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Conseillers remontés, employés intransigeants

20 avril 2017, 11:42 catégorie: Actualité4 108 vue(s) A+ / A-

Sylvain Junior Franck, président du syndicat des employés de la
CSCCA.
Jean Ariel Joseph, président ai de la CSCCA.

Photo: www.cscca. gouv.ht

 

La situation n’a pas évolué à la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA). Les activités sont encore paralysées en dépit de multiples annonces et menaces des conseillers. Ces derniers semblent dépassés par la grève du syndicat lancée depuis le lundi 3 avril dernier.

L’annonce tonitruante de « la reprise des activités » du président ad intérim de la Cour supérieure des Comptes et du Contentieux administratif (CSCCA), Jean Ariel Joseph, n’a pas été suivie une nouvelle fois le jeudi 20 avril 2017, comme cela a été le cas le 10 avril dernier. Les activités, suspendues depuis le 3 avril dernier, demeurent encore paralysées, selon des employés interrogés. Un nombre important d’employés, à l’initiative du syndicat de ladite institution (Synfo/ CSCCA), se sont réfugiés dans un garage se trouvant de l’autre côté de la rue, en face de leur bureau de travail sis à l’avenue Christophe, en vue d’organiser leur réunion.

L’atmosphère a été déconcertante. « Depuis tantôt trois semaines, poursuivent les employés contestataires, la Cour ne ressemble plus à une institution se chargeant du contrôle des finances et du patrimoine public ». Il s’agit d’une démarche s’inscrivant dans le cadre d’une bataille concertée au niveau national et international pour s’attaquer à la corruption sous toutes ses formes. Or, les autorités ne s’en sont montrées nullement préoccupées en dépit de la gravité de la situation. De l’avis des grévistes, une telle attitude traduit la négligence des dirigeants, notamment des parlementaires, à remplir convenablement leur rôle selon le voeu de la Constitution du pays.

 Face à cette situation, les employés s’en sont pris aux membres de la Cour. Ils ont critiqué la légèreté avec laquelle les conseillers ont traité leur dossier de revendication axé, entres autres, sur l’ajustement salarial, l’amélioration des conditions de travail et l’octroi d’une carte de débit. Offusqués et sceptiques, les protestataires ont maintenu leur position initiale : l’arrêt de travail poursuit son cours. Il n’est pas question que les activités soient reprises sans la satisfaction de leurs griefs.

 Pour soutenir leurs propos, les protestataires ont fait remarquer que le montant de la carte de débit d’un conseiller est trois (3) fois supérieur à celui d’un employé. Une situation qui, disent-ils, s’avère inacceptable pour des travailleurs ayant atteint le seuil de la licence et exerçant sciemment leurs attributions. La dévaluation de la gourde (monnaie nationale), continue sa course en dépit des mesures palliatives de la Banque de la République d’Haïti (BRH) à chaque dégringolade.

Les employés, toutefois, se disent conscients de l’impact de cet arrêt de travail sur le fonctionnement de l’administration publique. À titre d’exemple, ils ont évoqué les dossiers d’anciens dignitaires en attente de certificat de décharge de leur gestion. S’ajoute à cela l’impossibilité pour les conseillers de viser les contrats et accords signés par l’État haïtien.

 Il convient de souligner que les conseillers avaient annoncé des sanctions aux employés grévistes via une note paraphée par le président de la Cour, Jean Ariel Joseph, en date du mardi 18 avril dernier. D’après ce document, les travailleurs ne devaient se poster sur la cour comme bon leur semble. Le conseil a interdit formellement à tous les employés et agents contractuels de rester sur la cour de l’institution aux heures régulières de travail, sous peine de sanctions disciplinaires.

 D’après ce document, l’obligation leur est faite de mettre au service de l’administration la totalité des heures réglementaires d’activités, suivant les dispositions de l’article 167 du décret portant révision du statut général de la fonction publique. Cette note (administrative) tarde encore à être effective.

 Reynold Aris

raris@lenational.ht

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