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Le Conseil d’administration de la BRH installé

31 août 2016, 9:42 catégorie: Actualité3 280 vue(s) A+ / A-

Les membres du Conseil d’administration de la BRH. / Photo : facebook.com/
PrimatureHaitienne

 

Ratifié le mardi 23 août 2016 par le Sénat de la République, le Conseil d’administration de la Banque de la République d’Haïti (BRH) a été installé le mercredi 31 août, au local de l’institution. C’est le Premier ministre Enex Jean-Charles qui a procédé à l’installation de ce nouveau Conseil ayant à sa tête Jean Baden Dubois.

 

Après avoir félicité les membres du nouveau Conseil, le Premier ministre Enex Jean-Charles a rappelé que le Conseil est installé à un moment marqué par de grands défis tant au niveau politique, qu’aux niveaux socioéconomiques et financiers. Il croit que cette installation laisse poindre une lueur d’espoir autour de l’efficacité de notre politique économique à assurer les conditions pour une croissance soutenue et continue.

 

D’un autre côté, Enex Jean-Charles a rappelé que les membres du Conseil sont appelés à défendre la valeur interne et externe de la monnaie nationale; assurer l’efficacité, le développement et l’intégrité du système de paiements; maintenir la stabilité du système financier et à assurer les fonctions de banquier et agent fiscal de l’État. Le support de son gouvernement, a-t-il laissé entendre, est garanti.

 

Conscient des défis économiques, financiers et monétaires qui attendent le Conseil, Jean Baden Dubois a déclaré d’entrée de jeu que les défis sont gigantesques. « Mettre notre économie sur un chemin de croissance suffisamment robuste, soutenue et inclusive ne sera pas une entreprise facile », poursuivant cependant que les données récentes montrent que l’inflation peut être jugulée, mais au prix d’une stagnation économique aussi insupportable que l’instabilité des prix. Autrement dit, a-t-il explicité, le ratio de sacrifice, le coût (en termes de chômage et de misère) d’une baisse du taux d’inflation parait trop élevée pour l’économie.

 

Se réjouissant du cash management qui doit aider à limiter les dépenses du gouvernement, le gouverneur a salué les efforts extraordinaires du pouvoir exécutif pour limiter les dépenses de l’État dans les limites de ses revenus afin de prévenir tout dérapage fiscal et monétaire préjudiciable à la stabilité et à la croissance saine de l’économie. « Comme je l’ai mentionné il n’y a pas longtemps, ce programme de cash management, est une preuve de retenue financière de l’État et reflète un sens profond de responsabilité fiscale appelé à servir de modèle aux futures administrations ». Il espère que le secteur privé des affaires recevra le signal comme il convient. Par contre, le gouverneur déplore que la communauté internationale ait choisi de ne pas soutenir financièrement un tel effort économique.

 

Afin de rassurer les différents opérateurs économiques, il a informé que la banque centrale interviendra dans l’économie autant de fois que c’est nécessaire et aussi longtemps que le niveau de la production totale est en dessous de la capacité de l’économie. Par exemple, pour corriger les failles du marché, pour protéger et stimuler la concurrence, pour augmenter la transparence de tous les segments du marché, pour améliorer l’efficience du système des paiements, etc., conformément avec l’ultime objectif de l’État qui est l’amélioration du bien-être collectif.

 

Et dans le souci de contribuer à la dynamisation de la croissance, à travers le soutien aux secteurs à forte valeur ajoutée, la Banque a envisagé et commencé à mettre en œuvre un ensemble de mesures, dont : l’élimination des réserves obligatoires sur tous les prêts accordés au secteur agricole ; l’établissement, en partenariat avec d’autres institutions financières, d’une fenêtre de refinancement des comptes à recevoir pour des entreprises tournées vers les exportations en vue de promouvoir les activités de production, la création d’emplois et de favoriser des initiatives visant l’augmentation de l’offre de devises disponibles dans l’économie ; le maintien de la circulaire sur les zones franches visant à réduire les coûts liés aux investissements dans les parcs industriels, etc. Comme autres interventions, M. Dubois a parlé du projet PRONAP que la BRH a mis à exécution, un projet qui est appelé à moderniser le système de paiements. Il y a aussi le projet Kay Pa m qui tient compte des imperfections du marché du crédit immobilier.

 

« Un autre défi qui vient, de faire l’objet d’une rencontre multisectorielle et de débats, et qui prend quasiment la forme d’une menace sans précédent pour notre système bancaire et financier est le De-risking. Tel que nous l’avions expliqué, ce phénomène est caractérisé par le retrait progressif des banques correspondantes qui cessent les affaires avec les banques locales pour des raisons de non-conformité du pays par rapport à un ensemble d’exigences liées à la lutte contre le blanchiment et le terrorisme et aussi à la taille des transactions. Néanmoins, nous demeurons confiants en la capacité de nos institutions et de nos parlementaires à y remédier dans les meilleurs délais ».

Enomy GERMAIN

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