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Débats autour de la sécurité alimentaire et nutritionnelle

08 novembre 2017, 10:55 catégorie: Economie7 765 vue(s) A+ / A-

Le ministre de l’Agriculture, l’agronome
Carmel André Béliard lors de son
intervention à Atelier de restitution de
l’Audit organisationnel du secteur de la
Sécurité alimentaire et nutritionnelle le
mercredi 8 novembre 2017.

/Photo : JJ Augustin.

 

Plusieurs ministres de l’administration de Jovenel Moïse ont assisté, ce mercredi 8 novembre 2017, à l’atelier de restitution organisé en partenariat avec la Délégation de l’Union européenne en Haïti, autour du thème « l’Audit organisationnel du secteur de la Sécurité alimentaire et nutritionnelle (SAN), et appui à la rédaction des lois relatives à la thématique » afin d’enrayer le problème de l’insécurité alimentaire dans le pays.

Cet atelier s’inscrit dans un lien étroit avec le programme-cadre pour la réforme de l’État qui est portée par l’Office de management et des Ressources humaines (OMRH).

À cet atelier, ont assisté plusieurs personnalités, notamment le secrétaire général de la primature, M. Hugues Joseph, de l’ambassadeur de l’Union européenne, M. Vincent Degert et de tous les ministres concernés par la thématique notamment le ministre de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural, M. Carmel André Béliard, et le ministre des Affaires sociales et du Travail, Mme Stéphanie Auguste.

« Pour les cinq prochaines années, il y a une grande priorité accordée aux secteurs SAN dans le 11e fait avec des secteurs comme l’agriculture pour la sécurité alimentaire, la santé, la nutrition et le MAST pour la protection sociale », a fait savoir le ministre de l’Agriculture des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR), M. Carmel André Béliard, dans son allocution de circonstance.

Il rappelle que la Sécurité alimentaire et nutritionnelle est l’une des priorités de l’actuel gouvernement. La Caravane du changement est l’une des stratégies novatrices, visant à renforcer les efforts déjà entrepris par le gouvernement à travers le ministère pour renforcer les filières de production agroalimentaire et faciliter l’accès aux aliments.

Par la même occasion, la Sécurité alimentaire et nutritionnelle est l’un des Objectifs du développement durable, notamment dans l’Odd2 où l’on vise à éradiquer la faim, à assurer la sécurité alimentaire et une meilleure nutrition, et promouvoir une agriculture durable à l’horizon 2030.

Le ministre Béliard soutient que son ministère, actuellement, est en pleine activité de réforme et est prêt à appuyer les actions visant le renforcement de gouvernance de la SAN dans le cadre des efforts du gouvernement pour réformer l’administration publique.

« Il est indispensable que les ressources publiques soient gérées au bénéfice de la population haïtienne, il est indispensable de rendre des comptes sur notre façon de gérer les dépenses publiques, il est indispensable d’assurer une bonne organisation des dispositifs étatiques chargés d’élaborer et de mettre en oeuvre les politiques publiques », a fait savoir la ministre des Affaires sociales et du Travail (MAST), Stéphanie Auguste.

Elle se dit engagée, de concert avec son cabinet et le MAST, dans la préparation d’une nouvelle loi organique pour son ministère.

D’après la ministre Auguste, le caractère central de cet audit pour l’ensemble du peuple haïtien, en particulier les plus démunis, doit faire l’objet de toute leur attention et bénéficier des dispositifs de protections sociales prévus par le gouvernement de Moïse/Lafontant.

« La situation est préoccupante puisque plus de 3 millions de nos compatriotes sont en situation d’insécurité alimentaire sévère modéré et jusqu’à 7 millions d’Haïtiens sont en insécurité alimentaire chronique », révèle la ministre du MAST, Mme Stéphanie Auguste.

La question de la sécurité alimentaire dépasse le cadre technique qui lui est souvent assigné pour revêtir une importance hautement stratégique et politique. La sécurité alimentaire est au coeur du dispositif d’intervention qu’est la Caravane du changement qui fait l’objet de toute l’attention du président de la République.

« Haïti peut et doit assurer l’autosuffisance alimentaire de sa population », lance la ministre Stéphanie Auguste.

« La menace qui pèse sur la vie des enfants avec le spectre de la malnutrition aiguë et de la malnutrition chronique qui pèse encore près de 22 % de ces enfants de moins de 5 ans », prévient pour sa part, l’ambassadeur de l’Union européenne en Haïti, Vincent Dégert. C’est un drame, prévient l’ambassadeur Dégert, mais il croit que c’est quelque chose qui doit tous nous interpeller en tant qu’être humain et tant que parent en particulier.

La signature de la déclaration universelle de Rome par Haïti sur la sécurité alimentaire mondiale a marqué une étape importante de la reconnaissance du défi et de la sensibilisation des autorités publiques comme de la population plus généralement.

Il signale que des avancées importantes ont été réalisées par l’État haïtien par la création de structure et d’instrument chargés d’adresser la question cruciale au travers des politiques publiques et par une armature institutionnelle mieux adaptée.

Il souligne la création du Comité interministériel de la sécurité alimentaire, le Sisa, l’élaboration d’un plan national de sécurité alimentaire, la préparation de la politique nationale de la souveraineté et de sécurité alimentaire et nutritionnelle et la mise en place d’une politique nationale de nutrition.

Il souligne également la mise en place d’un Front parlementaire pour la sécurité alimentaire. Un front qui, d’ailleurs, est issu de quatre blocs de la Chambre des députés qui constitue la preuve d’engagement des parlementaires, de manière tout à fait consensuelle, à agir contre ce mal terrible et douloureux qu’est la faim.

Afin d’améliorer l’efficacité totale des actions, l’Ambassadeur Vincent Dégert a rappelé cinq actions nécessaires, notamment, la mise en place d’un espace de gouvernance et de dialogue intersectoriel de la sécurité alimentaire et nutritionnelle sous le pilotage de la Primature.

Il faut donner un rôle plus affirmé et plus visible au ministère régalien, tels que le ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT), au ministère de la Planification et du Commerce extérieur, et le ministère de l’Économie et des Finances qui est le nerf de la guerre.

« Dans la bataille de l’insécurité alimentaire, il convient de rassembler les forces afin d’avancer ensemble sur une seule et même direction, sous un seul et même commandement », soutient Dégert. La deuxième amélioration attendue, c’est l’adoption d’une véritable politique nationale, de sécurité alimentaire et nutritionnelle, poursuit-il.

L’ambassadeur plaide pour une politique publique afin de faire un état des lieux du secteur pour mesurer l’étendue de la gravité du problème et déterminer les axes d’intervention et les stratégies à privilégier pour y répondre.

Il plaide également pour l’adoption d’un plan pour la sécurité alimentaire, ce qui permettra à identifier les besoins concrets, à déterminer les actions à entreprendre aux besoins de la population du territoire, à fixer et à quantifier les objectifs à atteindre, à mesurer les progrès et prendre, si nécessaire, des actions correctrices. En dernier, c’est la consolidation et l’harmonisation du cadre légal, de la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Vincent Dégert annonce la signature d’un nouveau programme qui sera signé le 21 novembre 2017, qui porte un engagement financier de 40 millions d’euros afin de renforcer la gouvernance intersectorielle.

Jean Élie Paul

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