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Chaos, pauvreté… Chute libre ?

15 mars 2017, 12:44 catégorie: Édito12 250 vue(s) A+ / A-

Le prix du gaz propane a augmenté de plus de 20 % en l’espace de quelques semaines. On ne sait comment. Sans aucune décision officielle. Cette augmentation ainsi que d’autres plombent surtout les classes moyennes. Elles sont silencieuses. Trop silencieuses. Le haut et le bas semblent se liguer contre elles dans un étrange complot dont seule la nation va en payer les conséquences.

 Car pendant que le prix du propane augmente, le commerce du charbon de bois fleurit. Or il ne sert à rien de parler de reboisement quand on coupe à tout vent. Pas de gouvernance. Chute libre ! Le territoire national se réduit à une peau de chagrin.

Catastrophe sur la route nationale numéro 1. Un autobus passe sur des bandes de rara. Comme une boule dans un jeu de quilles. Plus d’une trentaine de morts. Du déjà-vu. Cela devient presque une spécialité macabre de chez nous. On peut tout reprocher au chauffeur de l’autobus, mais la question principale reste celle-ci : que faisait une centaine de personnes dansant et chantant sur une route nationale ? On ne dira même pas sans autorisation. Il n’y a pas d’autorisation à accorder à une bande de rara pour performer sur une route nationale. À moins que nous acceptions d’être un état sauvage tout simplement.

On peut bien trouver un avocat du diable, disons un avocat du chaos ou de l’ignorance, pour plaider la spécificité culturelle. Quand on voit comment les parlementaires et l’exécutif traitent la culture, censée être notre espace le plus prestigieux de peuple, on peut aller vers toutes les délirantes arguties.

Pendant cette période, les conducteurs de véhicules sont arrêtés partout par ces bandes à pieds. Même en pleine capitale. En plein Pétion-Ville. Sur la route du Canapé- Vert. Dans des quartiers prétendus huppés de la ville. Comme si on voulait signifier quelque part que nous étions en plein chaos.

Nous n’avons plus d’appareil de sécurité couvrant le territoire national. Le populisme a eu raison de l’armée non pas pour protéger le pouvoir civil contre les coups d’État, mais pour permettre aux pouvoirs civils, souvent pris d’assaut par des délinquants, toutes les frasques, toutes les ignominies. L’armée aussi avait oeuvré pour se saborder. Cependant s’il y avait une vraie réflexion nationale comme cela fut le cas dans les autres pays de l’Amérique latine, on aurait fait attention à ne pas créer ce vide qui n’a fait que favoriser le désordre, le banditisme et le chaos.

Alors que la gouvernance continue à chuter, au grand avantage des spéculateurs de toutes sortes, des grands combinards et des spoliateurs de patrie, la pauvreté s’étend. La famine menace. Les nouveaux politiciens engagés dans la course aux privilèges oublient que l’histoire, la sociologie à ses règles. On ne tire pas le diable infiniment par la queue.

Gary VICTOR

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