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Coup d’oeil sur le protocole de la République

07 décembre 2017, 8:56 catégorie: Société5 334 vue(s) A+ / A-

Déjà cinq ans, de 2012 à 2017, le pays attend encore la publication d’un document officiel sur le protocole de la République d’Haïti, depuis l’organisation de l’atelier de haut niveau sur le Protocole d’État organisé du lundi 5 au vendredi 9 novembre 2012, par le ministère des Affaires étrangères (MAE). Rappelons que cette initiative avait pour objectif de comparer les deux systèmes de protocole haïtien et français et permettre aux autorités haïtiennes d’harmoniser le système de protocole haïtien.

 Dans son discours de circonstance, le ministre d’alors, le chancelier Pierre-Richard Casimir avait rappelé clairement que : « La finalité de cette rencontre était de permettre au pays d’harmoniser son système de protocole », en présence d’une sélection de cadres impliqués et expérimentés dans la gestion, l’organisation et la formation sur le protocole, au sein de la présidence, la primature, du ministère des Affaires étrangères, du Parlement et du pouvoir judiciaire.

Définir les lignes directives formelles et actualiser le protocole officiel haïtien !

Diplomate français de carrière, Paul Poudade, ancien chef de protocole de l’Elysée sous le président Jacques Chirac a été le principal intervenant de la dernière assise en date tenue sur le protocole d’État en Haïti, sur invitation de l’ambassade de France en Haïti.

 Dans un langage clair, responsable, respectueux et pertinent, avec ses longues années d’expériences nourries dans le monde, il n’était pas venu dispenser un cours pour les hauts cadres haïtiens aussi imprégnés de leur côté du rôle, des défis, des responsabilités de responsables de protocole. Mais de préférence, il a profité de cette semaine d’atelier de haut niveau sur le protocole d’État, réalisée dans les locaux de l’hôtel Le Plaza au Champ-de-Mars, pour échanger et partager des expériences et des recommandations.

 Dans cette même lancée, du 19 au 23 août 2013, à l’initiative de l’Office de management et des Ressources humaines en collaboration avec l’École nationale d’Administration (ENA) de Paris, un séminaire de formation sur le protocole a été réalisé au profit d’environs 45 cadres supérieurs du ministère des Affaires étrangères, de la présidence, de la Primature, du Parlement haïtien, du MUPANAH et d’autres institutions publiques. Ceci, dans le but de renforcer leur capacité en matière de règles et préséances protocolaires lors des cérémonies officielles.

Diffuser les conclusions des réflexions et les suivis des formations !

Dépêché par l’École nationale d’Administration de Paris (ENA), le conseiller de coopération et d’action culturelle près de l’ambassade de France en République dominicaine, Alain Aumis, a su profiter de cette session pour apporter son expertise et son savoir pour le bon déroulement de la formation, tout en puisant dans les expériences haïtiennes greffées entre les us et coutumes européennes, africaines, amérindiennes, hispaniques et américaines.

Des actions significatives et des investissements consentis par l’État pour renforcer la qualité des services du protocole de la République, mais malheureusement sans un véritable suivi dans les démarches, encore moins la publication de document officiel ou technique, devant servir de guide dans la conception, la planification et la réalisation des grandes cérémonies officielles dans le pays pour les différentes occasions.

Diplomatie restructurée et protocole d’État officialisée. Une belle occasion s’offre au diplomate de carrière Antonio Rodrigue devenu ministre des Affaires étrangères d’Haïti de sortir des tiroirs les communications et les résultats de ces travaux antérieurs pour les actualiser.

Diplomatie haïtienne : quel agenda et quelle constance dans le protocole ?

 Depuis quelques temps, on assiste à une série de rencontres publiques et officielles, de visites sur le terrain et bien d’autres activités médiatisées, au cours desquels le président de la République, Jovenel Moïse, s’affiche dans des tenues qui rappellent si bien les périodes de campagne, de 2015-2016.

Du même coup, comme premier citoyen de la nation, il impose également son code vestimentaire à la population. Chemise au long manche, jeté sur un pantalon jeans bien plaqué, avec des bottes jaunes des marques comme Timberlan ou Caterpillar. Ce profil rapproche de près celui de l’ancien président Michel Joseph Martelly dans ses moments également de campagnes entre 2010 et 2011, même si on n’a pas encore observé le président Moïse portant des chemises de style « Guayabera », comme son mentor politique.

Demander au président Jovenel Moïse de porter des vêtements locaux, comme de chemises de styles « carabela », serait une autre manière significative pour mettre en valeur la production locale comme image de marque. Sans entrer dans le folklore, une image que des personnalités telles le frère Armand et l’architecte Alex Duquella, qui portent souvent des couleurs locales, allaient certainement voir de bon oeil.

Dignité nationale comme repère symbolique dans cette jungle de la mondialisation, les plus hautes autorités haïtiennes ont de grands défis à relever pour marquer de manière significative leur passage.

De quel protocole haïtien parle-t-on ?

 Dans les défilés internationaux, les chemises de styles carabella, empreintes de l’esprit « Zaka », servent souvent de référence culturelle ou folklorique pour les autorités quand elles veulent se distinguer comme des haïtiens.

 De l’originalité à l’authenticité pourtant, on cherche bien à identifier un haïtien parmi les représentants des pays occidentaux dans leur style respectif, lors de l’assemblée générale des Nations unies, dans les grands sommets des chefs d’État de la région, et même des ministres de la Culture, comme c’est le cas pour des pays musulmans et africains certaines fois.

Durant le règne du président Jean- Claude Duvalier, le style européen, particulièrement français a été au rendez-vous dans de nombreuses activités officielles jusqu’au départ d’exil de Baby Doc. Et depuis le 7 février 1986, le pays est rentré dans l’ère du protocole « Kaki » pendant de nombreuses années.

 Dans un bref retour avec le style européen entre les présidences civiles de Lesly François Manigat, Ertha Pascal Trouillot et de Jean-Bertrand Aristide, les tenues officielles des hauts gradés de l’armée d’Haïti n’allait certainement pas tarder à refaire surface sur les plus grandes places de la République, du 1e janvier, en passant par le 18 mai pour aboutir au 18 novembre, en dehors des autres défilés, des cérémonies solennelles, occasionnelles, funéraires et des rencontres diplomatiques.

 Dans des situations très difficiles, les professionnels du protocole haïtiens évoluent depuis plusieurs années, particulièrement ceux et celles travaillant au sein de la diplomatie haïtienne, qui servent de référence.

 Des moyens au personnel pour mieux servir la République !

 Des moyens pour leur permettre de répondre aux multiples exigences du métier telles : le renouvellement du code vestimentaire, la formation dans les langues étrangères, les voyages d’études et de stages, la logistique nécessaire pour les déplacements, etc. sont parmi les attentes silencieuses de ces hommes et femmes, qui se sont dédiés pour promouvoir l’image positive du pays depuis l’accueil, en passant par l’accompagnement jusqu’au départ des plus hautes dignitaires en visite en Haïti.

Donner le ton également au protocole d’État est une nécessité pour le pays comme le retour des Forces Armées d’Haïti (FADH). D’ailleurs, avec le retour de cet acteur non des moindres, les représentants de la Police nationale d’Haïti (PNH) devront certainement prendre un peu de recul dans l’agencement et l’alignement des places dédiées aux officiels dans leurs rangs respectifs.

Dominique Domerçant

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