La situation se désagrège, et les réactions pleuvent. Pour comprendre cette situation, des économistes livrent leurs analyses. L’économiste Claude Beauboeuf, se fait une idée : « cette action est arrivée trop tard », lance d’entrée de jeu Claude Beauboeuf qui félicite, toutefois, les autorités monétaires d’avoir intervenu.

 L’économiste Beauboeuf croit que cette action de la Banque centrale ne va pas apporter grand chose sinon freiner la volatilité très alarmante du taux de change. Pour l’économiste, cette mesure de la Banque des banques doit être accompagnée de mesures politiques fortes. Pour expliquer, il invite les deux branches de l’Exécutif à envoyer des signaux clairs pour encourager et soutenir la production à grande échelle de biens et de services. Claude Beauboeuf prévient une situation d’émeute si rien n’est réellement fait pour freiner cette « hémorragie ». Les autorités doivent, en ce sens, se responsabiliser.

Pour sa part, Etzer Emile estime que la décision est adaptée à la conjoncture socioéconomique. Toutefois, il encourage les autorités monétaires à adopter des mesures plus fortes pour faire respecter les prescriptions légales en ce qui concerne le secteur des changes. L’analyste économiste met en garde la Banque centrale de ne pas continuer à puiser ses réserves obligatoires sans qu’il y ait des décisions d’accompagnement budgétaire, politique et fiscal. D’un autre côté, l’économiste ne croit pas que la pression autour du dollar va baisser du fait que les importations sont en nette progression chaque année dans la balance commerciale du pays. « Les dix millions de dollars vont baisser un peu la pression pour les grands importateurs », souligne-t-il, rappelant que les réserves obligatoires de la Banque centrale sont susceptibles d’être taries et ne pourront pas résister à la gourmandise de certains agents économiques locaux pour le billet vert. Etzer Emile dit croire qu’il sera difficile de revenir à un taux de change de 40 ou 50 gourdes.

 L’ancien gouverneur de la Banque centrale, l’économiste Fritz Alphonse Jean attire, de son côté, l’attention des autorités monétaires sur une éventuelle dollarisation des épargnes. L’économiste se base sur les statistiques fournies par les banques commerciales de la place. Il invite les autorités monétaires à jouer de leur prérogative pour freiner cette tendance d’anticipation qui, selon lui, peut être néfaste pour l’économie haïtienne. L’ancien gouverneur se dit inquiet de voir la BRH maintenir le tempo devant la réalité avec les agents de change. « Le fait que tout le monde soit un agent de change est une menace », lâche-t-il sans ambages. Fritz Jean confie que ces derniers doivent se mettre sur la même ligne avec les autorités fiscales.

Si leurs positions divergent quant au résultat des injections, toutefois, les économistes sont unanimes à encourager la production locale de biens et de services. Parallèlement, la banque des banques informe les institutions bancaires qu’elles doivent s’engager à ne pas excéder 30 000 dollars américains par transaction et par client au taux de 69 gourdes pour un dollar. Elles auront, en outre, comme obligation de soumettre à la BRH les informations relatives aux ventes effectuées dont le taux, les acheteurs et les montants.

Hansy Mars

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