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Des États membres de l’ONU s’opposent à la réduction du budget de la Minujusth

16 mai 2018, 9:19 catégorie: Actualité10 075 vue(s) A+ / A-

Au premier plan, le chef de la Minujusth, Mamadou Diallo.

 

Certains responsables de l’Organisation des Nations unies (ONU) estiment important une réduction du budget de la mission des Nations unies pour l’appui à la justice en Haïti (MINUJUSTH), mais plusieurs États membres de cette structure internationale, dont des représentants des pays de la Caraïbe et de l’Amérique du Sud, s’opposent à toute réduction du budget de fonctionnement de la MINUJUSTH qui, selon eux, doit être dotée de ressources efficaces, prévisibles et suffisantes.

Lors de la réunion de la cinquième commission chargée de la réforme des opérations de maintien de la paix, les membres de l’ONU ont approuvé le rapport du comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires sur l’exécution du budget de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti pour l’exercice allant du 1e juillet 2016 au 30 juin 2017.

Après ce vote d’approbation du rapport du 1e juillet 2016 au 30 juin 2017, le comité consultatif a recommandé que le solde inutilisé de 8 110 200 dollars, ainsi que les autres recettes et ajustements d’un montant de 6 272 200 dollars relatif à l’exercice clos, le 30 juin 2017, soit intégralement porté au crédit des États membres dans les plus brefs délais.

Cette décision a provoqué le soulèvement de certains États, dont le représentant du Salvador, Carlos Henriquez, intervenant au nom de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC). Carlos Henriquez s’est dit préoccupé par les coupes budgétaires proposées pour la Mission de l’ONU pour l’appui à la justice en Haïti (MINUJUSTH). La plupart des réductions, dit-il, correspondent à des refus de créer de nouveaux postes dans des domaines où le Secrétaire général, Antonio Gutteres, a pourtant estimé que la Mission devrait être renforcée.

Selon les déclarations de Carlos Henriquez, la CELAC demandera des informations sur les conséquences de ces réductions sur les activités de la Mission en Haïti. Par ailleurs, le représentant a insisté sur l’importance d’allouer les ressources nécessaires aux activités programmatiques liées à la réduction de la violence communautaire et aux projets à impact rapide. « La CELAC s’oppose à toute réduction arbitraire des ressources sans justification technique », a-t-il martelé.

Kitty Sweeb du Surinam s’est aussi opposée aux réductions « arbitraires » et sans « justification technique » du budget de la MINUJUSTH, craignant une perte des acquis. Intervenant au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), Mme Sweeb s’est tout particulièrement inquiétée du refus de créer les nouveaux postes demandés par le secrétaire général pour renforcer les activités de la mission en Haïti, un pays déjà vulnérable en matière judiciaire.

Même constat chez Jesus Castillo du Mexique qui a jugé primordial de renforcer la coordination et la collaboration entre la MINUJUSTH et les agences chargées du Plan-cadre des Nations unies pour l’aide au développement (PNUAD) en Haïti de 2017-2021. Il a mis l’accent sur le fait que seul un effort «intelligent» d’organisation et d’harmonisation des efforts et des ressources permettra de faire avancer Haïti sur la voie des objectifs de développement durable.

Par ailleurs, Leyla Vásquez de la République du Chili a appuyé les demandes du secrétaire général en faveur de la Minujusth. Ces ressources, a-t-elle insisté, serviront à renforcer l’état de droit, à consolider la paix et à combler le vide sécuritaire. Ainsi, a-t-elle souligné qu’il est important de faire ressortir de la cohérence entre les mots et les actes. La Minujusth, ajoute-t-elle, doit être dotée de ressources efficaces, prévisibles et suffisantes.

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