Accueil » Actualité » Diminution considérable de l’émigration des Haïtiens vers le Chili

Diminution considérable de l’émigration des Haïtiens vers le Chili

15 mai 2018, 9:01 catégorie: Actualité5 601 vue(s) A+ / A-

Des migrants haïtiens devant l’entrée du bureau des visas du Chili le 6 avril dernier./Photo : Edgar Cordova.

 

Les autorités chiliennes ont annoncé une baisse du phénomène migratoire des Haïtiens vers le Chili. Cette baisse, selon les informations officielles, est due à l’entrée en vigueur des récentes décisions prises par le président de la droite conservatrice du chili, Sebastian Piñera.

Sans compter le nombre des Haïtiens entrés au pays dans les années précédentes, des informations communiquées par la PDI (Policía de Investigaciones) du Chili avaient fait état de 114 782 Haïtiens ayant foulé le sol du Chili pour l’année 2017. Une statistique qui a prouvé à quel niveau les Haïtiens ont profité de l’aubaine de l’ancienne dirigeante de la République, Michelle Bachelet qui, au cours de son mandat, avait facilité la migration des Haïtiens en situation difficile vers le Chili.

Depuis l’arrivée du président Sebastian Piñera au pouvoir, les données ont changé. Le président de la droite conservatrice avait annoncé un projet de loi visant à réglementer les flux migratoires, par l’application de visas, affirmant « Nous voulons que ces gens puissent entrer au Chili en respectant nos lois, s’intégrer dans notre société, soient une contribution à notre pays et réalisent leurs rêves d’une vie meilleure ». Et depuis, la migration des Haïtiens vers le Chili a diminué de façon considérable.

Selon les données fournies par la PDI, au cours du mois de février 2018, 11 619 Haïtiens sont entrés au Chili. Et au mois de mars, après l’investiture du président Sebastian Piñera, la migration des Haïtiens a chuté de plus de 60% par rapport à la quantité d’Haïtiens reçus par la PDI au Chili tous les mois. Ainsi, la PDI a reçu uniquement 2 338 Haïtiens au mois d’avril dernier contre 6 300 au mois de mars. Ce chiffre, selon les autorités responsables de la PDI, a plutôt tendance à diminuer pour les prochains mois.

Les décisions prises par la nouvelle administration sont strictes au point même d’affecter le fonctionnement des compagnies aériennes. On se le rappelle, les vols de la compagnie aérienne LAW avaient été suspendus pour plusieurs semaines. Cette décision, de bloquer les vols de la compagnie aérienne par les autorités chiliennes avaient été prise pour stimuler les responsables de la compagnie à réguler leur situation avec l’administration aérienne du Chili. Et à présent, il n’y a plus de vols charters de Port-au-Prince vers l’aéroport de Santiago du Chili.

Le Venezuela favorisé par rapport à Haïti

En revanche, les citoyens vénézuéliens sont favorisés par rapport aux citoyens haïtiens. Grâce à ce visa accordé aux citoyens du Venezuela en raison de la crise politique dans ce pays, il y a eu une augmentation de 85% de migrants vénézuéliens au Chili alors que la migration haïtienne a diminué de 62%. Claudio Soto explique que cette augmentation des entrées au Chili est due au fait que le nouveau décret ne fait pas beaucoup d’exigences aux Vénézuéliens pour entrer au Chili.

À partir du 1e août 2018, les ressortissants étrangers pourront demander 3 types de visas. Le « Visa Temporaria d’Oportunidades » concerne les migrants de tous les pays qui souhaitent venir au Chili pour entreprendre et travailler pendant une période de 12 mois, renouvelable avec la possibilité de demander la résidence définitive. Le « Visa Temporaria de Orientación Internacional » concerne les étrangers titulaires d’un diplôme d’études supérieures dans les universités classées dans les 200 premières au monde selon le QS World University Classements et qui souhaitent entreprendre et travailler au Chili. Il permet de travailler durant 12 mois avec la possibilité d’accès à la résidence permanente. Et Le « Visa Temporaria de Orientación Nacional », le seul qui peut être obtenu au Chili concerne les étrangers qui souhaitent obtenir des diplômes d’études supérieures dans les universités chiliennes accréditées et qui désirent entreprendre et travailler au Chili par la suite. Ce qui explique que dans les prochains mois la situation sera beaucoup plus difficile pour les Haïtiens qui rêvent de migrer vers le Chili et qui, très souvent, sont peu qualifiés.

Evens RÉGIS

Comments

comments

scroll to top