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De la gouvernance nationale

11 septembre 2017, 10:01 catégorie: Édito10 284 vue(s) A+ / A-

Partout sur la planète où la démocratie constitue la règle principale du jeu politique, la passation de pouvoir se fait comme une lettre à la poste. Aux-États-Unis d’Amérique, ce qui compte le plus – en dépit d’inévitables controverses, dues aux différences de vision et d’approche électorales – ce sont les intérêts supérieurs de la nation. C’est en ce sens que Barak Obama avait laissé une lettre à la salle ovale de la Maison Blanche pour son successeur Donald Trump.

C’est presque simultanément que Radio Canada, Associated Press et Agence France-Presse, ont rendu publique cette lettre, il y a quelques heures. Et c’est noir sur blanc que se lisent les conseils salutaires prodigués par le président sortant à son successeur à la Maison Blanche, sans avoir été de la même mouvance politique. De quoi porter un dirigeant ou un ex-dirigeant haïtien à faire son examen de conscience – s’il en est – sur le sort fait au pays, par manque d’éthique politique et par absence d’intérêt pour l’honneur et la survie de la nation. « Ne jamais perdre de vue l’importance des institutions démocratiques », écrit, d’entrée de jeu, Barak Obama. Plus loin, tenant compte du respect de la parole donnée, vis-à-vis de ses mandants, et sans démagogie aucune, il poursuit pour dire : « Des millions de personnes ont placé leurs espoirs en vous, et nous tous, au-delà des partis, devons espérer plus de prospérité et de sécurité sous votre présidence».

 Un rappel important fait dans cette lettre concerne la différence entre l’État et le gouvernement ; le premier étant vu comme personnification juridique de la nation, et le second comme appareil de service public, distinct d’une entreprise familiale. « Nous ne sommes que des occupants temporaires de ce poste », conseille Barak Obama à Donald Trump, et qui en profite pour mettre l’accent sur le respect des traditions, la séparation des pouvoirs et la protection des droits civiques.

Conscient de l’impérieuse nécessité d’assurer le bien-être collectif, sans partisannerie basée sur la tribalité politique, l’ex-locataire de la Maison Blanche parle d’enterrer la hache de guerre, en dépit des différends électoraux, qui peuvent même avoir des répercussions sur la manière de gouverner. « Quelles que soient les tensions de la politique, au jour le jour, prévient Barak Obama, il nous appartient de laisser les instruments de notre démocratie, aussi forts que dans l’état dans lequel nous les avons trouvés ».

À l’exemple de Donald Trump, l’état d’esprit d’un nouveau chef peut vouloir dire le chambardement de toutes les structures établies; il suffit de constater ses toutes premières mesures concernant, d’une part, l’Obamacare, réduit à néant, et d’autre part, la médecine de cheval appliquée aux bénéficiaires de la TPS.

 Ce n’est pas mieux non plus pour un nouveau gouvernement de suivre « à la lettre » la politique de son prédécesseur, sans tenir compte de ses erreurs et des impératifs de la conjoncture. Si ce va-t-en-guerre qu’est Donald Trump risque de conduire les États-Unis dans des conflits irréversibles, jusqu’à une possible troisième guerre mondiale, il est à prévoir aussi que le laxisme du gouvernement haïtien, par rapport à la lutte contre la corruption, puisse nous conduire à une débâcle sans précédant dans notre histoire de peuple.

Une récente analyse de Trump, faite par un politologue américain, le décrit comme quelqu’un en mission de « blanchiment de peuple », compte tenu, non seulement de ses accointances avec les extrémistes blancs, mais aussi de sa politique d’immigration très « colorée ».

Mérès M. Weche

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